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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique › Mixtapes

Commentaires et critiques de mixtapes et de street albums.

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PROJECT SWIFT - Thug Motivation 101

, 11:33

Le monde du rap de rue est cruel. C'est un panier de crabes. Il grouille tant, ses aspirants stars sont si nombreux, ses formules sont si génériques, ses thèmes si bateau, qu'il est souvent ardu de se distinguer du lot, tout spécialement quand on vient d'une scène aussi peu identifiée que celle de St. Petersburg, dans la banlieue de Tampa. Aussi Project Youngin a-t-il mis les bouchées doubles, quand il a lancé sa carrière il y a quelques années. Le garçon dont le vrai nom est Rasheed Jamaal Hall a mobilisé rien de moins que 500 000 dollars pour parvenir à ses fins, il a sorti des mixtapes à tire-larigot, et il a rameuté quelques figures du rap du Sud sur ses morceaux (Lil Baby sur "Balmains", YoungBoy NBA sur "Biggest Blessing", Ralo sur "Family Eats"). Aussi, conscient qu'un rappeur gangsta se doit de faire les gros titres des faits divers, il a posté sa photo sur Instagram après avoir été attaqué par des chiens policiers, et il a simulé sa mort sur la vidéo de "Thug Souljas". Et cela a marché. A force, il s'est créé un public conséquent sur les réseaux sociaux.

PROJECT SWIFT -  Thug Motivation 101

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42 DUGG - Young and Turnt

, 22:47

L'heure de l'expansion nationale a bel et bien sonné pour le rap de rue de Detroit. Depuis plusieurs années, à partir du moment où les Doughboyz Cashout ont rejoint le CTE World de Jeezy, il a cessé d'être circonscrit à la scène locale et condamné à la confidence. La signature de 42 Dugg sur le Collective Music Group de Yo Gotti (via le 4PF de Lil Baby), juste après que l'homme d'East Side se soit fait remarquer avec le single "The Streets", en est une autre preuve. La première manifestation de cette alliance, le projet Young and Turnt, reflète l'ouverture du rap de Detroit, quelques invités étant, outre Yo Gotti et Lil Baby eux-mêmes, le rappeur de Memphis Blac Youngsta, autre membre de l'écurie CMG, et ce bon vieux PeeWee Longway. Cependant, tout cela demeure à 100% du rap de Detroit.

42 DUGG - Young and Turnt

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LPB POODY - Streetz Callin

, 22:15

Au début, il y avait Kodak Black. Après surgit Glokknine, dont on eut l'impression qu'il était son clone. Puis vint le tour de Robert Lee Perry Jr., alias LPB Poody, et cette fois, on avait encore plus franchement le sentiment qu'il était une réplique de Glokknine. Ce qui était somme toute logique, puisque c'est auprès de lui que cet autre habitant d'Orlando s'était d'abord manifesté, avant que les deux rappeurs ne se fâchent. Ce qu'on voyait défiler sous nos yeux avec tous ces gens de Floride, cependant, ce n'était pas une suite de copieurs et de pilleurs, mais au contraire un nouvelle école de rap à part entière, qui offrait de la place à plusieurs talents.

LPB POODY - Streetz Callin

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KASH DOLL - Brat Mail

, 22:43

La doll proéminente, la plus visible des poupées qui se multiplient aujourd'hui dans le rap, est sans doute Arkeisha Knight. Celle qui a été lancée par un remix du "2 On" de Tinashe, puis confirmée après sa version du "Run Me My Money" d'AV, a été aperçue auprès des figures de sa ville de Detroit, d'Icewear Vezzo, à FMB DZ plus récemment. Mais elle a aussi côtoyé des personnalités plus exposées, comme B.O.B. et Trina, qui figuraient dès 2015 sur Keisha Vs. Kash Doll (sa première mixtape après sa signature sur le label local BMB Records), puis Drake, Metro Boomin et Big Sean. Elle aurait aussi pu collaborer avec YG sur un morceau, avant que celui-ci ne devienne "She Bad" et qu'il ne soit réservé au bout du compte à Cardi B, provoquant un beef éphémère entre ces deux femmes qui ont en commun d'avoir commencé danseuses dans des strip clubs, avant de se lancer dans le rap.

