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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique › Albums Rap

Critiques et revues d'albums et mixtapes rap, hip-hop et apparenté

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GUCCI MANE - Everybody Looking

, 21:46

Gucci Mane n'a jamais été un artiste à albums. Il y a bien eu, autour de ce qui fut l'année la plus faste de sa carrière, 2009, un moment où l'on a cru qu'il allait concrétiser son talent sur ce format, avec The State vs. Radric Davis. Même Murder Was the Case, sorti quelques mois plus tôt, à l'arrache, et renié par son auteur, fut en fait un bon disque. Mais l'essentiel de l'œuvre de Guwop, on le sait, se trouve depuis 2006 sur ses mixtapes. Ses meilleurs projets, ce sont Chicken Talk, les trois volumes de The Movie, voire ceux de Cold War, Writing on the Wall, ou bien encore Mr Zone 6. Que des sorties gratuites, distribuées à un rythme phénoménal. Et pourtant, à la mi 2016, on a bien pensé qu'il allait le sortir, son projet commercial de référence, et que le monde entier était enfin mûr pour cela.

GUCCI MANE - Everybody Looking

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PEEWEE LONGWAY - Mr. Blue Benjamin

, 23:27

Au début de l'été 2016, le nom de PeeWee Longway est tout à coup apparu dans certains médias généralistes, pour une raison assez inattendue : en plein Euro, des journalistes avaient découvert en lui le créateur de l'étrange danse exécutée sur le terrain par le footballeur Paul Pogba. Un peu plus tôt, c'est par le biais de LL Cool J, qui s'était déclaré fan, que certains avaient entendu parler pour la première fois du rappeur. Cette année, cependant, l'homme d'Atlanta mérite d'être distingué pour tout autre chose que la paternité du dab (qui lui est d'ailleurs disputée par Migos), ou que l'étonnant intérêt que lui a manifesté un vétéran du hip-hop. Il faut plutôt célébrer Mr. Blue Benjamin, son premier véritable album, sorti en janvier.

PEEWEE LONGWAY - Mr. Blue Benjamin

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SKEPTA - Konnichiwa

, 16:06

Parce que ces stars du rap nord-américain que sont Kanye West et Drake ont fait état de tout le bien qu'ils en pensaient, le grime semble profiter, à nouveau, d'un certain engouement. Certes, cette musique n'a jamais cessée d'être vivante depuis la grande époque de Dizzee Rascalz, au milieu des années 2000. Mais l'attention médiatique était quelque peu retombée, ce genre redevenant, pour l'essentiel, une affaire anglo-anglaise. Aujourd'hui, toutefois, la roue tourne à nouveau, et le bénéficiaire de cette résurgence du grime est Skepta, dont le dernier album, Konninchiwa, a bénéficié d'un remarquable succès critique et commercial.

SKEPTA - Konnichiwa

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2 CHAINZ - ColleGrove

, 12:46

Début octobre 2007, Playaz Circle sortait "Duffle Bag Boy", un single destiné à placer sur orbite un premier album, Supply & Demand, prévu pour la fin du mois. Sur ce titre, le duo d'Atlanta bénéficiait d'un renfort de poids en la personne de Lil Wayne. Il s'agissait alors de la première grande manifestation de complicité entre le rappeur de plus important de l'époque, et celui qui, une fois lancé avec succès dans une carrière solo, abandonnerait le nom de Tity Boi. D'autres collaborations suivraient. L'homme répondant désormais au nom de 2 Chainz inviterait la star de La Nouvelle-Orléans sur chacune de ses mixtapes, et en 2013, ils sortiraient deux autres singles en commun, "Rich as Fuck" et "Twerk Season". Il était donc attendu qu'un jour, ces deux là se décident à enregistrer ensemble tout un album.

2 CHAINZ - ColleGrove

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CELLY RU - Still da Same Nigga 2

, 23:26

En Californie, on connait ces grands centres du rap que sont Los Angeles et la Baie de San Francisco. Mais la capitale, Sacramento, se fait plus rare sur les écrans radar. L'endroit a pourtant vu naître quelques figures du rap, comme Brotha Lynch Hung, tenant parmi les plus notoires de la veine horrorcore, ou encore C-Bo. Leur apparition, cependant, remonte à la décennie 90. Et si l'on excepte le cas à part de Death Grips, groupe expérimental à la frontière entre rap et punk, la scène locale n'a à nouveau fait parler d'elle qu'en 2015, quand Mozzy est devenu l'une des sensations de l'année, avec rien de moins que quatre albums, dont le prisé Bladadah, ainsi que des collaborations avec d'autres rappeurs du Golden State, comme YG, Philthy Rich et un Nef the Pharaoh lui-même originaire de Sacramento.

