Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique

Commentaires et critiques d'albums et EPs

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SADA BABY - Bartier Bounty

, 22:36

Pour ceux qui, en 2017, ont découvert Skuba Sada et Dat One Nigga, il n'y avait pas l'ombre d'un doute : le prochain Sada Baby allait être l'album rap le plus attendu de 2018. A une époque dont on se souviendra plus tard comme l'âge d'or de la scène de Detroit, le barbu furieux que Tee Grizzley avait pris sous son aile apportait exactement ce qu'il lui fallait au rap de rue local : une voix furieuse, un style débordant de folie, une euphorie si difficile à contenir qu'elle se traduisait, dans ses vidéos, par d'étranges danses démantibulées. "Bloxk Party", une collaboration avec Drego, n'a fait ensuite que décupler cette attente. Il a pourtant fallu prendre son mal en patience, car ça n'est qu'en 2019 qu'est finalement sorti Bartier Bounty. Mais cela n'est pas bien grave : car pour l'essentiel, il déçoit peu.

SADA BABY - Bartier Bounty

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COOKIE MONEY - Rich Orphan

, 22:43

Cela fait plusieurs années que Cookie Money ajoute son nom à la longue liste des rappeurs de la Bay Area. Ce garçon, aperçu tout d'abord auprès des Angelenos YG et DJ Mustard (c'est ce dernier qui l'aurait encouragé à passer au rap), et que l'on associe souvent à Philthy Rich (ils ont livré ensemble un Philthy Money EP), sort des mixtapes depuis 2014. Au fil de ces dernières, on l'a vu côtoyer des références comme Boosie Badazz, E-40, Rich the Kid, Young Dolph et Zaytoven. En 2017, le single "Pops Died Last Week" (c'était la réalité, son père venait de mourir) ainsi qu'un projet remarqué, Cookie World 2.5, l'ont aidé à devenir plus visible, puis il a confirmé en 2018 avec l'un des projets rap mémorables de l'année, Rich Orphan.

COOKIE MONEY - Rich Orphan

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LPB POODY - Streetz Callin

, 22:15

Au début, il y avait Kodak Black. Après surgit Glokknine, dont on eut l'impression qu'il était son clone. Puis vint le tour de Robert Lee Perry Jr., alias LPB Poody, et cette fois, on avait encore plus franchement le sentiment qu'il était une réplique de Glokknine. Ce qui était somme toute logique, puisque c'est auprès de lui que cet autre habitant d'Orlando s'était d'abord manifesté, avant que les deux rappeurs ne se fâchent. Ce qu'on voyait défiler sous nos yeux avec tous ces gens de Floride, cependant, ce n'était pas une suite de copieurs et de pilleurs, mais au contraire un nouvelle école de rap à part entière, qui offrait de la place à plusieurs talents.

LPB POODY - Streetz Callin

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GOONEW - Goonrich Urkel

, 22:51

Le silence est plus crispant que le bruit. Le murmure est plus angoissant que les cris. C'est semble-t-il ce qu'a réalisé Goonew, valeur montante de DMV, cette aire centrée sur Washington dénommée d'après les Etats que son métro traverse. Ses récits sombres et menaçants de dealer, ce rappeur les susurre, d'une façon inquiétante. Ses raps, il les déclame d'un trait, sans pause, et off-beat. Et pour que la pesanteur soit à son comble, il est souvent accompagné par les beats sinistres et chiches de Cheecho, le producteur qui a défini le son de cette scène.

GOONEW - Goonrich Urkel

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PEEZY - No Hooks

, 23:08

Alors qu'il atteint la trentaine, Team Eastside Peezy est l'un des acteurs les plus satisfaisants et les plus productifs de la prolifique scène de Detroit. Non content d'avoir sorti Ballin Ain't a Crime au début 2017, l'un des meilleurs projets issus de la Motor City en cette année faste, il a embrayé les mois d'après avec pas moins de trois mixtapes, People's Champ, Winter Grind et Ghetto Wave. Et puis, après s'être fait tirer dessus dans le cadre d'une guerre des gangs, il a remis le couvert en 2018, sans pourtant rien sacrifier de sa qualité puisque le très court No Hooks fut, à son tour, l'une des sorties rap les plus remarquables de l'année écoulée.

