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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique › Albums Rap

Critiques et revues d'albums et mixtapes rap, hip-hop et apparenté

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GANGSTA BOO - Enquiring Minds

, 22:49

Three 6 Mafia a été le groupe de tous les excès. Et s'il en est un pour lequel, plus que tout, il a été vilipendé, il s'agit bien de la misogynie. Glorification des proxénètes, objectivation de la femme, fascination sordide pour les strip-clubs… Juicy J, DJ Paul et les autres nous ont tout fait en la matière, et jamais avec le dos de la cuillère. Et pourtant, parmi eux, figurait une femme ; une adolescente même, puisque Lola Mitchell, alias Gangsta Boo, les avait rejoints alors qu'elle avait à peine 16 ans. Et forcément, pour survivre dans un tel entourage, elle n'avait eu qu'une option : les imiter, se montrer à la hauteur, donner plus de coffre encore à leur rap gangsta paroxysmique, devenir outrancièrement agressive.

GANGSTA BOO - Enquiring Minds

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QUEEN LATIFAH - All Hail the Queen

, 22:57

Le terme n'existait pas encore quand elle est apparue, mais Queen Latifah fut la première rappeuse "consciente". Plus précisément, c'est à la cause des femmes qu'elle fut souvent associée, en raison notamment du titre "U.N.I.T.Y.", sorti en 1993, et qui est devenu le grand hymne féministe du rap. Un tel engagement fait sens, au regard du parcours de Dana Owens. Celle-ci, une native du New Jersey qui prit pour nom de scène un mot arabe signifiant "sensible", ou "délicat", a été d'abord inspirée par le chantre de la Zulu Nation, Afrika Bambaataa. Elle a débuté sa carrière dans le hip-hop par un groupe de filles, Ladies Fresh (sa discipline était alors le beatboxing !), puis a rejoint plus tard le collectif Native Tongues, les grands représentants de la face la plus arty, afro-centrique et progressiste du rap.

QUEEN LATIFAH - All Hail the Queen

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5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

, 13:03

Il y a fort longtemps, en 1991, à Truro, dans ce nulle part hip-hop qu'était la province canadienne de Nouvelle-Ecosse, fut fondé un groupe appelé Hip Club Groove. Celui-ci, alors confidentiel, fut en quelque sorte la matrice d'une scène qui, quelques années plus tard, à la grande époque des labels de rap indépendants, aurait son quart d'heure de gloire : celle d'Halifax. Ce groupe, en effet, avait été cofondé par DJ Moves et Checklove, Sixtoo avait fait un temps partie de l'aventure, tout comme Gordski, le futur producteur des Goods, et il collaborait souvent avec un certain Stinkin' Rich, futur Buck 65. Tous ces gens, le temps venu, referont parler d'eux, avec plus ou moins d'écho, Checklove en tant qu'acteur, sous son vrai nom de Cory Bowles, et tous les autres dans la musique.

5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

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SHAWNNA - Worth tha Weight

, 22:05

Shawnna s'est d'abord fait connaître par la filière sudiste. C'est en effet via Ludacris et son label, Disturbing tha Peace, qu'elle s'est retrouvée chez Def Jam. C'est grâce à un duo avec le même, "What's Your Fantasy", qu'elle a attiré l'attention en 2000, et grâce à un autre single avec lui, "Stand Up", en 2003, qu'elle a été l'une des rares rappeuses (encore aujourd'hui) numéro 1 aux USA. La jeune femme, cependant, provenait de Chicago. En 1999, en tant que membre du duo féminin Infamous Syndicate, elle avait même sorti un album, Changing the Game, avec deux producteurs emblématiques de sa ville : No I.D., et un Kanye West alors méconnu. Par ailleurs, histoire de confirmer son ancrage local, Rashawnna Guy était la fille d'un des plus illustres bluesmen du cru : Buddy Guy.

