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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique › Albums Rap

Critiques et revues d'albums et mixtapes rap, hip-hop et apparenté

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LIZZO - Lizzobangers

, 23:21

Ces jours-ci, Lizzo est partout. En 2019, avec son premier succès, le single "Juice", puis la sortie de son premier opus chez une major, Cuz I Love You, on la voit dans la presse spécialisée, dans les journaux généralistes, dans les magazines de mode. Elle écume les plateaux de télévision, et elle collabore avec des personnalités du rap comme Missy Elliott et Gucci Mane. Nous sommes parvenus au terme d'un plan marketing esquissé dès 2015, quand, au moment de l'album Big Grrrl Small World, elle a rejoint Atlantic Records. Un plan qui repose sur un positionnement clair : en cette époque propice à la promotion des femmes et des différences dans le rap, Lizzo est l'incarnation de la "body positivity". Elle invite ses consœurs à assumer et à aimer leurs corps, fussent-ils tout comme le sien, noirs et obèses.

LIZZO - Lizzobangers

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KATE TEMPEST - Let Them Eat Chaos

, 23:11

Kate Tempest représente une autre tradition du rap anglais. Celle qui, en vérité, n'est pas du rap. Celle que l'on retrouve chez des Britanniques qu'on a associés bon an mal an au hip-hop, comme The Streets, mais qui, bien avant cela, a été représentée par des gens sans rapport avec cette musique, John Cooper Clarke par exemple, un homme que Kate Calvert, de son vrai nom, a par ailleurs côtoyé. Cette tradition, c'est la poésie verbale, c'est le spoken word. L'intéressée a beau se considérer comme une rappeuse et avoir débuté dans un groupe de hip-hop, Sound of Rum, elle appartient à un univers presque plus littéraire que musical, comme le prouvent ses escapades remarquées dans les livres et dans le théâtre ; comme le démontrent aussi l'intérêt du monde des arts et des lettres pour cette poétesse, ainsi que la pluie de prix et de nominations qui ont émaillé sa carrière.

KATE TEMPEST - Let Them Eat Chaos

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SISTER SOULJAH - 360 Degrees of Power

, 23:45

Sister Souljah a atteint l'objectif de la plupart des artistes : elle est entrée dans la postérité. Son nom, en effet, fait désormais partie du vocabulaire américain. Dans le monde de la politique, Outre-Atlantique, un "Sister Souljah moment" désigne une méthode de séduction des électeurs, qui consiste à désavouer les radicaux de son propre camp pour lisser son image, et conquérir ainsi les centristes et les indécis. Elle doit son nom à Bill Clinton qui, pendant la campagne présidentielle de 1992, avait dénoncé les propos d'une proche de son rival Démocrate Jesse Jackson. Sister Souljah, au cours d'une interview, venait alors de commenter les émeutes de Los Angeles par cette phrase polémique : "si les Noirs tuent des Noirs chaque jour, pourquoi ne consacreraient-ils pas une semaine à tuer des Blancs ?".

SISTER SOULJAH - 360 Degrees of Power

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FUNKY 4 + 1 - That's the Joint

, 23:05

Funky 4+1 fut l'un des grands groupes pionniers de l'épopée hip-hop. Ils furent les premiers rappeurs à décrocher un contrat avec une maison de disque, enregistrant pour Enjoy avant de rejoindre Sugarhill Records, tout comme Grandmaster Flash. Avec sa durée de plus de 15 minutes (plus encore que "Rapper's Delight"), leur premier single, "Rappin and Rocking the House" demeura longtemps le titre de rap le plus long. Et puis surtout, à la Saint Valentin 1981, en participant au Saturday Night Live à l'instigation de Debbie Harry, le quintet formé par des adolescents du Bronx fut le premier à porter le rap sur les écrans de la télé nationale américaine.

FUNKY 4 + 1 - That's the Joint

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DAVE - Psychodrama

, 22:34

L'album Psychodrama a été numéro 1 en Grande-Bretagne, une conséquence de l'engouement né autour de David Orobosa Omoregie, dit Dave, après ses premiers freestyles, puis avec la sortie de Six Paths en 2016, et de Game Over l'année suivante. Qui plus est, ce projet bénéficie d'un certain intérêt sur l'autre rive de l'Atlantique. Il n'est pas le premier, il est vrai. Depuis plusieurs années, Stormzy, Skepta et quelques autres ont capté cette même attention. Mais contrairement à eux, Dave n'est pas un rappeur grime. Avec quelques autres comme Fredo et J Hus, il renoue avec une autre tradition. Comme le London Posse, The Brotherhood ou Jehst à des époques différentes, plutôt que de représenter un genre purement national, cette nouvelle génération se contente de donner des couleurs spécifiques (accent anglais, voire tropisme jamaïcain), au modèle nord-américain dominant.

