Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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MICK JENKINS - The Water(s)

, 17:47

Buvez plus d'eau. Tel est le mot d'ordre étrange qui accompagne cette mixtape signée Jayson "Mick" Jenkins. The Water(s), en effet, a pour particularité de filer la métaphore aquatique. Sur le morceau du même nom, qui détaille le concept qu'il cherche à défendre, le rappeur affirme la supériorité de l'eau sur l'or, soit celui de la spiritualité sur le matérialisme, du mouvement sur l'inertie, de la pureté sur l'avilissement. Autrement dit, dans une ville connue aujourd'hui pour le nihilisme de Chief Keef et du mouvement drill, Mick Jenkins évolue à l'autre extrémité de la scène rap de Chicago, dans les pas de l'ancêtre Common et de son rap conscient.

MICK JENKINS - The Water(s)

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KANYE WEST - My Beautiful Dark Twisted Fantasy

, 23:44

On peut dire ce que l'on veut de Kanye West, mais pas qu'il laisse indifférent. Il provoque soit l'admiration, soit la moquerie, et parfois les deux à la fois. Quant aux papiers le concernant, ils crient aussi souvent au génie qu'ils soulignent le mauvais goût du rappeur et producteur. Et quoi de plus logique, puisque génial et de mauvais goût, Kanye West est précisément les deux, que ces caractéristiques sont chez lui indissociables. Cette contradiction, propre au personnage, nul album ne l'illustre mieux que My Beautiful Dark Twisted Fantasy, son plus emblématique, le plus représentatif de son ambition démesurée et de ses rêves artistiques.

KANYE WEST - My Beautiful Dark Twisted Fantasy

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OPEN MIKE EAGLE - Unapologetic Art Rap

, 22:46

Unapologetic Art Rap. Du rap arty impénitent. Voici comment Open Mike Eagle, en 2010, a voulu intituler son album. A la manière d'un manifeste, celui d'un hip-hop sophistiqué et à velléités artistiques, l'année même où, marqué par le triomphe d'un Waka Flocka Flame, c'est son contraire exact, un rap sauvage, brutal et viscéral, qui a semblé vouloir triompher. Alors âgé de 30 ans, Michael Eagle II était bel et bien la bonne personne pour porter ce projet, lui qui est un proche de Nocando et de son Hellfyre Club, incarne comme lui la dernière génération du Project Blowed, a sorti des albums sur tous les labels rap indé qui comptent (Mush, Fake Four, et plus récemment Mello Music) et, avant même de rejoindre la Californie, a été à la fin des années 90 un proche des Nacrobats et de Pugslee Atomz, acteurs fondamentaux et fondateurs de l'underground rap de Chicago.

OPEN MIKE EAGLE - Unapologetic Art Rap

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COMPILATION - The Mobb Tape

, 23:39

L'un des rappeurs marquants de l'année 2013, grâce à la sortie le même jour des mixtapes Rich B4 Rap et Heroin Music, ZMoney ne s'arrête pas en si bon chemin. Le Chicagoan a beau être pris par ses activités entrepreneuriales (avant même de rapper, notre homme investissait dans l'immobilier, et il vient d'ouvrir un restaurant intitulé Emma, en hommage à sa grand-mère et à sa cuisine), il n'en oublie pas de délivrer sur le plan musical. Pour 2014, en effet, il nous a promis rien de moins que 3 nouvelles tapes, et il a proposé dès janvier une compilation de morceaux de son propre collectif, la 4Ever Paid Nation.

COMPILATION - The Mobb Tape

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CHIEF KEEF - Back From the Dead

, 23:19

Nul hasard si, en février 2014, Chief Keef a annoncé la parution prochaine d'une mixtape intitulée Back From the Dead 2. Si la figure de proue de la drill music présente celle-ci comme une suite à la sortie qui, en 2012, avait accompagné son arrivée au grand jour, c'est sans doute qu'il veut faire oublier une année 2013 marquée avant par ses frasques et par des mixtapes en demi-teinte. C'est aussi, avec un peu de chance, qu'il cherche à renouer avec le succès de cette sortie événement, la meilleure à ce jour du très jeune rappeur de Chicago.

