RAP FEMININ - Nos 100 albums

Comme nous l'avons rappelé dans le détail avec notre livre Ladies First (Le Mot et le Reste, 2019), il n'a jamais été commode pour une femme de se faire une place dans le rap. D'abord, il a fallu savoir jouer des coudes pour s'imposer auprès d'une majorité très masculine, et souvent macho. Il a fallu aussi compter avec ses rivales, le public ou l'industrie du disque considérant souvent, bizarrement, qu'il n'y a de place à chaque époque que pour une seule star féminine du hip-hop. Enfin, il a fallu se positionner par rapport aux stéréotypes très marqués où l'on a enfermé les rappeuses : la garçonne, la bad bitch ou la reine des prunes R&B. Malgré tous ces obstacles, cependant, des femmes ont compté dans le hip-hop, comme le montre cette sélection forcément personnelle des projets rap féminins les plus captivants et accomplis.

NICKI MINAJ - Beam Me up Scotty

Un seul critère a dominé dans cette liste : la qualité des albums ou mixtapes cités. L'importance historique, ou la représentativité, n'ont pas dicté ces choix, mais seulement cette chose éminemment subjective qu'est le goût. Il ne faut donc pas s'étonner si quelques projets marquants, voire incontournables, manquent à l'appel. Nous n'avons cité aussi que des oeuvres majoritairement rap (pas de R&B) et vraiment féminines (pas de groupes mixtes). Toutefois, si d'aventure vous ne vous reconnaissez pas dans cette sélection, et si vous voulez combler des manques, posez donc réclamation dans le champ "commentaire" de cette page.

Vous pouvez aussi faire valoir vos propres choix en matière de rap au féminin, en bas de page.

Cette liste en cours d'édification s'attarde sur les années 2006 à 2021.


3D NA'TEE - The Coronation (2012)

3D NATEE - The Coronation

Remarquée par la G-Unit, puis par Timbaland, 3D Na'Tee avait été supposée sortir une mixtape avec ce dernier. The Coronation serait finalement enregistré sans lui, mais il n'en serait pas moins un projet important pour la rappeuse de La Nouvelle-Orléans. Au-delà de son style battle, y apparaissaient les traces du passé de cette femme qui, dès l'adolescence, avait été livrée à elle-même.

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ASIAN DOLL - Drippin' in Glo (2016)

ASIAN DOLL - Drippin In Glo

Comme toutes les autres filles de la vague des "dolls" qui a marqué le rap du milieu des années 2010, Asian Doll (qui, au passage, n'a rien d'asiatique) est une héritière de Nicki Minaj. Mais sur cet album, en prenant la pose menaçante de la gangster et avec ses odes à l'argent, elle montrait surtout qu'elle méritait d'être la seule rappeuse accueillie par Gucci Mane au sein de son 1017 Records.

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IGGY AZALEA - Ignorant Art (2011)

IGGY AZALEA - Ignorant Art

Avant de prendre, comme nombre de ses consœurs, le chemin d'une pop dansante et grand public, Iggy Azalea s'était appropriée le sons et les outrances du rap du Sud. Il y avait quelque chose d'étrange, voire d'inconvenant, à voir cette Australienne blanche adopter ce registre a priori étranger à sa culture. Mais enfin, sur Ignorant Art, la mixtape de la révélation, elle faisait mouche.

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AZJAH - Princess Diaries (2019)

AZJAH - Princess Diaries

Dans le registre dominant à la fin des années 2010, celui du gangster mélancolique qui s'exprime sur des sons atmosphériques, voire à l'Auto-Tune, Los Angeles a apporté sa pierre avec Azjah. L'album de l'auto-proclamée princesse de Compton n'est sans doute pas le plus remarqué à être sorti de ces lieux, mais il ne doit pas être négligé, à l'écoute de bijoux comme "Loved Ones".

