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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique › Albums Rap

Critiques et revues d'albums et mixtapes rap, hip-hop et apparenté

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BROCKHAMPTON - Saturation

, 22:29

La place du Web dans la production musicale est, on le sait, de plus en plus centrale. Et Brockhampton (ou BROCKHAMPTON, si l'on se conforme à leur nom officiel), un large collectif qui a fait l'événement en 2017 avec la sortie remarquée de trois albums intitulés Saturation, en est une démonstration claire. Il ne s'est pas contenté, comme tout le monde, de se faire connaître sur Internet : il s'y est formé. C'est en effet par une petite annonce publiée sur le forum d'un site de fans de Kanye West, Kanye To The, que le fondateur et leader du groupe, un jeune homme originaire du Texas appelé Kevin Abstract, a rassemblé tout un tas d'autres personnes pour monter ce projet, initialement intitulé AliveSinceForever.

BROCKHAMPTON - Saturation

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5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

, 13:03

Il y a fort longtemps, en 1991, à Truro, dans ce nulle part hip-hop qu'était la province canadienne de Nouvelle-Ecosse, fut fondé un groupe appelé Hip Club Groove. Celui-ci, alors confidentiel, fut en quelque sorte la matrice d'une scène qui, quelques années plus tard, à la grande époque des labels de rap indépendants, aurait son quart d'heure de gloire : celle d'Halifax. Ce groupe, en effet, avait été cofondé par DJ Moves et Checklove, Sixtoo avait fait un temps partie de l'aventure, tout comme Gordski, le futur producteur des Goods, et il collaborait souvent avec un certain Stinkin' Rich, futur Buck 65. Tous ces gens, le temps venu, referont parler d'eux, avec plus ou moins d'écho, Checklove en tant qu'acteur, sous son vrai nom de Cory Bowles, et tous les autres dans la musique.

5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

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KODAK BLACK - Heart Break Kodak

, 23:16

Depuis quelques mois, nous observons une bien vilaine chose dans l'évolution de la critique musicale : le retour de la morale. Vu que le rap a gagné, puisque ses détracteurs ont été défaits, on est passé à une autre stratégie : séparer l'acceptable du mauvais, distribuer les bons points. Comme il n'est plus possible de combattre cette musique qui est maintenant partout, alors qu'elle accepte au moins de se plier aux règles de la bienséance, alors qu'elle soit adulte et responsable. Qu'en soient distingués ses premiers de la classe, ses gendres idéaux, ceux dont le mot d'ordre répond à un impératif progressiste, Kendrick Lamar par exemple. Et que soient voué aux gémonies les rustres comme Kodak Black, ces gens au comportement hautement répréhensible, ces agents du diable.

Kodak Black - Heart Break Kodak

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ICEWEAR VEZZO - Price Goin Up

, 22:25

En 2014, Eminem clôturait sa compilation Shady XV par "Detroit vs. Everybody", un posse cut avec Royce da 5'9", Big Sean, Danny Brown, Dej Loaf et Trick-Trick, présenté comme un hymne en l'honneur de la scène de Detroit. Cependant, comme ce morceau ne suffisait pas, comme il ne présentait qu'un tout petit échantillon de la scène rap de la Motor City, un remix apparut plus tard, avec cette fois une quinzaine de figures locales. Les plus célèbres, Guilty Simpson, Black Milk et Boldy James, provenaient de la première manifestation du rap de la ville : celle qui était ancrée dans le boom bap, et qui avait partie liée avec la tradition backpacker. Mais quelques autres personnes s'y exprimaient, plus modernes, plus représentatives du son qui désormais, domine Detroit, comme IceWear Vezzo.

ICEWEAR VEZZO - Price Goin Up

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BERNER - The Big Pescado

, 22:43

Berner est, avant tout, un entrepreneur, mais son champ d'intervention n'est pas tout à fait anodin : ses lignes de vêtements mises de côté, c'est dans la weed, en voie de dépénalisation en plusieurs endroits des Etats-Unis, que notre Californien d'origine mexicaine, Gilbert Milam de son vrai nom, a décidé d'investir. Etabli à San Francisco, il possède plusieurs dispensaires de marijuana médicale, il a lancé marijuana.com, qu'il présente comme l'Instagram de cette herbe, et il s'est associé aussi à des généticiens en quête de nouvelles variétés de cette substance.