CHIEF KEEF - Back From the Dead

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LIL HERB - Welcome to Fazoland

, 23:13

Jusqu'ici, c'est en duo qu'ont avancé Lil Herb et Lil Bibby. C'est ensemble que ces deux représentants de la scène drill de Chicago ont livré leur première mixtape, Heir Apparents, considérée par certains comme l'une des plus notables de l'année passée : malgré quelques projets dans les cartons, ils ont pris leur temps avant de se lancer en solo. Lil Bibby est celui qui a tiré le premier, fin 2013, avec Free Crack, mais celui qui s'en sort le mieux, c'est l'autre, avec un Welcome to Fazoland qui est sans doute, avec le Back From The Dead de Chief Keef et le Signed to the Streets de Lil Durk, l'une des toutes meilleures choses à nous être venues de Chiraq, et une confirmation que la drill music n'aura pas été qu'un feu de paille.

LIL HERB - Welcome To Fazoland

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ZMONEY - Rich B4 Rap

, 18:10

Si l'on examine de près les rappeurs placés sous le feu des projecteurs en 2013, on remarque que beaucoup, de Chief Keef à Chance the Rapper, proviennent de Chicago. On observe aussi que certains autres personnages en vue aiment à se présenter comme des types bizarres et dérangés. Rien de plus logique donc, si ZMoney, qui cumule les deux caractéristiques, a gagné sa place parmi les hommes de l'année. Issu lui aussi de la Windy City, le jeune rappeur affiche un goût certain pour les comptines post-trap déglinguées, comme l'illustre son titre emblématique, "Regular", une rengaine irrésistible illustrée par une vidéo où notre homme s'affiche avec ses potes, arborant sur le front un sparadrap très seyant.

ZMONEY - Rich B4 Rap

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MAINTENANCE CREW - Eternal Sunshine of the Simple Mind

, 22:48

Issu de Chicago, Maintenance Crew ne se distinguait pas du rap finalement conventionnel qui se pratiquait sur la scène indé de la Windy city, et au-delà, dans l’ensemble du Midwest. Le premier album du trio, Eternal Sunshine of the Simple Mind, était fait tout entier de bonnes vieilles boucles jazzy, de scratches épars et bien dosés, de raps graves et engagés pleins de chroniques de la vie chicagoane, d’épisodes biographiques introspectifs et de politique qui sentaient bon le spoken word. Il s’inscrivait dans la lignée de labels comme Rhymesayers et Galapagos4. Ca n'était que du connu, de l’éprouvé. Mais Dieu que c'était bon.

MAINTENANCE CREW - Eternal Sunshine of the Simple Mind

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THE CANKLES - Goddamn!!

, 22:23

De prime abord, on aurait juré avoir affaire à du rap éclectique en provenance d’Outre-Manche, en découvrant les Cankles. Mais non, ces gens-là sortaient en fait d'Amérique. De Chicago, même, plus précisément, une ville qui nous avait habitués à un underground rap certes riche et foisonnant, mais de facture plutôt classique, des Molemen aux All Natural, en passant par les artistes Galapagos4. C'est pourtant dans l’entourage de ces derniers qu'étaient apparus les six ou sept membres principaux de ce groupe éphémère et à géométrie variable.

THE CANKLES - Goddamn!!

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QWEL & MAKER - Beautiful Raw

, 22:28

Ils n'avaient donc pas tout dit. Responsables en commun de quelques grands moments de l'underground rap des années 2000, notamment avec l'excellent The Harvest, le duo a remis ça, près d'une décennie plus tard. Qwel, rappeur du trio Typical Cats, MC façonné à l'épreuve des scènes battles de Chicago, et Maker, le producteur le plus fin de la grande famille Galapagos4, ont ajouté en 2013, dans la même confidentialité qu'autrefois, une autre pièce de choix à leur discographie.