PEEZY - No Hooks

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KNOWLEDGE THE PIRATE - Flintlock

, 22:26

Si Roc Marciano a brillé en 2018, ce n'est pas seulement à cause de sa productivité personnelle et de la qualité de ses sorties, toutes deux exceptionnelles. C'est aussi par celles de ses proches. C'est en tout cas vrai pour Knowledge the Pirate, un rappeur dont le nom nous est désormais familier, à force de le voir figurer sur toutes les sorties de Marci depuis Reloaded en 2012, mais dont on ne connaissait pas encore de sortie propre. Depuis quelques mois, celle-ci existe enfin, sous la forme d'un album, Flinlock qui file la métaphore du flibustier (ce titre est le nom de leur pistolet emblématique), et dont l'ancien du Flipmode Squad, à égalité avec Elemnt et Mushroom Jesus, a assuré une partie substantielle de la production.

KNOWLEDGE THE PIRATE - Flintlock

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MONEYBAGG YO - 2 Heartless

, 23:14

Cela fait un moment déjà que Moneybagg Yo roule sa bosse à Memphis, ses premiers enregistrements remontant à 2012. Mais les trois dernières années, les choses se sont accélérées, et le rappeur est passé d'une célébrité locale à une notoriété nationale. Tout remonte à All Gas No Breaks, une mixtape de 2016 qui a attiré l'attention du rappeur le plus éminent de la ville, Yo Gotti. S'en est suivi un projet commun, 2Federal, à la fin de la même année, puis en 2017 un album à succès chez Interscope, Federal 3X, une collaboration avec YoungBoy Never Broke Again, Fed Baby's, et des apparitions diverses et variées, ici dans une vidéo commune de BlocBoy JB et de Drake, ou là sur la mixtape Too Hard de Lil Baby.

MONEYBAGG YO - 2 Heartless

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1TAKEJAY - Wait Hol' Up

, 16:50

03 Greedo et Drakeo the Ruler sont actuellement les têtes d'affiche du rap de Los Angeles. Mais à côté, d'autres s'agitent dans une veine plus ou moins proche, comme par exemple 1TakeJay. Cela fait plusieurs années que ce rappeur de Compton est actif au sein des OneTakeBoyz, un collectif dont les autres membres éminents sont 1TakeQuan et 1TakeTeezy. Ces amis de lycée, qui se veulent des disciples des Hot Boys, existent en effet depuis 2014, et leur manifeste, le projet OneTakeMovement, date de 2015. Mais en 2017 et 2018, avec les singles "To Da Neck" et "Arco", puis l'album Wait Hol' Up, 1TakeJay a su capter un peu plus de lumière, au bénéfice des mésaventures carcérales des rappeurs susmentionnés.

1TAKEJAY – Wait Hol' Up

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BANDGANG - In Too Deep

, 23:39

A Detroit, depuis plusieurs années, au sein de cette scène dont on ne cesse de mesurer la richesse, Masoe, Lonnie Bands, Paid Will, Al, Javar et Biggs, alias BandGang, occupent une place centrale. Fondé en 2008, ce sextet qui s'est fait connaître d'une audience plus large en côtoyant Tee Grizzley sur le morceau "Straight to It", a influencé la génération qui émerge aujourd'hui autour de Sada Baby, FMB DZ et quelques autres. Ces derniers temps, cependant, après leur salve de mixtapes de l'année 2014, les trois premiers rappeurs cités (les têtes d'affiche du groupe) s'étaient surtout illustrés en solo : en 2017, ils avaient proposé 3 à 4 sorties chacun, pas moins. Aussi leur projet commun, disponible depuis l'été, était-il attendu de ceux qui savent. Et cette attente a été indubitablement récompensée si on se base sur des critères purement quantitatifs, nos hommes s'étant fendus d'un opus gargantuesque de 98 minutes et 30 titres, débordant de collaborations.

