Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Critiques Musique › Albums Rap

Critiques et revues d'albums et mixtapes rap, hip-hop et apparenté

Fil des billets Fil des commentaires

CRIMEAPPLE - Aguardiente

, 23:15

New-York, 1995, souvenez-vous. Nous ne nous rappelons pas nécessairement du climat qu'il faisait dans la grande métropole de la Côte Est, cette année-là, mais sur ses disques de rap, c'est une certitude, il faisait froid. Ça ne rigolait pas, tant musicalement, les rappeurs de l'époque optant pour des beats décharnés et austères, que du point de vue des textes. De jeunes gens qui avaient été autrefois de petits dealers (voire pas), prenaient la dureté et la sauvagerie de la rue comme sujet principal. Ou bien, comme Raekwon et quelques autres, ils enjolivaient leurs expériences ingrates, ces longues heures à servir le client dans les courants d'air glacés de la ville, en se dépeignant en mafieux magnifiques. Pour bien des gens, le rap new-yorkais, voire le rap tout court, fut alors à son apogée. Pour une foule de nostalgiques, il atteint là un sommet, que personne n'a su dépasser depuis.

CRIMEAPPLE - Aguardiente

Lire la suite...

DRAKEO THE RULER - Cold Devil

, 22:46

Le rap de Los Angeles a toujours été, plus ou moins, sous les projecteurs. Du fait de la taille de la ville, en raison aussi de son statut de capitale du divertissement, les rappeurs de la grande cité californienne, à travers plusieurs vagues, n'ont jamais cessé de faire l'actualité. La dernière génération, cependant, mérite plus que d'autres toute l'attention qu'elle retient, du fait de son originalité et de son influence croissante. C'est évidemment le cas pour 03 Greedo, dont il a déjà été question ici. Mais ça l'est aussi pour son collaborateur Drakeo The Ruler, dont le Cold Devil, sorti à la toute fin de l'année passée et enregistré en quelques jours, entre deux périodes de captivité, aura été le dernier projet rap marquant de 2017.

DRAKEO THE RULER - Cold Devil

Lire la suite...

BROCKHAMPTON - Saturation

, 22:29

La place du Web dans la production musicale est, on le sait, de plus en plus centrale. Et Brockhampton (ou BROCKHAMPTON, si l'on se conforme à leur nom officiel), un large collectif qui a fait l'événement en 2017 avec la sortie remarquée de trois albums intitulés Saturation, en est une démonstration claire. Il ne s'est pas contenté, comme tout le monde, de se faire connaître sur Internet : il s'y est formé. C'est en effet par une petite annonce publiée sur le forum d'un site de fans de Kanye West, Kanye To The, que le fondateur et leader du groupe, un jeune homme originaire du Texas appelé Kevin Abstract, a rassemblé tout un tas d'autres personnes pour monter ce projet, initialement intitulé AliveSinceForever.

BROCKHAMPTON - Saturation

Lire la suite...

5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

, 13:03

Il y a fort longtemps, en 1991, à Truro, dans ce nulle part hip-hop qu'était la province canadienne de Nouvelle-Ecosse, fut fondé un groupe appelé Hip Club Groove. Celui-ci, alors confidentiel, fut en quelque sorte la matrice d'une scène qui, quelques années plus tard, à la grande époque des labels de rap indépendants, aurait son quart d'heure de gloire : celle d'Halifax. Ce groupe, en effet, avait été cofondé par DJ Moves et Checklove, Sixtoo avait fait un temps partie de l'aventure, tout comme Gordski, le futur producteur des Goods, et il collaborait souvent avec un certain Stinkin' Rich, futur Buck 65. Tous ces gens, le temps venu, referont parler d'eux, avec plus ou moins d'écho, Checklove en tant qu'acteur, sous son vrai nom de Cory Bowles, et tous les autres dans la musique.

5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

Lire la suite...

KODAK BLACK - Heart Break Kodak

, 23:16

Depuis quelques mois, nous observons une bien vilaine chose dans l'évolution de la critique musicale : le retour de la morale. Vu que le rap a gagné, puisque ses détracteurs ont été défaits, on est passé à une autre stratégie : séparer l'acceptable du mauvais, distribuer les bons points. Comme il n'est plus possible de combattre cette musique qui est maintenant partout, alors qu'elle accepte au moins de se plier aux règles de la bienséance, alors qu'elle soit adulte et responsable. Qu'en soient distingués ses premiers de la classe, ses gendres idéaux, ceux dont le mot d'ordre répond à un impératif progressiste, Kendrick Lamar par exemple. Et que soient voué aux gémonies les rustres comme Kodak Black, ces gens au comportement hautement répréhensible, ces agents du diable.

