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ASIAN DOLL - Drippin' in Glo

, 23:23 - Lien permanent

C'est l'une des lois implicite du rap : à un stade ou à un autre de son développement, chaque collectif d'importance se doit d'accueillir une femme. L'une de ces écuries pourtant, et non la moindre, a longtemps fait exception à cette règle : le 1017 Records de Gucci Mane. Il a fallu attendre près de dix ans, en effet, pour qu'une rappeuse rejoigne enfin ses rangs. Et au bout du compte l'heureuse élue est Misharron Allen, une rappeuse de Dallas qui s'est choisi Asian Doll comme nom d'artiste, quoi qu'elle n'ait strictement rien d'asiatique. Son premier projet, Da Rise of Barbie Doll Gang Empire, remonte à 2015, mais c'est l'année d'après, avec la sortie de Drippin' in Glo, que la Texane a commencé à émerger. A la suite de cet album, on allait la voir côtoyer PnB Rock et Famous Dex (des rumeurs l'ont prétendu en couple avec ce dernier) et bénéficier des louanges de Nicki Minaj.

ASIAN DOLL - Drippin In Glo

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Cette reconnaissance n'a rien de surprenant. Comme ces autres dolls qui pullulent dans le rap féminin contemporain, Asian Doll est une héritière de la New-yorkaise. Comme elle, cette auto-proclamée Queen of the Teens (reine des adolescentes) est une victime de la mode. Obnubilée par la poupée Barbie, elle est une adepte des looks les plus bariolés et les plus extravagants. Comme Nicki Minaj, aussi, sa posture est celle d'une femme dominatrice et irascible, prompte à mettre ses formes en valeur, et qui s'est illustrée par de notoires prises de bec avec d'autres rappeuses de sa génération, notamment Cuban Doll, Bali Baby et son ancienne collaboratrice Rico Nasty. Or, ce personnage haut en couleur se trouvait déjà tout entier sur cette sortie compacte de 12 morceaux enchaînés qu'était Drippin' in Glo.

Cependant, quand sur le titre central de la mixtape, le manifeste "Barbie Everywhere", Asian Doll proclamait "barbie gang everywhere", le mot crucial était celui du milieu. Avec ses implacables petites mélodies en trois notes, ses odes absurdes à l'argent ("Franklins", "All My Life"), ses histoires de gangs aberrantes ("Shooters"), ses menaces de mort ("Power Up"), l'ego-trip démesuré déclamé sur la musique (et avec le phrasé) du "No Flockin" de Kodak Black, l'énoncé clair de ses préférences en matière de partenaire sexuel ("Like Me"), et ses poses menaçantes armes à la main dans les vidéos de "Chess" (une collaboration avec Maserati Ye, son compatriote de Dallas) et de "Barbie Everywhere", elle marchait dans les pas de son futur protecteur. Au vu de son gangsta rap fleuri et exacerbé, c'est tout sauf un hasard si Asian Doll a fini par rejoindre Gucci Mane et les siens.

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