QWEL & MAKER - Beautiful Raw

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MAKER - Honestly

, 23:02

Originaire d'Aurora, à quelques dizaines de kilomètres de Chicago, Marco Jacobo creusait la même veine que les producteurs de l'écurie Galapagos4. Son premier album évoquait d'ailleurs le Leo Vs. Pisces sorti par Meaty Ogre au même moment. Dans un cas comme dans l'autre, c'était un travail habile réalisé à base de samples, ainsi qu'une alternance bien sentie de titres rappés et de plages sans parole. Les deux hommes se connaissaient bien, d'ailleurs, puisqu'ils avaient enregistré un disque commun (Meet your Maker Vol. 1). Et Birthwrite Records, le label de Pugslee Atomz, où sortait cet album, Honestly, était en quelque sorte le jumeau de Galapagos4. Pourtant, par sa finesse, Maker se distinguait de la plupart des autres beatmakers qui composaient cette scène.

MAKER - Honestly

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TREE - Sunday School II - When Church Lets Out

, 22:31

Il y a deux sortes de mixtapes réussies. Celles qui captent les rares moments d'inspiration de rappeurs moyens, mais qui se montreront finalement sans suite. Et puis il y a les autres, celles qui annoncent de vrais nouveaux talents, celle grâce auxquelles on découvre des artistes avec un grand "a", capables de reproduire plusieurs fois le même exploit, voire de le dépasser. Le Sunday School de Tree, sensation 2012 au sein de la blogosphère rap, pourrait bien appartenir à cette seconde catégorie. Sa suite immédiate, en effet, est une totale confirmation.

TREE - Sunday School 2 - When Church Lets Out

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TREE - Sunday School

, 10:25

Qu'est-ce qui sépare Tree, dont la mixtape Sunday School a été l'un des succès critique de 2012, des autres rappeurs de Chicago qui ont marqué l'année, de tous ces Chief Keef, King Louie et Lil Reese qui ont fait le buzz avec leur drill music ? La réponse est simple : 10 bonnes années de plus. Bientôt trentenaire, le rappeur et producteur Tremaine Johnson, de son vrai nom, nous offre un rap plus mature et moins nihiliste, de la profondeur dans les paroles, des commentaires sociaux et un goût, à l'ancienne, pour des samples à forte teneur soul. Cependant, que ceux qui n'ont pas encore découvert Tree n'imaginent pas avoir affaire à un "rap conscient" à la mode des années 90. Sa formule à lui, est plus contemporaine, elle est même inédite. Il en a fait un nouveau genre à part entière, qu'il a baptisé la soul trap.

TREE - Sunday School

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SERENGETI - Family and Friends

, 23:14

Cela fait un moment déjà que Serengeti traine ses guêtres dans le milieu du rap indé. Depuis Dirty Flamingo en 2003, il a même été particulièrement prolifique, allant jusqu'à sortir quatre albums en 2006, dont le conceptuel Dennehy. Longtemps, le rappeur de Chicago, David Cohn de son vrai nom, est resté un second couteau, mais à force de persévérance, il s'est fait un trou, passant chez Anticon à l'occasion de son deuxième duo avec Polyphonic, Terradactyl (2009), formant un trio appelé S / S / S, avec Son Lux, du même label, et Sufjan Stevens, et sortant finalement, en 2011, son album le plus accessible et le plus séduisant.