SHAWNNA - Worth tha Weight

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KODAK BLACK - Heart Break Kodak

, 23:16

Depuis quelques mois, nous observons une bien vilaine chose dans l'évolution de la critique musicale : le retour de la morale. Vu que le rap a gagné, puisque ses détracteurs ont été défaits, on est passé à une autre stratégie : séparer l'acceptable du mauvais, distribuer les bons points. Comme il n'est plus possible de combattre cette musique qui est maintenant partout, alors qu'elle accepte au moins de se plier aux règles de la bienséance, alors qu'elle soit adulte et responsable. Qu'en soient distingués ses premiers de la classe, ses gendres idéaux, ceux dont le mot d'ordre répond à un impératif progressiste, Kendrick Lamar par exemple. Et que soient voué aux gémonies les rustres comme Kodak Black, ces gens au comportement hautement répréhensible, ces agents du diable.

Kodak Black - Heart Break Kodak

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ICEWEAR VEZZO - Price Goin Up

, 22:25

En 2014, Eminem clôturait sa compilation Shady XV par "Detroit vs. Everybody", un posse cut avec Royce da 5'9", Big Sean, Danny Brown, Dej Loaf et Trick-Trick, présenté comme un hymne en l'honneur de la scène de Detroit. Cependant, comme ce morceau ne suffisait pas, comme il ne présentait qu'un tout petit échantillon de la scène rap de la Motor City, un remix apparut plus tard, avec cette fois une quinzaine de figures locales. Les plus célèbres, Guilty Simpson, Black Milk et Boldy James, provenaient de la première manifestation du rap de la ville : celle qui était ancrée dans le boom bap, et qui avait partie liée avec la tradition backpacker. Mais quelques autres personnes s'y exprimaient, plus modernes, plus représentatives du son qui désormais, domine Detroit, comme IceWear Vezzo.

ICEWEAR VEZZO - Price Goin Up

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RAPSODY - Laila’s Wisdom

, 23:56

Le remarquable accueil rencontré par Laila's Wisdom, le dernier Rapsody (une rappeuse depuis toujours prisée par la critique, mais jamais à une telle échelle), s'explique en deux mots : Roc Nation. Depuis 2016, en effet, celle dont le vrai nom est Marlanna Evans a rejoint le label de Jay-Z, et ce disque en a été la première manifestation. L'autre raison est similaire à celle qui explique le succès d'un autre rappeur : Kendrick Lamar. Comme ce dernier, avec qui elle collabore depuis plusieurs années, Rapsody livre un rap "lyrical", ancré dans l'héritage culturel afro-américain et le classicisme des années 90 (et qui plait donc à des critiques et décideurs formés en cette décennie-là), mais pas anachronique pour autant.

Rapsody - Laila’s Wisdom

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BERNER - The Big Pescado

, 22:43

Berner est, avant tout, un entrepreneur, mais son champ d'intervention n'est pas tout à fait anodin : ses lignes de vêtements mises de côté, c'est dans la weed, en voie de dépénalisation en plusieurs endroits des Etats-Unis, que notre Californien d'origine mexicaine, Gilbert Milam de son vrai nom, a décidé d'investir. Etabli à San Francisco, il possède plusieurs dispensaires de marijuana médicale, il a lancé marijuana.com, qu'il présente comme l'Instagram de cette herbe, et il s'est associé aussi à des généticiens en quête de nouvelles variétés de cette substance.

BERNER - The Big Pescado

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NEILA - Better Late Than Never

, 22:38

A l'ouest des Etats-Unis, il y a la West Coast. Et plus loin encore que la West Coast, il y a Hawaï. C'est de cet archipel que la rappeuse Laura Yang, dite Neila, est originaire. Mais c'est bel et bien à une scène rap californienne qu'elle a été associée, celle, grouillante et prolifique, structurée par le rappeur, DJ, producteur et multi-activiste Deeskee, autour du site LA2theBay. C'est vers 2003, dans l'entourage de ce dernier qu'elle est apparue, en contribuant à son album Blacklight Sessions, au bénéfice du très beau titre "The Dream". Et depuis, Neila n'a jamais cessé de sortir des projets, jusqu'au récent Analog Jewelery, en 2017.