DAVE - Psychodrama

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AKUA NARU - ...The Journey Aflame

, 23:02

Au petit royaume du rap respectable, Akua Naru est un fantasme, elle est un rêve éveillé. La rappeuse originaire de New Haven, Latanya Hinton de son vrai nom, coche toutes les cases. Son hip-hop est calme, sensuel et sensé. Il est fermement ancré dans la noble tradition de la musique afro-américaine, celle du jazz, de la soul et du boom bap des années 90. Il est poétique, au point de verser parfois dans le spoken word. Il côtoie d'autres figures du rap arty et lettré, par exemple Elzhi, Questlove, Rah Digga et Ursula Rucker. Il est intellectuel, comme le prouvent les nombreuses conférences en université auxquelles la rappeuse a été conviée, ou la présence de la professeure Tricia Rose sur un de ses albums. Il est ouvert sur le monde, notre Américaine d'origine ghanéenne ayant collaboré avec de grands noms de la musique africaine comme Angelique Kidjo et Tony Allen, tout autant qu'avec des Européens, dont les Français Wax Taylor et Ben L’Oncle Soul.

AKUA NARU - The Journey Aflame

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CASEY - Libérez la Bête

, 22:52

Souvent, à propos de Casey, on cite son insistance à prétendre qu'elle pratique du rap de fils d'immigrés, plutôt que du rap français. Comme pour donner raison à ceux qui le dénigrent parce qu'il est une musique de métèques, comme pour mieux conforter ceux qui nourrissent à son encontre une image caricaturale, elle s'affiche avec ses textes, sa voix rude et son ton malcommode comme une teigne agressive, tapant sans grande nuance sur tout ce qui fait mal : passé esclavagiste et colonial en tête, présent raciste juste après. De ce fait, il y a quelque chose d'absolument désolant dans le rap de victime qu'elle pratique, tout comme chez La Rumeur, dont elle est proche. Oui mais, comme eux, elle excelle dans ce registre.

CASEY - Libérez la Bête

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SADA BABY - Bartier Bounty

, 22:36

Pour ceux qui, en 2017, ont découvert Skuba Sada et Dat One Nigga, il n'y avait pas l'ombre d'un doute : le prochain Sada Baby allait être l'album rap le plus attendu de 2018. A une époque dont on se souviendra plus tard comme l'âge d'or de la scène de Detroit, le barbu furieux que Tee Grizzley avait pris sous son aile apportait exactement ce qu'il lui fallait au rap de rue local : une voix furieuse, un style débordant de folie, une euphorie si difficile à contenir qu'elle se traduisait, dans ses vidéos, par d'étranges danses démantibulées. "Bloxk Party", une collaboration avec Drego, n'a fait ensuite que décupler cette attente. Il a pourtant fallu prendre son mal en patience, car ça n'est qu'en 2019 qu'est finalement sorti Bartier Bounty. Mais cela n'est pas bien grave : car pour l'essentiel, il déçoit peu.

SADA BABY - Bartier Bounty

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NADIA ROSE - Highly Flammable

, 23:11

Le grime est parfois une affaire de famille. Nadia Rose, par exemple, est la cousine de Stormzy. Elle a grandi à deux pas de chez lui à Croydon, dans le Sud du Grand Londres. Elle est aussi la fille d'un DJ et MC de dancehall. Logiquement, donc, à l'âge de 13 ans, elle s'est mise elle-même à l'écriture, avec assez de talent et de suite dans les idées pour que certains de ses morceaux, son freestyle sur "Station", ou son appropriation réussie d'un beat de DJ Mustard sur "D.F.W.T", fassent monter la sauce et attirent l'attention de l'industrie du disque. Tout cela s'est soldé par un contrat chez Sony, et en 2017 par un projet officiel, un EP intitulé Highly Flammable, porté par l'excellent single "Skwod", et par une vidéo très chorégraphiée, tournée dans la rue avec une ribambelle d'autres demoiselles.

NADIA ROSE - Highly Flammable

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COOKIE MONEY - Rich Orphan

, 22:43

Cela fait plusieurs années que Cookie Money ajoute son nom à la longue liste des rappeurs de la Bay Area. Ce garçon, aperçu tout d'abord auprès des Angelenos YG et DJ Mustard (c'est ce dernier qui l'aurait encouragé à passer au rap), et que l'on associe souvent à Philthy Rich (ils ont livré ensemble un Philthy Money EP), sort des mixtapes depuis 2014. Au fil de ces dernières, on l'a vu côtoyer des références comme Boosie Badazz, E-40, Rich the Kid, Young Dolph et Zaytoven. En 2017, le single "Pops Died Last Week" (c'était la réalité, son père venait de mourir) ainsi qu'un projet remarqué, Cookie World 2.5, l'ont aidé à devenir plus visible, puis il a confirmé en 2018 avec l'un des projets rap mémorables de l'année, Rich Orphan.