CELLY RU - Still da Same Nigga 2

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ARM & TEPR - Psaumes

, 22:45

Il y a longtemps eu deux malentendus, dans la manière dont la critique musicale a abordé le rap, en France : elle a souvent cru que les paroles en étaient l'élément central, et leur a donc enjoint d'avoir un sens, de porter un message ou, a minima, de faire preuve d'une grande qualité d'écriture ; ne comprenant pas que les raps eux-mêmes sont musique, elle a aussi attendu des beats rêches qui l'accompagnent qu'ils prennent plus d'ampleur, de profondeur, qu'ils soient de vraies compositions. Aussi avons-nous fréquemment entendu des gens dire qu'ils n'aimaient le rap que quand il avait une teneur poétique, quand il s'inscrivait dans la tradition de François Villon, de Georges Brassens, voire de Renaud ; ou bien désirer ardemment qu'il s'acoquine avec les musiques électroniques, house et techno, qui elles, sont conçues pour se passer de paroles. Dans tous les cas, chaque fois que quelqu'un avance l'un ou l'autre de ces arguments, il faut fuir : il montre ainsi qu'il n'a pas su approcher le rap dans les termes qui lui sont propres.

ARM & TEPR - Psaumes

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TRIPLE SIX MAFIA - Smoked Out, Loced Out

, 22:56

L'historique Mystic Stylez, en 1995, n'a pas été le premier album de la Three Six Mafia. Un an avant, ils avaient préparé le terrain avec un opus précurseur, intitulé Smoked Out, Loced Out. A cette époque, le groupe n'avait que trois ans, il ne comptait que quatre membres (le trio originel formé de DJ Paul, Juicy J et Lord Infamous, renforcé récemment par Koopsta Knicca) et, n'ayant pas encore atténué l'allusion sataniste de son nom, l'ancien Backyard Posse s'appelait alors la Triple Six Mafia. Sorti sur cassette uniquement, cet album se distinguait par une qualité sonore effroyable. Et pourtant, dans son style, il était déjà un classique, ayant en germe tout ce qui ferait du groupe l'un des plus influents de l'histoire du rap.

TRIPLE SIX MAFIA - Smoked Out, Loced Out

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FUTURE - EVOL

, 23:37

L'important, pour un rappeur des années 2010, ce n'est plus la qualité, mais la quantité. Il faut savoir rester dans l'actualité, tout le temps, en permanence. Et pour cela, il faut multiplier les sorties, qu'elles soient annoncées de longue date ou surprise. Future, lui, a le mérite et la particularité d'avoir fait preuve des deux, d'excellence, et de relative constance, tout au long de 2015, en proposant à un rythme soutenu une suite de mixtapes et albums plus que notables, DS2 en étant le sommet. Il a même prolongé l'aventure au début de l'annéee suivante, par la sortie coup sur coup de deux projets, en janvier et février. Puis il semble s'être posé quelque peu, ce qui n'était pas plus mal, la lassitude commençant à poindre.

FUTURE - EVOL

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DENZEL CURRY - Imperial

, 23:12

S'il existe aujourd'hui un Internet rap, il faut en trouver la source dans l'émergence d'une poignée de collectifs prolifiques et tentaculaires à l'orée des années 2010. Odd Future est l'un d'eux, bien sûr, de même que le Raider Klan. Or, il se trouve que Denzel Curry est apparu avec le second, et qu'il a bénéficié de la bienveillance du premier, plus particulièrement celle d'Earl Sweatshirt. Même s'ils se sont émancipés de leurs mentors d'origine (Curry, par exemple, s'est embrouillé avec SpaceGhostPurrp), tous ces gens ont toujours beaucoup en commun : quelles que soient leurs provenances, ils se sont accaparé la musique, les codes et la posture nihiliste du rap sudiste en général, depuis celui développé à Memphis autour de 1995, jusqu'au style trap de la décennie 2000. Mais ils savent aussi défendre un rap lyrical, engagé et signifiant, celui qu'apprécient les fans vieillissant, les nostalgiques des années 90 et ceux qui, amateurs de rock inclus, considèrent que le rap doit avoir certaines ambitions ou velléités artistiques.

DENZEL CURRY - Imperial

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Z-RO - Solid

, 23:27

Si Joseph McVey a choisi un pseudonyme aussi modeste que Z-Ro, à contre-emploi dans le monde fanfaron du rap, c'est parce qu'il estime être venu de rien. Son pédigrée est de ceux qu'apprécie la mythologie hip-hop, celui du jeune garçon désœuvré qui a commencé dans le deal et la délinquance, avant de se faire un nom au micro. Dans le cas du Texan, cependant, le parcours a été spécialement glauque. Il a commencé par la perte de sa mère à 6 ans, qui l'a bringuebalé d'un proche à l'autre, puis s'est poursuivi par des agressions et séjours en prison. Cet homme a dégusté. Aussi, sans jamais avoir de grand destin national, a-t-il été l'un de ceux qui, dans les années 2000, a ouvert la voie à la pose du gangster vulnérable qui ne rechigne pas à parsemer ses raps durs de refrains chantés.