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CARDI B - Gangsta Bitch Music Vol. 2 (2017)

CARDI B - Gangsta Bitch Music Vol. 2

Cardi B ne s'est pas faite en un jour. Après avoir été strip-teaseuse et starlette des réseaux sociaux, elle a ensuite entamé sa carrière de rappeuse. Et comme toujours en pareil cas, afin de mieux préparer son premier album, le triomphal Invasion of Privacy, elle est passée par le circuit des mixtapes, des Gangsta Bitch Music où elle peaufinait sa trap music humoristique et grand public.

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CARDI B - Invasion of Privacy (2018)

CARDI B - Invasion of Privacy

Cela aura donc été Cardi B, la grande représentante du rap féminin à la fin des années 2010. Incontestablement, elle avait un air de produit marketing, cette ancienne stripteaseuse qui mettait à jour une vieille formule, celle de la fille sexy à la langue bien pendue, à l'ère des réseaux sociaux. Mais c'était un produit marketing plutôt réussi, avec cet album qui marquait son triomphe.

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AZEALIA BANKS - 1991 (2012)

AZEALIA BANKS - 1991

Bien avant qu'elle ne crache sur quelqu'un dans un avion, qu'elle pose pour Playboy et qu'elle soutienne Donald Trump, l'irascible et l'incontrôlable Azealia Banks a su mêler avec réussite influences house music, image glamour et sauvagerie ghetto sur cet EP. Nommé d'après son année de naissance, 1991 est alors le commencement de sa carrière. Ça restera aussi son meilleur moment.

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MOLLY BRAZY - Molly World (2017)

MOLLY BRAZY - Molly World

Molly Brazy mettra de l'eau dans son vin, avec le temps. Elle arrondira les angles. Mais sur ce projet parrainé par 4sho Magazine, le principal promoteur du rap de rue de Detroit, elle est encore fidèle au son de sa ville. Il s'agit alors d'un véritable rap de gangster, délivré par une rappeuse obsédée par les armes, avec l'aide de figures notoires de l'endroit tels que GT et Masoe.

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CAM & CHINA - Cam & China (2016)

CAM & CHINA - Cam & China

Deux jumelles californiennes, plutôt adroites au micro, confirmaient ici leur talent. Après s'être fait connaître à la fin des années 2010 au sein d'un quintet d'adolescentes portées sur les sons festifs et les propos sexuellement explicites (typiques de l'éphémère phénomène jerkin'), les anciennes Cammy et Cee Cee, désormais Cam et China, étoffaient leur palette de nouvelles influences.

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CASEY - Libérez La bête (2010)

CASEY - Libérez La Bête

Le meilleur rappeur de France est une rappeuse. Cette affirmation, Casey la confirme sur l'un de ses rares albums, le deuxième officiel. Au-delà de son allure agressive et intimidante, derrière ses paroles d'animal blessé, apparaît celle qui a su le mieux se tirer de cet exercice casse-gueule, celle qui a réalisé ce vieux fantasme : adapter la chanson réaliste et contestataire à l'ère du rap.

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CUPCAKKE - Cum Cake (2016)

CUPCAKKE - Cum Cake

Comme l'indique cette pochette d'un certain goût, CupcakKe pousse toujours plus loin les limites de la pornographie dans le rap. La native de Chicago clame sa soif de sexe de manière éminemment explicite. Mais elle parle aussi de ses aspects les plus glauques, comme sur le titre "Pedophile". Et à l'occasion, elle se montre également sous les traits d'une rappeuse "consciente" et féministe.

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CUPCAKKE - Queen Elizabitch (2017)

CUPCAKKE - Queen Elizabitch

La rappeuse pornographique la plus hardcore est aussi la plus gentille. Derrière la soif de sexe de CupcakKe, sous la fureur de ses raps et malgré la dureté de ses titres, se cache une morale en faveur de la libération des femmes et des moches. Couplés à ses passages les plus mélodiques, ils ont fait d'Elizabeth Harris quelqu'un de beaucoup plus grand public qu'elle n'en laisse l'impression.

