Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Mot-clé - Los Angeles

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VINCE STAPLES - Summertime '06

, 23:17

La ressemblance de la pochette de l'album de Vince Staples avec celle du Unknown Pleasures de Joy Division ne doit rien au hasard. Quand il la révéla sur Instagram, le rappeur souligna lui-même le rapprochement, entamant sa présentation par ces mots, "Love Will Tear Us Apart", soit le titre du single le plus emblématique du groupe d'Ian Curtis – et l'épitaphe qui figure sur sa tombe. Quelques semaines plus tard, à l'heure de la sortie de Summertime '06, le contenu de l'album allait confirmer cette proximité, en proposant un post-rap comme l'autre avait livré son post-punk : noir, pessimiste, décharné, avec des paroles émanant d'un esprit défaitiste et tourmenté, et une musique pesante, claustrophobe et réductionniste.

VINCE STAPLES - Summertime '06

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THE GAME - The Documentary 2.5

, 19:14

L'année 2015 aura été marquée, pour une bonne part, par la célébration d'une ville de la banlieue de Los Angeles, Compton, et plus particulièrement de la scène rap qui y est née, il y a une trentaine d'années. Il y eut, en mars, l'unanimisme critique disproportionné autour du nouvel album de sa dernière star, Kendrick Lamar. Et puis, pendant l'été, il y eut le carton du film Straight Outta Compton, doublé de la sortie d'un album solo trop longtemps attendu, de la part de la figure tutélaire des lieux, Dr. Dre. En fin d'année, il était donc logique que The Game se joigne à son tour à la fête, et qu'il y aille de sa propre sortie. Lui aussi, après tout, est issu de Compton. Et il est la première personne à laquelle on pense, quand il s'agit de rendre hommage au passé du rap, et d'en idolâtrer les grands noms.

xxx

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DR. DRE - Compton

, 23:10

Voilà donc. Le troisième album solo de Dr. Dre a fini par sortir au cœur de l'été 2015. Il ne s'appelle finalement pas Detox, il serait même un tout autre disque que ce dernier, annoncé depuis si longtemps déjà. Le rappeur et producteur aurait jeté le projet initial aux orties pour le remplacer par un autre, inspiré par le film récent qui retrace la carrière de NWA, son ancien groupe, Straight Outta Compton, et présenté comme sa bande-son. Dans quelle mesure cette annonce est-elle juste, ou relève-t-elle d'un certain opportunisme marketing de la part d'un rappeur et producteur qui a su démontrer par ailleurs son sens des affaires ? Difficile à dire. Et peu importe, en fait, car seules deux choses comptent : le fait que l'Arlésienne du rap a fini par venir, et le verdict sur ses qualités musicales.

DR. DRE - Compton

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EARL SWEATSHIRT - Earl

, 22:55

La décennie rap 2010 a commencé, du point de vue journalistique, par tout un ramdam autour d'Odd Future. Par action spontanée, par convergence médiatique, ou par maneuvre en sous-main de l'industrie musicale (les avis divergent, mais qu'importe), le collectif californien a marqué l'avènement d'une nouvelle génération. Avec son usage paroxysmal du marketing viral et des outils Internet à la Tumblr, avec ses sorties gratuites et ses pochettes qui détournaient des photos sans grand rapport avec le rap, avec surtout le contenu de ses morceaux, faits de paroles qui repoussaient plus loin encore les outrances et la vilénie, et d'une musique jouant à parts égales de l'expérimentation et de la facilité, Odd Future Wolf Gang Kill Them All (OFWGKTA), de son nom complet, avait donc tout pour faire vibrer la critique, et cette part du public qui se veut la plus alerte et avertie.

EARL SWEATSHIRT - Earl

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TOMMY V - Travel Size Drawing Board

, 22:40

Thomas Valencia, alias Tommy V, est un nom familier pour qui a suivi tous les remous de la scène post-Project Blowed à Los Angeles. Le rappeur était l'une des multiples personnes qui évoluaient alors dans le sillage des Shape Shifters. Il avait notamment été aperçu auprès du plus connu de la bande, Awol One, et il avait sorti en 2001 un album, Quarter Life Crisis, où figuraient aussi quelques figures du label Anticon. Enfin, un peu plus tard, il avait accompagné Xololanxinxo et les frères Ramos au sein du quartet Toca, dont le grand mérite avait été de tirer quelque chose de jubilatoire d'un vaste bazar musical punk, indie pop et latin rap.