KASH DOLL - Brat Mail

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PEEZY - No Hooks

, 23:08

Alors qu'il atteint la trentaine, Team Eastside Peezy est l'un des acteurs les plus satisfaisants et les plus productifs de la prolifique scène de Detroit. Non content d'avoir sorti Ballin Ain't a Crime au début 2017, l'un des meilleurs projets issus de la Motor City en cette année faste, il a embrayé les mois d'après avec pas moins de trois mixtapes, People's Champ, Winter Grind et Ghetto Wave. Et puis, après s'être fait tirer dessus dans le cadre d'une guerre des gangs, il a remis le couvert en 2018, sans pourtant rien sacrifier de sa qualité puisque le très court No Hooks fut, à son tour, l'une des sorties rap les plus remarquables de l'année écoulée.

PEEZY - No Hooks

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DAI BURGER - Mymixxxytape

, 22:51

Compte-tenu, ces dernières années, de l'irruption généralisée de rappeuses américaines de toutes tendances et obédiences, Dai Burger aurait pu tirer son épingle du jeu au moment où, en 2017, elle a sorti son premier véritable album, Soft Serve. Mais ça n'a pas vraiment été le cas. Son grand moment date plutôt de 2014, et de la mixtape In Ya' Mouf. A la faveur de son single le plus remarqué, "Soufflé", sorti quelques mois plus tôt, la ressortissante du Queens a profité alors des faveurs de quelques médias spécialisés. Et c'est encore plus tôt, à l'occasion d'une mixtape intitulée Mymixxxytape (de "mixxy", un mot d'argot désignant quelqu'un d'hypersocial), et parrainée par une autre rappeuse new-yorkaise en devenir, Junglepussy, qu'elle a fait irruption sur la scène rap de la Grosse Pomme.

DAI BURGER - Mymixxxytape

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MOLLY BRAZY - Molly World

, 22:18

A chaque scène rap d'importance, sa rappeuse. Or, s'il y a une scène rap qui nous a captivés ces dernières années, il s'agit bien de Detroit. Il était donc logique de se pencher sur son pendant féminin. Kash Doll est sans doute, aujourd'hui, le premier nom qui vient à l'esprit quand on pense à une rappeuse locale. Mais Molly Brazy, l'une de ses admiratrices, vient aussi de là-bas. Et si elle est désormais établie à Atlanta, et que son rap n'est plus la réplique totale et exacte de leur son, elle est la plus proche des gens qui nous ont préoccupés récemment, comme le prouve la présence sur Molly World de rappeurs tels que GT et BandGang Masoe, et le renfort à la production de Helluva, l'architecte sonore des Doughboyz Cashout.

MOLLY BRAZY - Molly World

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MONEYBAGG YO - 2 Heartless

, 23:14

Cela fait un moment déjà que Moneybagg Yo roule sa bosse à Memphis, ses premiers enregistrements remontant à 2012. Mais les trois dernières années, les choses se sont accélérées, et le rappeur est passé d'une célébrité locale à une notoriété nationale. Tout remonte à All Gas No Breaks, une mixtape de 2016 qui a attiré l'attention du rappeur le plus éminent de la ville, Yo Gotti. S'en est suivi un projet commun, 2Federal, à la fin de la même année, puis en 2017 un album à succès chez Interscope, Federal 3X, une collaboration avec YoungBoy Never Broke Again, Fed Baby's, et des apparitions diverses et variées, ici dans une vidéo commune de BlocBoy JB et de Drake, ou là sur la mixtape Too Hard de Lil Baby.

MONEYBAGG YO - 2 Heartless

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QUEEN KEY - Your Highness

, 23:05

Queen Key est l'incarnation du féminisme à la manière du rap américain. Celui qui, plutôt que de désexualiser la femme, proclame à hauts cris son droit aux plaisirs de la chair. Son approche, toutefois, est distincte de celle de CupcaKke, sa collègue de Chicago. Plutôt que pour la pornographie et la manière frontale, Ke'Asha McClure opte pour un humour et une gouaille qui conviennent à sa voix éraillée qui fait plus que son âge, la petite vingtaine. En réponse à l'habituel "Suck My Dick" des garçons, elle n'en a pas moins nommé Eat my Pussy (mange ma chatte) son EP sorti cette année, celui-là même qui marque son lancement médiatique, consécutif à sa signature chez Machine Entertainment Group en 2017.