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JEAN DEAUX - Soular System Vol. I: Dark Matters (2014)

JEAN DEAUX - Soular System

La comparaison qui s'est imposée concernant Jean Deaux, est celle avec Lauryn Hill. Comme elle, elle chante tout autant qu'elle rappe. Elle touche à tout, au hip-hop, au R&B, aux ballades au piano, à la dance-pop, au jazz, à des sons évaporés qu'on aurait qualifiés autrefois de trip hop et à des choses plus expérimentales. Le tout avec quelques grosses réussites, sur ce projet gratuit.

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DEJ LOAF - Sell Sole (2014)

DEJ LOAF - Sell Sole

Un single, et tout changeait. Avec "Try Me", Dej Loaf s'affranchissait du style backpacker. Elle sortait de l'underground et elle allait collaborer bientôt avec les cadors du rap. Sur Sell Sole, la mixtape de la révélation, la timide rappeuse de Detroit devenait tout à coup plus rude, agressive et délurée, même si sa musique, elle, se montrait le plus souvent atmosphérique et contemplative.

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DESSA - A Badly Broken Code (2010)

DESSA – A Badly Broken Code

Slammeuse, écrivaine, professeure de musique, Dessa délivre un rap à son image. Il porte sur des sujets matures et intimes (souvenirs d'enfance, amitiés indéfectibles, déboires relationnels...), et il est prompt au spoken word, voire aux chants. La rappeuse du collectif Doomtree est aussi ouverte aux "vrais" instruments, lesquels ne sont pas étrangers à la qualité de son premier album.

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DONMONIQUE - Thirst Trap (2015)

DONMONIQUE - Thirst Trap

Thirst Trap, c'était du rap new-yorkais, comme le montraient ses boucles, ses basses lourdes, ses petites notes de piano inquiétantes, ainsi que la voix basse et menaçante de la rappeuse. Mais comme l'indiquait le titre, d'autres influences étaient en jeu, de la trap music au style ratchet californien. Ici, DonMonique revigorait le rap de la Grosse Pomme plutôt que de le répéter.

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DREEZY - Schizo (2014)

DREEZY - Schizo

Il y a deux Dreezy. D'un côté, il y a la rappeuse drill music violente et abrasive, et de l'autre il y a celle qui s'adonne à la confidence et à l'introspection. Une fois signée chez Interscope, elle privilégiera souvent le second registre. Mais avant cela, sur Schizo, une mixtape qui affirme sa nature duale, la rappeuse de Chicago dévoile encore sa face brutale, celle qu'on préfère, la plus marquante.

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FIGURES OF SPEECH - The Last Word (2007)

FIGURES OF SPEECH - The Last Word

Si Ava DuVernay est devenue célébre, c'est en tant que réalisatrice. Cependant, vingt ans avant la sortie du film très remarqué Selma, elle était une rappeuse, et se produisait avec sa comparse Jyant sur la scène du Good Life Café. Le duo n'aura sorti aucun album, mais en 2007 le producteur Omid rend hommage à ces Freestyle Fellowship au féminin, grâce à cette compilation de vieux titres.

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GANGSTA BOO & LA CHAT - Witch (2014)

GANGSTA BOO & LA CHAT - Witch

Vingt ans après leurs débuts, les deux rappeuses historiques de Memphis sortaient un projet commun sous le signe de la sorcière, un thème évident pour une scène qui a toujours privilégié l'horreur et les forces obscures. Dessus, avec quelques titres mémorables, ces deux femmes que l'on avait parfois voulu opposer démontraient au contraire, toujours vaillantes, leur étroite complicité.

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TOMMY GENESIS - World Vision (2015)

TOMMY GENESIS - World Vision

Au beau milieu des années 2010, les gens d'Awful Records nous proposent un rap bizarre, glauque et éclectique. Dénichée au Canada, autour de Vancouver, l'étudiante en arts Tommy Genesis est chez eux dans son élément, avec son rap étrange, original et varié où se retrouvent les outrances de la trap, des ambiances évaporées et des sons aux couleurs des musiques électroniques.