TOMMY V - Travel Size Drawing Board

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VINCE STAPLES - Hell Can Wait

, 22:22

Vince Staples et No I.D., acte 2. Après avoir livré en commun un très bon Shyne Coldchain Vol 2, un peu plus tôt en 2014, le jeune Californien de Long Beach et le beatmaker historique de Chicago, ont poursuivi leur collaboration en apparence contre-nature. Ils ont même passé un palier, vu que Hell Can Wait (que No I.D. parraine plutôt qu'il ne produit) a été cette fois un EP officiel, pas une mixtape, disponible en CD et sorti chez ARTium Recordings, la petite boutique que l'ancien producteur de Common anime au sein du vénérable label Def Jam. Comme il se doit, avec une telle étiquette, ce disque a bénéficié d'une couverture médiatique conséquente et d'une critique globalement bienveillante. Et c'est tout à fait justifié.

VINCE STAPLES - Hell Can Wait

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FREDDIE GIBBS - Midwestgangstaboxframecadillacmuzik

, 22:27

Début 2014, l'album commun de Freddie Gibbs et de Madlib a plutôt bien été reçu par la critique. Celle-ci, il est vrai, crie au génie chaque fois que le producteur californien sort des disques, et elle le ferait encore s'il se contentait d'enregistrer les jappements de son chien. Mais dans ce cas précis, c'est assez justifié. Au terme de cinq années au cours desquelles chaque sortie de Fredrick Tipton (tel est son vrai nom) a compté de grands titres, ce disque lui apporte un surcroit de notoriété. Il le consacre, il le panthéonise chez tous les puristes, les intellos du rap, ceux qui apprécient l'approche esthétisante d'un Madlib. Piñata, cependant, n'est pas la grande œuvre de Freddie Gibbs. Celle-ci, en fait, est sortie beaucoup plus tôt, en 2009, l'année même où il a commencé à véritablement faire parler de lui.

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YG - My Krazy Life

, 23:20

YG, soit Young Gangsta (oui, "jeune gangster", je sais…), est depuis ses débuts étroitement associé à DJ Mustard, lui-même artisan du style ratchet qui cartonne à Los Angeles depuis quelques années, un lointain descendant du très mélodique g-funk local, transformé en musique de club sous la double influence du hyphy venu du nord de la Californie, et des raps dansants issus du Dirty South. Ensemble, les deux hommes ont fondé le label Pu$haz Ink, puis YG s'est distingué par quelques mixtapes, souvent produites par l'autre, à commencer par The Real 4Fingaz, en 2009. Tout cela lui valut de rejoindre assez tôt Def Jam, puis d'être pris sous l'aile de Young Jeezy, qui l'a fait rejoindre son écurie CTE World.

YG - My Krazy Life

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NOCANDO - Jimmy the Burnout

, 23:23

Difficile à croire, tant le rappeur est aujourd'hui fermement installé au centre de l'underground rap de Los Angeles. Et pourtant, c'est bien le cas : Jimmy the Burnout n'est que le second album solo de Nocando. Si ce n'est le EP Sincerely Yours, produit par Nobody, le 10 Haters proposé en 2011 par le duo Flash Bang Grenada, formé avec Busdriver, ainsi qu'une poignée de projets gratuits, le dernier grand MC issu du Project Blowed n'avait rien sorti depuis Jimmy the Lock, en 2010. Ce nouvel opus officiel était donc très attendu, en tout cas par tous les amateurs de hip-hop alternatif, sophistiqué et intello, par tous les adeptes de raps audacieux et virtuoses. Et grosso modo, il leur apporte ce qu'ils espéraient.

NOCANDO - Jimmy the Burnout

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OPEN MIKE EAGLE - Unapologetic Art Rap

, 22:46

Unapologetic Art Rap. Du rap arty impénitent. Voici comment Open Mike Eagle, en 2010, a voulu intituler son album. A la manière d'un manifeste, celui d'un hip-hop sophistiqué et à velléités artistiques, l'année même où, marqué par le triomphe d'un Waka Flocka Flame, c'est son contraire exact, un rap sauvage, brutal et viscéral, qui a semblé vouloir triompher. Alors âgé de 30 ans, Michael Eagle II était bel et bien la bonne personne pour porter ce projet, lui qui est un proche de Nocando et de son Hellfyre Club, incarne comme lui la dernière génération du Project Blowed, a sorti des albums sur tous les labels rap indé qui comptent (Mush, Fake Four, et plus récemment Mello Music) et, avant même de rejoindre la Californie, a été à la fin des années 90 un proche des Nacrobats et de Pugslee Atomz, acteurs fondamentaux et fondateurs de l'underground rap de Chicago.

OPEN MIKE EAGLE - Unapologetic Art Rap

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