QUEEN KEY - Your Highness

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03 GREEDO - The Wolf of Grape Street

, 22:39

La Californie, contrée de tous les rêves, patrie du divertissement de masse, ultime usine à fantasmes, a toujours reçu une attention disproportionnée. Le rap nous l'a démontré une fois encore ces dernières années, sa relève ayant régulièrement été identifiée là-bas : le nihilisme d'Odd Future, le ratchet de DJ Mustard et d'YG, le rap adulte de TDE, ont tous été présentés, à un moment ou à un autre de la dernière décennie, comme le next big thing du hip-hop. A raison, parfois. Mais le plus souvent, de manière exagérée. Le premier, en effet, a sombré quelquefois dans un expérimentalisme de hipster rock sans grande portée. Le second, en bonne musique de danse, n'a pas toujours bien négocié le virage de l'album. Quant au troisième, il a été hypertrophié par ses prétentions et appesanti par le lourd poids de l'héritage culturel afro-américain. Mais avec 03 Greedo, dernière sensation californienne en date, nous touchons quelque chose de plus substantiel.

03 GREEDO - The Wolf of Grape Street

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GLOKKNINE - Bloodshells Revenge

, 23:03

Un sous Kodak Black. Voilà à quoi ressemble Jacquavius Smith, de prime abord. Floridien, comme l'autre, ce résident d'Orlando sévissant sous le nom de Glokknine cumule les points communs avec lui. Il a eu beau rejeter la comparaison et proclamer être lui-même sur "Talm Bout", l'un de ses derniers singles, la vérité est qu'il a le même accent, la même voix rauque et marmonnée, la même énonciation concassée. A 17 ans, il a à peu près le même âge que l'autre à ses débuts. Même ses cheveux hirsutes évoquent l'homme de Pompano Beach. Et bien sûr, le très jeune homme a lui aussi un pédigrée de délinquant. Début octobre, par exemple, deux mois après qu'il se soit placé sous les grandes ailes de Birdman et de Cash Money, il a été arrêté pour port d'arme, vol, et autres broutilles de cette espèce.

GLOKKNINE - Bloodshells Revenge

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YUNGEEN ACE - Life of Betrayal

, 23:14

La mort inspire Keyontae Bullard. C'est en effet après la mort de son oncle, il y a six ans, que le jeune homme de Jacksonville se consola par la pratique du rap. Et c'est en juin dernier, après une fusillade à l'encontre de sa bande et au cours de laquelle il perdit deux amis ainsi que son petit frère, que le rappeur floridien désormais connu sous le nom de Yungeen Ace (lui-même criblé de balles à l'occasion) se mit à briller. Certes, il avait commencé à sortir des titres dès 2017, notamment "Go to War", puis "No Witness" et "All In" quelques mois plus tard, et il avait déjà rejoint Cinematic Music Group. Mais juste après l'assaut qui emporta les siens, puis un bref séjour en prison, il sortit "Jungle" avec JayDaYoungan, indubitablement l'un des grands morceaux rap de 2018. Et il enchaina quelques semaines plus tard avec une mixtape, Life of Betrayal, en tout point excellente.

YUNGEEN ACE - Life of Betrayal

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RICO NASTY - Nasty

, 22:37

C'est une caractéristique de la nouvelle génération de rappeurs : ils veulent maintenant être les rock stars à la place des rock stars. Même si leurs thèmes, sexe, drogue et argent, demeurent ceux habituels au genre, leur attitude nihiliste, leur imagerie même (cf. la pochette du récent Die Lit, de Playboi Carti), n'hésitent plus à s'inspirer de la scène punk et hardcore. Et ce jugement peut désormais s'étendre à Rico Nasty, dont la dernière mixtape, Nasty (la première depuis que la rappeuse a rejoint la major Atlantic), multiplie les morceaux où elle s'adonne à des accès de colère, voix abrasive et guitares furieuses à l'appui, comme par exemple "Trust Issues", "In The Air", et ce titre, le meilleur, celui qui résume tout: "Rage".

RICO NASTY - Nasty

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