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ANGEL HAZE - Reservation (2012)

ANGEL HAZE - Reservation

Drôle d'existence que celle d'Angel Haze, rappeuse d'ascendance cherokee et noire, élevée au sein d'une secte religieuse et victime d'abus sexuels dans son enfance, devenue une figure queer du rap. Ayant été un temps la compagne d'Ireland Baldwin, son image a été très showbiz. Sa mixtape Reservation, toutefois, a montré qu'il y avait de la substance derrière le personnage public.

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HONEY COCAINE - Thug Love (2013)

HONEY COCAINE - Thug Love

Plus tard, Honey Cocaine changera son nom pour un plus consensuel Honey C, et elle arrondira quelques angles. Mais pour l'heure, sur Thug Love, la protégée de Tyga se fait canaille, sulfureuse et insolente. Hormis par ses origines cambodgiennes et par sa nationalité canadienne, elle dénote peu à l'époque de la trap. Mais cette sortie, sa mixtape de référence, se révèle très efficace.

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JUNGLEPUSSY - Satisfaction Guaranteed (2014)

JUNGLEPUSSY - Satisfaction Guaranteed

Junglepussy, un pur produit du New-York bohème, branché et progressiste, s'adonne à l'exercice éternel de l'égo-trip. La satisfaction qu'elle entend garantir sur cette mixtape, en effet, est avant tout la sienne. Ce qu'elle affiche, c'est son orgueil. Ce qu'elle proclame, c'est sa supériorité. Ce qu'elle défend, c'est son bon plaisir, et celui de toutes les femmes influentes qu'elle représente ici.

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KAMAIYAH - A Good Night in the Ghetto (2016)

KAMAIYAH - A Good Night in the Ghetto

Kamaiyah perpétue sur A Good Night in the Ghetto la tradition rap californienne, de ce g-funk dont on retrouve ici la souplesse et les sirènes, au style ratchet représenté par YG, seul invité de marque sur la mixtape. La rappeuse d'Oakland revient aussi à un rap léger et joyeux, sur ce projet qui célèbre les plaisirs du pauvre, ceux, simples, qui égayent la grisaille du ghetto.

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KASH DOLL - Brat Mail (2018)

KASH DOLL - Brat Mail

Elles étaient nombreuses, les "dolls", à la fin des années 2010. Mais Arkeisha Knight a été la plus éminente, avec ses collaborations de première classe. Ses projets, eux, ont été inégaux, mais on peut distinguer celui-ci, très court, que Kash Doll consacra à sa soi-disant richesse et à son statut d'égérie des réseaux sociaux, dans un registre plus proche d'Atlanta que de sa ville de Detroit.

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KATIE GOT BANDZ - Bandz and Hittaz (2012)

KATIE GOT BANDZ - Bandz and Hittaz

Histoire de situer le personnage, Katie Got Bandz purgeait une peine en prison au moment même où le tube "I Need a Hitta" cartonnait auprès de la jeunesse de Chicago. Ce succès l'inciterait à se mettre au rap pour de bon. Sur cette première mixtape, en se montrant aussi dure et intimidante que ses pairs masculins, elle ouvrait une voie aux rappeuses drill, elle devenait leur reine.

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LADY LESHURR - Friggin L (2011)

LADY LESHURR - Friggin L

Lady Leshurr, c'est la rappeuse anglaise à freestyle des années 2010. C'est en effet par sa série des "Queen Speech" qu'elle se fera connaître. Mais avant cela, Friggin L aura été sa mixtape de référence, à tel point qu'elle baptisera ainsi sa ligne de vêtements. Avec sa réinterprétation du "Look at Me Now" de Chris Brown, c'est elle aussi qui a attiré une première fois l'attention des Américains.

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LEIKELI47 - Acrylic (2018)

LEIKELI47 - Acrylic

Leikeli47 se cache derrière une vilaine cagoule, et pourtant, elle parle de beauté et de soins du corps. Son projet le plus remarqué traite de l’acrylique, cette matière dont sont faits les faux ongles, et dont l'odeur évoque les salons de manucure afro-américains, ces lieux de sociabilité à partir desquels, sur ce project composite, la New-Yorkaise déploie tout son univers personnel.