SERENGETI - Family and Friends

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JAY-Z & KANYE WEST - Watch the Throne

, 22:47

Voir Jay-Z, et plus tard Kanye, s'imposer tout au long des années 2000 comme les monarques absolus du hip-hop, avait quelque chose d'anachronique. Quelles qu'aient été les velléités d'expérimentation du second, les deux hommes, adeptes du bling bling et amoureux du beau sample, demeuraient des héritiers du rap des années 90. Au fond, seule la relative mauvaise passe traversée par le rap au début du deuxième millénaire expliquait et légitimait leur suprématie. Mais en 2011, alors qu'on parle d'une renaissance et que l'underground grouille de nouveaux talents, les deux rappeurs ont-ils encore de bonnes raisons d'occuper leur trône ?

JAY-Z & KANYE WEST - Watch the Throne

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KING LOUIE - Drilluminati

, 23:20

La sortie quasi concomitante de Finally Rich et de Drilluminati, en décembre 2012, ne doit sans doute rien au hasard. Alors que le très jeune Chief Keef répondait par un premier album sur major à l'engouement pour la drill music de Chicago, le plus âgé King Louie sortait une mixtape au nom manifeste, comptant elle aussi quelques tubes et des invités de marque (Juicy J, Pusha T), comme pour rappeler qu'il avait été, bien avant le buzz, le pionnier de cette scène, et réclamer son dû.

KING LOUIE - Drilluminati

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CHIEF KEEF - Finally Rich

, 23:19

Il y a deux manières de critiquer l'album de Chief Keef. Il y a la première, celle des vieilles barbes du hip-hop, qui vont railler comme à leur habitude les beats pompiers, les thèmes convenus, l'immaturité, les provocations gratuites et les raps sans virtuosité de la nouvelle génération. Et puis il y a l'autre, plus recevable, qui consiste à proclamer que Finally Rich ne remplit pas tout à fait les promesses tenues tout au long de 2012, depuis l'excellente mixtape Back from the Dead, qui avaient intronisé Keith Cozart et ses compères comme le next big thing du rap.

CHIEF KEEF - Finally Rich

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COMMON SENSE - Resurrection

, 23:21

En 1994, avec Resurrection, Common voguait contre le vent. La vogue jazz rap touchait à sa fin et, à l'Est comme à l'Ouest, la tendance dominante était à un hip-hop invulnérable, clinquant et menaçant. Notre homme, cependant, ne vivait sur aucune des deux côtes, mais à Chicago, une ville alors quasi inexistante sur la carte du hip-hop. Il pouvait donc se lancer dans un rap à rebours de l'époque, un rap plus apaisé et plus réfléchi, déclamé d'un flow agile dans une ambiance jazzy, un rap différent même de ce qu'il avait livré sur Can I Borrow a Dollar?, un premier album plus léger qui contenait encore quelques relents de misogynie.

COMMON SENSE - Resurrection

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GLUE - Catch as Catch Can

, 22:13

Au bout du compte, la discographie de Glue se sera résumée à peu de choses. Outre des maxis, un tour CD, un instrumental et un EP transitoire, Sunset Lodge, le trio n'aura livré que deux albums. Chacun de ces disques, cependant, a été une réussite, le résultat d'une alchimie parfaite entre le rappeur Adeem, le beatmaker Maker et le DJ DQ, l'exemple même d'un enregistrement exécuté avec soin, sans se soucier de livrer quoi que ce soit de neuf, ou d'ancien, par trois artistes d'égale importance, qui ont eu le bonheur d'avoir été sur la même longueur d'onde.

GLUE - Catch as Catch Can

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QWEL & MAKER - The Harvest

, 23:07

Qwel, avant cet album, c'était un tiers des Typical Cats, le trio de rappeurs qui avait fait connaître Galapagos4, label central du rap indé de Chicago, autour de l'an 2000. C'était aussi deux albums bien cotés dans l'underground, If It Ain't Been In A Pawn Shop... et The Rubber Duckie Experiment. Quant à Maker, c'était Honestly, un excellent album de hip-hop semi-instrumental, et Seconds Away, autre bon disque concocté avec DJ DQ et le rappeur Adeem, sous le nom de Glue.

QWEL & MAKER - The Harvest

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