BERNER - The Big Pescado

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NEILA - Better Late That Never

, 22:38

A l'ouest des Etats-Unis, il y a la West Coast. Et plus loin encore que la West Coast, il y a Hawaï. C'est de cet archipel que la rappeuse Laura Yang, dite Neila, est originaire. Mais c'est bel et bien à une scène rap californienne qu'elle a été associée, celle, grouillante et prolifique, structurée par le rappeur, DJ, producteur et multi-activiste Deeskee, autour du site LA2theBay. C'est vers 2003, dans l'entourage de ce dernier qu'elle est apparue, en contribuant à son album Blacklight Sessions, au bénéfice du très beau titre "The Dream". Et depuis, Neila n'a jamais cessé de sortir des projets, jusqu'au récent Analog Jewelery, en 2017.

NEILA - Better Late That Never

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SADA BABY - Skuba Sada

, 23:20

En matière de rap, 2017 a été l'année de Detroit ; en tout cas celle de l'explosion de la scène locale, de cet underground gangsta qui serait l'héritier de l'influent Blade Icewood, décédé une décennie plus tôt. Et à Detroit, 2017 aura été l'année de Sada Baby, alias Skuba Steve. S'il est apparu récemment, en tournée, comme la doublure du rappeur le plus médiatisé de sa ville en ce moment, Tee Grizzley, c'est lui qui des deux (et de tous leurs comparses), mérite le plus d'égards. Après une année 2016 qui a été celle de la révélation, avec le single "Stacy", ce rappeur, dont le signe physique distinctif est une barbe imposante, n'a pas seulement sorti un projet remarquable, mais deux : Skuba Sada, puis D.O.N. - Dat One Nigga.

SADA BABY - Skuba Sada

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ANDRE NICKATINA & MAC DRE - A Tale of Two Andres

, 23:09

Dans cet univers en soi qu'est la scène rap de la Bay Area, deux Andre, nés tous deux en 1970, se sont fait une place de choix. Le premier, c'est Andre Adams, connu d'abord sous le nom de Dre Dog, puis sous celui d'Andre Nickatina, qui depuis son apparition au début des années 90 au sein du groupe I.M.P, a fait preuve de constance, s'investissant dans la conception de plusieurs albums remarquables, tout comme dans celle de films. Le second, c'est Andre Hicks, alias Mac Dre, qui a eu au contraire une carrière accidentée, entrecoupée de soucis judiciaires, et dont la longévité ne fut pas la même. En effet, il fut assassiné en 2004, au sortir d'un concert à Kansas City, par un homme toujours pas identifié.

ANDRE NICKATINA & MAC DRE - A Tale of Two Andres

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BOSS - Born Gangstaz

, 22:33

De nos jours, Detroit est l'une des villes les plus actives et les plus excitantes sur le front du rap. Depuis vingt ans et un certain Eminem, elle peut également se targuer d'avoir livré à cette musique l'une de ses plus grandes stars. Mais avant, c'était une autre histoire. Active depuis les années 80, la scène locale a d'abord été totalement ignorée. Et c'est précisément pour cette raison, qu'à cette époque, deux jeunes filles issues de cette scène avaient décidé d'aller tenter leur chance ailleurs. Lichelle "Boss" Laws, la rappeuse, et Irene "Dee" Moore, son DJ, s'étaient alors relocalisées à Los Angeles. Le succès n'était pas venu tout de suite. Les deux partenaires avaient d'abord dû endurer des conditions de vie délicates dans le contexte hostile de South Central. Mais avec le temps, leur persévérance paya.

BOSS - Born Gangstaz

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AD & SORRY JAYNARI - Last of the 80's

, 22:42

Souvent, parce qu'il est garni de sons funky et rempli de basses souples, le rap West Coast est perçu comme doux, fluide, chaleureux. Il est si confortable que, parfois, en dépit de paroles qui le sont rarement, il paraît inoffensif. Il lui arrive même de devenir une sorte d'easy listening hip-hop. Cette approche, cependant, n'est pas celle d'Armand Douglas. Rappeur de Compton signé sur la nouvelle mouture du label Priority Records, affilié aux Crips, et plus connu sous le nom d'AD, celui-ci crie ses raps, plutôt qu'il ne les chantonne. Il s'époumone, et il préfère les sons qui cognent, qu'ils s'inspirent du récent style ratchet ou, au contraire, qu'ils cherchent à renouer avec l'époque d'avant le g-funk, à ce rap californien urgent de la fin des années 80, auquel semble se référer ce projet.

AD & SORRY JAYNARI - Last of the 80's

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