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LIL DEBBIE - Debbie (2016)

LIL DEBBIE - Debbie

Le White Girl Mob, cette bande de filles blanches basées du côté de la Baie de San Francisco, n'aura pas vécu longtemps. Sa figure de proue, Kreayshawn, a disparu bien vite, de même que V-Nasty, malgré sa collaboration avec Gucci Mane. N'est restée que Lil Debbie, dont les sorties inégales ont offert quelques titres mémorables, comme celle-ci, qui portait tout simplement son nom.

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LIZZO - Cuz I Love You (2019)

LIZZO - Cuz I Love You

Il faut savoir battre le fer tant qu'il est chaud, et c'est précisément ce à quoi s'emploie Lizzo sur cet album triomphal. A une époque où l'agenda s'y prête, elle représente avec éclat la body positivity. L'ancienne rappeuse underground qui travaillait avec les gens de Doomtree s'affiche auprès du grand public comme une diva rap-soul débordante d'optimisme, à la joie communicative.

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AMBER LONDON - 1994 EP (2012)

AMBER LONDON - 1994 EP

On ne voit pas Amber London sur la pochette de cette mixtape. On n'y voit même pas de femme. Et pour une bonne raison. Comme ses amis du Raider Klan, la rappeuse s'efface. Elle oublie son époque pour réinvestir le rap des années 90, fut-il celui de son Texas d'origine, celui de Memphis ou, surtout, le g-funk californien, approprié à la perfection sur l'excellent "Low MF Key".

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LORD NARF - Witchcraft (2016)

LORD NARF - Witchcraft

Awful Records, c'est des gens qui avaient grandi avec le rap, pour qui cette musique allait de soi, mais qui n'en étaient pas les gardiens. Au contraire, ils en faisaient tout ce qu'ils voulaient, comme le démontrait ici Lord Narf. Elle faisait preuve d'une incontestable dextérité verbale, mais elle posait sa voix hypnotique de sorcière sur des sons bizarres, inconfortables et fantomatiques.

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NICKI MINAJ - Beam Me up Scotty (2009)

NICKI MINAJ - Beam Me up Scotty

Dans les années 2010, la superstar du rap au féminin est Nicki Minaj, sans contestation possible. Mais le succès de celle qui était, à l'origine, une protégée de Lil Wayne, s'est construit d'abord sur le circuit des mixtapes, dont celle-ci, la troisième, la meilleure, est la plus décisive. Sur Beam Me Up Scotty, bien plus que la chanteuse pop, c'est la rappeuse d'exception qu'on entend encore.

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MERYL - Jour avant caviar (2020)

MERYL - Jour Avant Caviar

Meryl, la toplineuse française, passe au premier plan. Après avoir travaillé dans l'ombre pour SCH, Soprano, Shay ou Niska, elle s'expose à la lumière. Et la Martiniquaise ne perd rien de ses talents mélodiques, sur cette "mixtape" variété-rap de qualité, où se mêlent avec une certaine réussite les influences de la chanson française, de la trap américaine et des musiques caribéennes.

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AKUA NARU - ...The Journey Aflame (2011)

AKUA NARU - ...The Journey Aflame

Au petit royaume du rap respectable, Akua Naru est un fantasme. La rappeuse originaire coche toutes les cases. Son hip-hop est calme et sensuel. Il est ancré dans la noble tradition de la musique afro-américaine. Il est poétique, et verse parfois dans le spoken word. Il côtoie d'autres figures du rap arty et lettré. Qui plus est, produit par les Allemands de Drumkidz, cet album est une réussite.

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RICO NASTY - Nasty (2018)

RICO NASTY - Nasty

S'étant d'abord fait connaître pour sa "sugar trap", une musique faussement ingénue qui parait des couleurs de l'enfance les thèmes de la drogue et du sexe, Rico Nasty évolue. Sur Nasty, avec l'appui de Kenny Beats, elle devient une furie punk. Avec les titres abrasifs "Trust Issues", "In The Air" et "Rage", la rappeuse du Maryland nous apporte son meilleur projet à ce jour.