Z-RO - Solid

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KEVIN GATES - Islah

, 23:25

Kevin Gates a deux téléphones, prétend-il sur le "2 Phones" : un pour ses activités illicites, et l'autre pour sa vie privée. Ce single, le plus saillant de ceux issus de son premier album, situe le personnage. Il résume la posture développée au fil d'une carrière entamée il y a dix ans, à Baton Rouge, dans l'ombre des gloires locales Lil Boosie et Webbie, et qui a pris toute sa mesure avec la mixtape The Luca Brasi Story, en 2013. Kevin Gates est, par excellence, le rappeur partagé entre ses deux vies, un homme déchiré entre l'immoralisme et l'insolence d'un côté, et de l'autre une insécurité sentimentale et une sensibilité à fleur de peau. Au cœur des années 2010, Il est l'emo-gangster ultime. Et il le montre une fois encore sur Islah.

KEVIN GATES - Islah

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THE OUTFIT, TX - Cognac / Four Corner Room

, 23:58

Ils arborent les initiales de leur état, le Texas, comme une signature, mais ce n'était pas leur intention de départ. A l'origine, The Outfit, TX, s'appelait juste The Outfit, jusqu'à ce qu'un groupe de rock du même nom leur enjoigne d'en changer. L'ajout de ces deux lettres s'est avéré adéquat, tant ce trio est imprégné de l'héritage rap texan, avec sa musique cinématique doublée d'une épaisseur soul, à apprécier pleinement au volant de sa voiture. Mel Kyle, Dorian Terrell et JayHawk Walker, pourtant, ne viennent pas de Houston, la place forte du rap en ces contrées. Ils y ont fondé leur groupe, mais tout trois proviennent en fait de Dallas, une ville dont ils se veulent les porte-drapeaux. Ils y sont d'ailleurs retournés, en 2013, l'année même où ils ont sorti le double-album Cognac / Four Corner Room.

THE OUTFIT, TX - Cognac / Four Corner Room

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ROYCEBIRTH - Art On Fire!!

, 23:30

Aujourd'hui, quand on associe le rap à Toronto, on pense à Drake. Cependant, bien avant que ce dernier ne devienne une superstar et qu'il n'attire les projecteurs vers celle qu'on appelle désormais "The Six", la métropole canadienne était déjà une terre de rap. C'était, pour citer un exemple parmi bien d'autres, la base de Hand'Solo Records, un label qui, à partir 1996, a joué un rôle central au sein de l'underground canadien, et qui, aujourd'hui encore, défend avec vigueur une esthétique qu'on pourrait qualifier de "backpacker avancé" : encore très ancrée dans les années 90, mais différente, singulière, soit pour son côté loufoque, soit pour son refus des routines. RoyceBIRTH, leur dernière signature, un rappeur et beatmaker issu de Toronto même, ne déroge pas tout à fait à la règle.

royceBIRTH - Art On Fire!!

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VINCE STAPLES - Summertime '06

, 23:17

La ressemblance de la pochette de l'album de Vince Staples avec celle du Unknown Pleasures de Joy Division ne doit rien au hasard. Quand il la révéla sur Instagram, le rappeur souligna lui-même le rapprochement, entamant sa présentation par ces mots, "Love Will Tear Us Apart", soit le titre du single le plus emblématique du groupe d'Ian Curtis – et l'épitaphe qui figure sur sa tombe. Quelques semaines plus tard, à l'heure de la sortie de Summertime '06, le contenu de l'album allait confirmer cette proximité, en proposant un post-rap comme l'autre avait livré son post-punk : noir, pessimiste, décharné, avec des paroles émanant d'un esprit défaitiste et tourmenté, et une musique pesante, claustrophobe et réductionniste.

VINCE STAPLES - Summertime '06

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KAARIS - Or Noir

, 23:26

Le rap français, c'est l'enfer : il est pavé de bonnes intentions. Certains, par le passé, ont pu lui reprocher ses excès supposés. Mais la vérité, c'est qu'il s'est longtemps paré d'une certaine posture morale, fusse-t-elle contraire à celle de ses détracteurs. Longtemps convaincu qu'il avait une mission, il a souvent voulu porter un message. La France, en effet, c'est le pays du "rap conscient", c'est celui qui est resté si longtemps le regard rivé vers New-York, où a souvent sévi le hip-hop le plus social. Et puis, petit à petit, fort heureusement, tout cela a changé. Booba, la vraie star du rap d'ici, est l'un de ceux qui s'est affranchi de cet encombrant impératif. Il n'est donc pas surprenant si c'est l'un de ses collaborateurs qui, sur le tard, en 2013, a su offrir son grand classique au rap français le plus immoral.