NEILA - Better Late Than Never

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SADA BABY - Skuba Sada

, 23:20

En matière de rap, 2017 a été l'année de Detroit ; en tout cas celle de l'explosion de la scène locale, de cet underground gangsta qui serait l'héritier de l'influent Blade Icewood, décédé une décennie plus tôt. Et à Detroit, 2017 aura été l'année de Sada Baby, alias Skuba Steve. S'il est apparu récemment, en tournée, comme la doublure du rappeur le plus médiatisé de sa ville en ce moment, Tee Grizzley, c'est lui qui des deux (et de tous leurs comparses), mérite le plus d'égards. Après une année 2016 qui a été celle de la révélation, avec le single "Stacy", ce rappeur, dont le signe physique distinctif est une barbe imposante, n'a pas seulement sorti un projet remarquable, mais deux : Skuba Sada, puis D.O.N. - Dat One Nigga.

SADA BABY - Skuba Sada

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ANDRE NICKATINA & MAC DRE - A Tale of Two Andres

, 23:09

Dans cet univers en soi qu'est la scène rap de la Bay Area, deux Andre, nés tous deux en 1970, se sont fait une place de choix. Le premier, c'est Andre Adams, connu d'abord sous le nom de Dre Dog, puis sous celui d'Andre Nickatina, qui depuis son apparition au début des années 90 au sein du groupe I.M.P, a fait preuve de constance, s'investissant dans la conception de plusieurs albums remarquables, tout comme dans celle de films. Le second, c'est Andre Hicks, alias Mac Dre, qui a eu au contraire une carrière accidentée, entrecoupée de soucis judiciaires, et dont la longévité ne fut pas la même. En effet, il fut assassiné en 2004, au sortir d'un concert à Kansas City, par un homme toujours pas identifié.

ANDRE NICKATINA & MAC DRE - A Tale of Two Andres

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BOSS - Born Gangstaz

, 22:33

De nos jours, Detroit est l'une des villes les plus actives et les plus excitantes sur le front du rap. Depuis vingt ans et un certain Eminem, elle peut également se targuer d'avoir livré à cette musique l'une de ses plus grandes stars. Mais avant, c'était une autre histoire. Active depuis les années 80, la scène locale a d'abord été totalement ignorée. Et c'est précisément pour cette raison, qu'à cette époque, deux jeunes filles issues de cette scène avaient décidé d'aller tenter leur chance ailleurs. Lichelle "Boss" Laws, la rappeuse, et Irene "Dee" Moore, son DJ, s'étaient alors relocalisées à Los Angeles. Le succès n'était pas venu tout de suite. Les deux partenaires avaient d'abord dû endurer des conditions de vie délicates dans le contexte hostile de South Central. Mais avec le temps, leur persévérance paya.

BOSS - Born Gangstaz

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AD & SORRY JAYNARI - Last of the 80's

, 22:42

Souvent, parce qu'il est garni de sons funky et rempli de basses souples, le rap West Coast est perçu comme doux, fluide, chaleureux. Il est si confortable que, parfois, en dépit de paroles qui le sont rarement, il paraît inoffensif. Il lui arrive même de devenir une sorte d'easy listening hip-hop. Cette approche, cependant, n'est pas celle d'Armand Douglas. Rappeur de Compton signé sur la nouvelle mouture du label Priority Records, affilié aux Crips, et plus connu sous le nom d'AD, celui-ci crie ses raps, plutôt qu'il ne les chantonne. Il s'époumone, et il préfère les sons qui cognent, qu'ils s'inspirent du récent style ratchet ou, au contraire, qu'ils cherchent à renouer avec l'époque d'avant le g-funk, à ce rap californien urgent de la fin des années 80, auquel semble se référer ce projet.

AD & SORRY JAYNARI - Last of the 80's

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