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NEILA - Better Late Than Never (2009)

NEILA - Better Late Than Never

La meilleure période de la rappeuse hawaïenne Neila, c'est celle de la détresse et de la maladie, à l'orée des années 2010. Sorti une fois encore avec l'aide de Deeskee, l'activiste de la scène West Coast Underground qui l'a fait connaître, cet album en témoigne, avec son équilibre parfait entre morceaux sinistres, passages plus enjoués et l'apport décisif de ses comparses californiens.

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NEILA - Only This One Counts (2011)

NEILA - Only This One Counts

Apparue auprès de la clique californienne de LA2theBay et basée à Hawai, Neila a sorti avec régularité de bons albums méconnus. Celui-ci, cependant, a une saveur particulière : il est amer. Au bord du gouffre et la voix abîmée, la rappeuse lutte alors contre un cancer. En conséquence, avec le bien nommé Only This One Counts, elle propose son album le plus sinistre, le plus poignant.

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NONAME - Telefone (2016)

NONAME - Telefone

Apparue dans l'ombre de Mick Jenkins et de Chance the Rapper, Noname représente la face arty et intellectuelle du rap de Chicago. Formée à la poésie et au slam, tirant profit de sons jazzy doux et légers, elle livrait avec cette mixtape faussement naïve une sorte de roman d'apprentissage. Son histoire, à la fois triste et gaie, racontait la perte de son innocence, la sortie de son insouciance.

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PRINCESS NOKIA - 1992 (2016)

PRINCESS NOKIA - 1992

Princess Nokia est un pur produit new-yorkais. Progressiste dans ses propos (féministes, pro-queer, contre la tyrannie de la beauté, fiers d'une origine portoricaine), comme dans sa musique (ouverte, éclectique et électronique), elle atteignait l'apogée d'une carrière mi-figue mi-raisin sur cette sortie auto-produite, rééditée plus tard en version officielle par les Anglais de Rough Trade.

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QUEEN KEY - Your Highness (2016)

QUEEN KEY - Your Highness

Queen Key, c'est l'incarnation même du féminisme à la mode du rap US : une insolence incroyable, un hédonisme sans frein, une évocation sans pudeur de ses appétits sexuels, une relation aux hommes comme s'ils étaient des objets. Sur cette mixtape imparfaite mais attachante, la rappeuse de Chicago faisait part de tout cela avec une gouaille craquante et un humour irrésistible.

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RAPSODY - Laila’s Wisdom (2017)

Rapsody - Laila’s Wisdom

Rapsody a été comparée à Kendrick Lamar, son collaborateur occasionnel, et pour une bonne raison. C'est le même rap adulte en quête de respectabilité, de la musique pour la critique, qui cherche à rejoindre et à magnifier un vaste et prestigieux héritage culturel afro-américain. C'est un hip-hop social, "lyrical" et "conscient" en voie de muséification, mais avec des fulgurances et du talent.

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NADIA ROSE - Highly Flammable (2017)

NADIA ROSE - Highly Flammable

L'Anglaise Nadia Rose est la cousine de Stormzy. Elle est aussi la fille d'un DJ et MC de dancehall. La musique, donc, elle est tombée dedans, elle la pratique naturellement, comme le démontre cette sortie courte entamée de main de maître par l'excellent single "Skwod", cet EP enflammé emporté sur un tempo rapide par un torrent de jeux de mots et par une cascade de punchlines.

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RUMI - Hell me WHY?? (2007)

RUMI - Hell me WHY??

Les Japonais sont étonnants. Ils s'approprient de façon patentée la musique occidentale, et ils sont capables de l'entraîner sans gêne aussi bien dans le kitsch le plus infâme, que dans l'expérimentation la plus totale. La rappeuse Rumi fait tout à la fois, sur cet album excentrique et hystérique, sur ce projet tout autant déjanté qu'accrocheur, sur ce disque aussi insolite qu'abordable.