KAARIS - Or Noir

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RAE SREMMURD - SremmLife

, 17:40

L'année rap 2015 a commencé par une décharge d'énergie juvénile. Le 6 janvier, en effet, annoncé par "No Flex Zone" et "No Type", singles fougueux et irrésistibles qui avaient déjà marqué 2014, sortait l'album de Rae Sremmurd. Les garçons derrière ce nom avaient beau ne pas être si jeunes que cela (les frères Khalif et Aaquil Brown, alias Slim Jimmy et Swae Lee, ont en fait passé la vingtaine), ils faisaient preuve ici d'une vitalité adolescente plus entendue depuis longtemps, et qui leur a valu d'être considérés comme une version réactualisée de Kriss Kross.

RAE SREMMURD - SremmLife

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THE GAME - The Documentary 2.5

, 19:14

L'année 2015 aura été marquée, pour une bonne part, par la célébration d'une ville de la banlieue de Los Angeles, Compton, et plus particulièrement de la scène rap qui y est née, il y a une trentaine d'années. Il y eut, en mars, l'unanimisme critique disproportionné autour du nouvel album de sa dernière star, Kendrick Lamar. Et puis, pendant l'été, il y eut le carton du film Straight Outta Compton, doublé de la sortie d'un album solo trop longtemps attendu, de la part de la figure tutélaire des lieux, Dr. Dre. En fin d'année, il était donc logique que The Game se joigne à son tour à la fête, et qu'il y aille de sa propre sortie. Lui aussi, après tout, est issu de Compton. Et il est la première personne à laquelle on pense, quand il s'agit de rendre hommage au passé du rap, et d'en idolâtrer les grands noms.

xxx

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A-WAX - EverLasting Money

, 18:43

Trois détails marquent sur le dernier A-Wax. Le premier est la pochette, où l'on reconnait très rapidement la patte de l'illustrateur français Hector de la Vallée, ce qui confirme les relations et la cote d'amour particulières que le rappeur californien entretient depuis quelques temps avec le public de notre pays. Le second, c'est qu'en lieu et place d'un véritable album, l'homme de Pittsburg nous offre en fait deux projets, deux EPs accolés sur le même disque, le premier étant un travail solo, le second une compilation de collaborations avec des rappeurs issus de sa base, la Baie de San Francisco, dont le seul un tant soit peu connu est Baby Bash.

A-WAX - EverLasting Money

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L'ORANGE & KOOL KEITH - Time? Astonishing!

, 16:12

Aujourd'hui, en 2015, alors que coexistent plusieurs générations de fans de hip-hop, les vétérans n'ont jamais été aussi présents. Visez donc le ramdam autour de la sortie du film Straight Outta Compton, et la couverture médiatique réservée au troisième solo de Dr. Dre. Même l'album le plus célébré cette année, le dernier de Kendrick Lamar, doit son succès au fait que cette jeune pousse s'adonne, pour une large part, à du rap de vieux. Pourtant, le doyen définitif, le plus frais, le plus vivace et le plus truculent des anciens, ne vient pas de Compton. Non, le vétéran ultime du rap n'est autre que ce bon vieux Keith Thornton, 52 ans, resté actif, prolifique et plus ou moins pertinent sur quatre décennies de l'épopée rap, comme il l'a prouvé une fois encore cette année avec son remarquable Time? Astonishing!

L'ORANGE & KOOL KEITH - Time? Astonishing!

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FATHER - Who's Gonna Get Fucked First?

, 22:56

Awful Records, qui depuis 2014 a attiré l'attention des blogs et autres médias avec son approche particulière du rap, a une figure de proue, et celle-ci répond au nom de Father (voire Fatheraintshit, à l'occasion). Le rappeur et producteur a fondé ce label et collectif, et il est celui par qui la sensation est arrivée, grâce à "Look at Wrist", un single où il partageait le micro avec iLoveMakonnen et Key!, deux autres représentants de cette génération d'artistes bizarres issus de la capitale de la Géorgie et que, par raccourci journalistique, on a appelé le New Atlanta. Il avait ensuite sorti, en septembre, le projet Young Hot Ebony. Mais c'est six mois plus tard qu'il a concrétisé pour de bon, avec l'album Who's Gonna Get Fucked First.

FATHER - Who's Gonna Get Fucked First

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