BANDGANG - In Too Deep

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PUSHA T - Daytona

, 22:34

Ce fut la surprise du chef, celle que nous concocta Kanye West en 2018 ; et donc, forcément quand il est question du génie ou de la bête de foire (selon) de la scène américaine, ce fut aussi l'un des événements rap de l'année. Au début de l'été, ce n'est pas un album qu'il sortit, mais cinq. Le sien, et quatre autres, produits respectivement pour Pusha T, Nas, Kid Cudi et Teyana Taylor. Tous compacts, tous condensés sur vingt à trente minutes, ils ont été réunis sous le nom de Wyoming Sessions, d'après l'Etat où ils ont été conçus. De tous, cependant, c'est avant tout le premier sorti, le troisième solo de l'ancien Clipse, qui a été célébré. Et pour une raison claire : à l'opposé de Kanye West, tout à ses concepts et à ses caprices d'artiste, Terrence Thornton, lui, est fidèle à lui-même, il ne change pas d'un iota.

PUSHA T - Daytona

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INVINCIBLE - ShapeShifters

, 23:44

Ilana Weaver est blanche, et elle est une rappeuse technique apparue sur la scène battle de Detroit à la fin des années 90. Cela fait donc deux bonnes raisons pour que les critiques les moins inspirés dégaine à son égard la plus paresseuse de toutes les comparaisons : celle avec Eminem. Et de fait, la silhouette du Slim Shady apparait bel et bien sur le premier album d'Invincible, mais c'est pour mieux s'en démarquer. Sur "Locust", la rappeuse le cite nommément quand elle critique ceux qui voudraient refaire l'histoire, et effacer Proof pour ne retenir qu'Eminem du rap de Detroit. Et sur le morceau éponyme "ShapeShifters", paraphrasant Bertolt Brecht, elle affirme que la musique n'est pas là pour refléter la réalité, mais pour la transformer. A l'inverse de l'autre, qui a traduit en raps l'existence perturbée du quart-monde américain, elle, s'emploie à y remédier.

INVINCIBLE - Shapeshifters

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JOEY PURP - Quarterthing

, 23:05

Et si, plutôt que Chance the Rapper et Vic Mensa, le rappeur à retenir du collectif Save Money était Joey Purp ? On le sait, cette école de rap est à Chicago l'inverse même de la drill music. Ses membres paraissent plus sophistiqués, plus conscients de leur histoire, plus tournés vers une démarche artistique. Ils représentent ce qu'on a appelé sur nos pages l'Obama rap (et pour cause, Chance, qui est le fils d'un de ses collaborateurs, fréquente l'ancien président), dont la fonction politique et sociale implicite est de réconcilier la culture afro-américaine contemporaine avec l'Amérique, ou plus précisément avec son élite libérale. C'est une veine généralement prisée par la presse, mais critiquable pour son approche scolaire, pour sa musique trop pensée, pour son rap pas assez spontané. Ces reproches, cependant, ne sont pas à faire à Joey Purp. En tout cas pas à l'entièreté de ce projet, son troisième, et la suite de iiiDrops, la mixtape de 2016 qui l'avait révélé.

JOEY PURP - Quarterthing

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TRINA - Diamond Princess

, 22:54

A la fin des années 90, après le triomphe du dirty rap des New-yorkaises Lil' Kim et Foxy Brown, il était temps que ce hip-hop à forte teneur pornographique revienne chez lui, en Floride. C'est donc en toute logique sur les terres du 2 Live Crew qu'une autre rappeuse pousserait à son comble cette formule désormais éprouvée : un joli minois, une grande gueule, des propos salaces, un goût prononcé pour le lucre, une attitude insolente de femme dominatrice et une indéniable aisance verbale. A tout cela, depuis son apparition avec Trick Daddy sur le single "Nann Nigga", Katrina Taylor ajoutait un humour plus tranché encore, une voix de vilaine fille et les rythmes sautillants qui ont toujours convenu au rap de Miami. En l'an 2000, parée de ces atouts irrésistible, celle qui se présentait comme la salope la plus bonne (Da Baddest Bitch, s'intitulait en effet son premier album et futur disque de platine), lançait une des carrières les plus durables du rap féminin.

TRINA - Diamond Princess

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