Kodak Black - Heart Break Kodak

Lire la suite...

ICEWEAR VEZZO - Price Goin Up

, 22:25

En 2014, Eminem clôturait sa compilation Shady XV par "Detroit vs. Everybody", un posse cut avec Royce da 5'9", Big Sean, Danny Brown, Dej Loaf et Trick-Trick, présenté comme un hymne en l'honneur de la scène de Detroit. Cependant, comme ce morceau ne suffisait pas, comme il ne présentait qu'un tout petit échantillon de la scène rap de la Motor City, un remix apparut plus tard, avec cette fois une quinzaine de figures locales. Les plus célèbres, Guilty Simpson, Black Milk et Boldy James, provenaient de la première manifestation du rap de la ville : celle qui était ancrée dans le boom bap, et qui avait partie liée avec la tradition backpacker. Mais quelques autres personnes s'y exprimaient, plus modernes, plus représentatives du son qui désormais, domine Detroit, comme IceWear Vezzo.

ICEWEAR VEZZO - Price Goin Up

Lire la suite...

RAPSODY - Laila’s Wisdom

, 23:56

Le remarquable accueil rencontré par Laila's Wisdom, le dernier Rapsody (une rappeuse depuis toujours prisée par la critique, mais jamais à une telle échelle), s'explique en deux mots : Roc Nation. Depuis 2016, en effet, celle dont le vrai nom est Marlanna Evans a rejoint le label de Jay-Z, et ce disque en a été la première manifestation. L'autre raison est similaire à celle qui explique le succès d'un autre rappeur : Kendrick Lamar. Comme ce dernier, avec qui elle collabore depuis plusieurs années, Rapsody livre un rap "lyrical", ancré dans l'héritage culturel afro-américain et le classicisme des années 90 (et qui plait donc à des critiques et décideurs formés en cette décennie-là), mais pas anachronique pour autant.

Rapsody - Laila’s Wisdom

Lire la suite...

BERNER - The Big Pescado

, 22:43

Berner est, avant tout, un entrepreneur, mais son champ d'intervention n'est pas tout à fait anodin : ses lignes de vêtements mises de côté, c'est dans la weed, en voie de dépénalisation en plusieurs endroits des Etats-Unis, que notre Californien d'origine mexicaine, Gilbert Milam de son vrai nom, a décidé d'investir. Etabli à San Francisco, il possède plusieurs dispensaires de marijuana médicale, il a lancé marijuana.com, qu'il présente comme l'Instagram de cette herbe, et il s'est associé aussi à des généticiens en quête de nouvelles variétés de cette substance.

BERNER - The Big Pescado

Lire la suite...

NEILA - Better Late Than Never

, 22:38

A l'ouest des Etats-Unis, il y a la West Coast. Et plus loin encore que la West Coast, il y a Hawaï. C'est de cet archipel que la rappeuse Laura Yang, dite Neila, est originaire. Mais c'est bel et bien à une scène rap californienne qu'elle a été associée, celle, grouillante et prolifique, structurée par le rappeur, DJ, producteur et multi-activiste Deeskee, autour du site LA2theBay. C'est vers 2003, dans l'entourage de ce dernier qu'elle est apparue, en contribuant à son album Blacklight Sessions, au bénéfice du très beau titre "The Dream". Et depuis, Neila n'a jamais cessé de sortir des projets, jusqu'au récent Analog Jewelery, en 2017.

NEILA - Better Late Than Never

Lire la suite...

SADA BABY - Skuba Sada

, 23:20

En matière de rap, 2017 a été l'année de Detroit ; en tout cas celle de l'explosion de la scène locale, de cet underground gangsta qui serait l'héritier de l'influent Blade Icewood, décédé une décennie plus tôt. Et à Detroit, 2017 aura été l'année de Sada Baby, alias Skuba Steve. S'il est apparu récemment, en tournée, comme la doublure du rappeur le plus médiatisé de sa ville en ce moment, Tee Grizzley, c'est lui qui des deux (et de tous leurs comparses), mérite le plus d'égards. Après une année 2016 qui a été celle de la révélation, avec le single "Stacy", ce rappeur, dont le signe physique distinctif est une barbe imposante, n'a pas seulement sorti un projet remarquable, mais deux : Skuba Sada, puis D.O.N. - Dat One Nigga.

SADA BABY - Skuba Sada

Lire la suite...

- page 1 de 100