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SA-ROC - Nebuchadnezzar (2014)

SA-ROC – Nebuchadnezzar

Sa-Roc n'ignore pas les racines du hip-hop. Son pseudo, elle le doit à Sha-Rock des Funky 4+1, la première grande rappeuse. Sa marque de fabrique, ce sont des références antiques et ésotériques comme on en trouvait chez le Wu-Tang et le X-Clan, et avant eux chez Sun Ra. C'est un rap "lyrical" et engagé de backpacker, qu'elle déploie avec succès sur cet album, celui de la révélation.

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SASHA GO HARD - Do U Know Who I Am? (2012)

SASHA GO HARD - Do U Know Who I Am?

La drill music a beau être âpre et violente, elle ne s'est pas fermée aux rappeuses, bien loin de là. Parmi cette escouade de furies, Sasha Go Hard n'est pas la moins illustre. Apparue dans l'entourage de Chief Keef, appuyée à l'occasion par Young Chop, elle montre dès cette mixtape remarquable que cette musique abrupte et belliqueuse sera également une affaire féminine.

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KODIE SHANE - Big Trouble Little Jupiter (2017)

KODIE SHANE - Big Trouble Little Jupiter

La face féminine de la Sailing Team de Lil Yachtie, c'est Kodie Shane. Et à l'image du collectif d'Atlanta, elle se montrait joyeuse, juvénile et exubérante sur cette mixtape. Quand elle ne donnait pas dans une gravité introspective et dans le R&B (une tradition familiale, sa demi-sœur ayant fait partie de Blaque), elle livrait des morceaux pétulants et malins, comme l'irrésistible "Like a Rockstar".

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SNOW THA PRODUCT - Unorthodox (2011)

SNOW THA PRODUCT – Unorthodox

Claudia Meza a été appelée Snow White du fait de son teint clair. La future Snow Tha Product, cependant, n'est pas une WASP. Elle est d'origine mexicaine et elle fait allusion à ses origines latines sur des titres tels que "Maria Felix" et "Telemundo". Mais elle montre aussi d'autres arguments sur cette sortie fantaisiste, joyeuse, légère, ludique et sexy, où elle se dit non orthodoxe.

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STEFFLON DON - Real Ting Mixtape (2016)

STEFFLON DON - Real Ting Mixtape

Stefflon Don, c'était une nouvelle génération de rappeuses anglaises. Alors qu'en Grande-Bretagne, la scène locale s'est longtemps divisée entre une filière traditionnaliste et l'univers particulier du grime, Stephanie Allen s'inspirait du rap américain qui lui était contemporain. Seul marquait ses origines cet appétit marqué pour les morceaux dancehall, souvent les meilleurs sur cette mixtape.

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KATE TEMPEST - Let Them Eat Chaos (2016)

KATE TEMPEST - Let Them Eat Chaos

L'Anglaise Kate Tempest n'est pas tout à fait une rappeuse. Elle est une artiste spoken word. Elle est un poétesse et une écrivaine. Elle est une intellectuelle capable de sortir des albums comme celui-ci, qui nous parlent de la solitude de l'individu dans les sociétés contemporaines. Mais enfin, elle se réclame du hip-hop, et ce second album solo très conceptuel a été une indéniable réussite.

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YOUNG M.A - M.A The Mixtape (2015)

YOUNG M.A – M.A The Mixtape

En 2016, avec "Ooouuu", Young M.A. sortait l'un des morceaux événements de l'année. Ce titre la plaçait au haut de l'affiche, il imposait à un large public sa posture de garçonne ouvertement lesbienne. Cependant, bien avant ce single, elle avait déjà mis en valeur ses qualités de freestyleuse. L'année d'avant, cette mixtape les avait démontrées, sur le son de quelques tubes du moment.

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La suite, bientôt...


VOTRE SELECTION

Vous aussi, désignez ci-dessous vos 10 projets préférés de rap au féminin.

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