COOKIE MONEY - Rich Orphan

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CHARLI BALTIMORE - The Diary (You Think You Know)

, 22:10

Le personnage maudit du rap féminin, c'est elle, Charli Baltimore. A deux reprises au moins, elle sembla programmée pour le succès en raison de quelques tubes, mais à chaque fois, la machine s'est enrayée. La première occasion, ce fut au milieu des années 90, quand elle devint la maîtresse et la protégée de Notorious B.I.G., et qu'il voulut monter The Commission, un super-groupe avec Puff Daddy, Jay-Z, Lil Cease, elle et lui. La seconde survint un peu plus tard, au début de la décennie 2000, quand ce fut au tour d'Irv Gotti de la prendre sous son aile chez Murder Inc., et de produire le single à succès "Down 4 U" avec Ja Rule, Ashanti et Vita. Cependant, les albums que la rappeuse aux cheveux rouges (voire blonds) aurait dû sortir au terme de ces périodes fastes n'ont jamais vraiment vu le jour.

CHARLI BALTIMORE - The Diary (You Think You Know)

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BBYMUTHA - Muthaz Day 3

, 22:40

La mère n'existe pas, en musique. Ou plutôt, quand elle existe, c'est par le regard et les hommages de ses enfants, comme souvent dans le rap depuis "Dear Mama" au moins. Mais il est rare qu'elle s'exprime. Et pour cause. Pour les rappeuses, et plus généralement pour toutes les chanteuses, la maternité est le moment où l'on se retire. Elle est l'une des raisons pour lesquelles, chroniquement, les femmes sont moins nombreuses en musique. Fini les pitreries, les enfants deviennent une priorité. Alors que les hommes, ces branquignoles, ça ne les dérange pas de de laisser bobonne et bébé à la maison. Brittnee Moore, toutefois, est une exception.

BBYMUTHA - Muthaz Day 3

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THE CONSCIOUS DAUGHTERS - Ear to the Street

, 23:00

C'est parait-il à cause de leur nom que Paris se serait intéressé à The Conscious Daughters (TCD). Le terme "conscious", dont la traduction approximative la plus fiable pourrait être quelque chose comme "engagé", aurait attiré l'attention de celui qui, au milieu des années 90, portait le plus haut l'étendard du rap politique. Il l'aurait poussé à écouter attentivement l'une de ces démos que Carla Green (alias CMG) et Karryl Smith (alias Special One), deux amies d'enfance basées à Oakland, distribuaient alors pour se faire connaître. Convaincu, le rappeur de San Francisco avait ouvert les portes de son label, Scarface Records, à ses deux consœurs de la Bay Area, puis il avait produit l'intégralité de leur premier album.

THE CONSCIOUS DAUGHTERS - Ear to the Street

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MC TROUBLE - Gotta Get a Grip

, 22:49

Aujourd'hui, Motown aime le rap. C'est chez ce label, le plus vénérable de la Black Music, qu'on retrouve Migos et Lil Yachty. Plus généralement, son association avec Quality Control lui permet d'être plus ou moins à la pointe de qui se fait au Sud. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. A l'origine, la vieille garde de la musique afro-américaine dans son ensemble avait regardé avec incompréhension, voire hostilité, l'apparition de ce nouveau genre, laissant à des labels spécialisés comme Sugar Hill, Profile, Tommy Boy et Def Jam le soin de sortir ses premiers grands disques. Mais avec le succès du rap à la fin des années 80, l'illustre maison avait bien dû s'y mettre, avec des gens tels que le producteur et rappeur Jesse West, alias 3rd Eye, ou un peu plus tard M.C. Brains, connu pour son titre "Oochie Coochie".

MC TROUBLE - Gotta Get a Grip

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GOONEW - Goonrich Urkel

, 22:51

Le silence est plus crispant que le bruit. Le murmure est plus angoissant que les cris. C'est semble-t-il ce qu'a réalisé Goonew, valeur montante de DMV, cette aire centrée sur Washington dénommée d'après les Etats que son métro traverse. Ses récits sombres et menaçants de dealer, ce rappeur les susurre, d'une façon inquiétante. Ses raps, il les déclame d'un trait, sans pause, et off-beat. Et pour que la pesanteur soit à son comble, il est souvent accompagné par les beats sinistres et chiches de Cheecho, le producteur qui a défini le son de cette scène.

GOONEW - Goonrich Urkel

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ISIS - Rebel Soul

, 22:46

Il fut un temps, désormais presque oublié, où s'affirmait au cœur du hip-hop toute une mouvance afro-centriste. S'y agitait tout un tas de rappeurs engagés, descendus en droite ligne des nationalistes noirs des décennies précédentes, et qui agrémentaient leurs prises de position politiques de considérations millénaristes et complotistes plus ou moins sérieuses. Cette tendance, nul ne l'a représentée de façon aussi éclatante et systématique que le X Clan, dont l'un des chefs de file, Professor X, était le fils d'un célèbre activiste afro-américain, Sonny Carson. Ils l'ont illustrée sur leurs albums, tout comme sur ceux de leur Blackwatch Movement, un collectif qui avait par ailleurs la particularité d'abriter deux femmes.

ISIS - Rebel Soul

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QUEEN PEN ‎- My Melody

, 23:13

Le premier album de Queen Pen, My Melody, est un disque honnête, mais il n'a sans doute pas rempli toutes les ambitions de la New-yorkaise. Lynise Walters, en effet, pouvait espérer mieux. En 1997, elle venait tout juste de connaître indirectement le succès en rappant avec Dr. Dre sur le "No Diggity" de Blackstreet, le single qui, en 1996, avait détrôné la "Macarena" des charts américains. Et elle avait été signée par le membre le plus éminent du groupe R&B, Teddy Riley, sur son label Lil' Man. Mais ses albums ne suffiront pas à en faire une star durable. Plus tard, comme pour donner raison à son pseudonyme, elle se tournera vers l'écriture de romans, et ce sont ses deux fils qui se mettront au rap à leur tour.

QUEEN PEN ‎- My Melody

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KNOWLEDGE THE PIRATE - Flintlock

, 22:26

Si Roc Marciano a brillé en 2018, ce n'est pas seulement à cause de sa productivité personnelle et de la qualité de ses sorties, toutes deux exceptionnelles. C'est aussi par celles de ses proches. C'est en tout cas vrai pour Knowledge the Pirate, un rappeur dont le nom nous est désormais familier, à force de le voir figurer sur toutes les sorties de Marci depuis Reloaded en 2012, mais dont on ne connaissait pas encore de sortie propre. Depuis quelques mois, celle-ci existe enfin, sous la forme d'un album, Flinlock qui file la métaphore du flibustier (ce titre est le nom de leur pistolet emblématique), et dont l'ancien du Flipmode Squad, à égalité avec Elemnt et Mushroom Jesus, a assuré une partie substantielle de la production.

KNOWLEDGE THE PIRATE - Flintlock

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LEIKELI47 - Acrylic

, 22:17

Parlons manucure. Les hommes parmi vous l'ignorent peut-être, mais il existe deux types de faux-ongles : les ongles en gel et les ongles en acrylique. Les premiers ont pour avantages d'être plus brillants et de sembler plus naturels, mais les seconds sont plus solides, et ils sont moins chers. Ces deux types d'ongles sont aussi, quelque part, un marqueur social. Alors que la première catégorie est l'apanage des riches, l'autre, qui a pour caractéristique de dégager des odeurs chimiques assez notables, a la faveur des communautés les moins favorisées, en particulier les Afro-américains. Comme Leikeli47 le dit : ils sentent les quartiers. Tel est d'ailleurs le thème du morceau qu'elle a intitulé d'après cette matière : sur une musique minimaliste, l'odeur de l'acrylique y est un prétexte pour évoquer un voisinage fait de débrouille, de contrôles policiers et de familles monoparentales.

LEIKELI47 - Acrylic

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THE LADY OF RAGE - Necessary Roughness

, 12:27

Si l'on cherche une preuve que les femmes ont toujours été les sacrifiées du rap, alors The Lady of Rage est celle qu'il nous faut. Au début des années 90, un avenir radieux lui était promis. Parce qu'elle était la rappeuse de Death Row Records, elle contribua à ses deux albums les plus emblématiques, ceux de Dr. Dre et de Snoop Doggy Dogg, et elle eut droit en 1994 à son propre tube, "Afro Puffs", un single produit par Daz Dillinger et extrait de la BO de Above the Rim, qui faisait référence à sa coiffure (elle arborait en effet des couettes afro). Forte de cette place au premier plan, il fut question qu'elle sorte son solo après The Chronic, puis après Doggystyle. Mais Suge Knight avait d'autres priorités. Il choisit d'investir d'abord sur Tha Dogg Pound, puis sur 2Pac. Son album ne vit donc le jour qu'en 1997.

THE LADY OF RAGE - Necessary Roughness

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