Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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KANYE WEST - Graduation

, 12:42

Il est commode de diviser la carrière de Kanye West en deux grandes époques. La première, celle de la trilogie formée par The College Dropout, Late Registration et Graduation, celle où son rap gonflé aux samples soul était dans le prolongement de ses travaux pour Roc-A-Fella. Et la seconde, celle bien plus grande que le rap de My Beautiful Dark Twisted Fantasy, de Yeezus et de The Life of Pablo, où toute démesure était acceptable, où toute expérimentation était bonne à tenter. Et entre ces deux périodes, en 2008, l'album de la transition aurait été l'étonnant, l'influent et le déstabilisant 808s & Heartbreak, lequel n'était même pas un album de rap.

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POLO G - Die a Legend

, 18:23

C'est en prison qu'est né le Polo G que l'on connaît aujourd'hui. Avant cela Taurus Bartlett, en bon apprenti rappeur de Chicago, donnait plutôt dans une drill music générique. Mais en 2018, entre quatre murs, il choisit d'infléchir son style avec "Finer Things", un titre chantonné sur les notes d'un piano mélancolique, où il partageait sans trop y croire ses rêves d'une vie meilleure. Sorti quelques temps après, sa vidéo fut visionnée des millions de fois sur Youtube. Un peu plus tard, ce fut le tour de "Pop Out", un single enregistré avec le rappeur new-yorkais Lil Tjay de connaître le succès, de manière plus éclatante encore, permettant à Polo G de rejoindre Columbia et de devenir à 20 ans pile le next big thing du rap de Chicago.

POLO G - Die a Legend

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QUEEN KEY - Your Highness

, 23:05

Queen Key est l'incarnation du féminisme à la manière du rap américain. Celui qui, plutôt que de désexualiser la femme, proclame à hauts cris son droit aux plaisirs de la chair. Son approche, toutefois, est distincte de celle de CupcaKke, sa collègue de Chicago. Plutôt que pour la pornographie et la manière frontale, Ke'Asha McClure opte pour un humour et une gouaille qui conviennent à sa voix éraillée qui fait plus que son âge, la petite vingtaine. En réponse à l'habituel "Suck My Dick" des garçons, elle n'en a pas moins nommé Eat my Pussy (mange ma chatte) son EP sorti cette année, celui-là même qui marque son lancement médiatique, consécutif à sa signature chez Machine Entertainment Group en 2017.

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JOEY PURP - Quarterthing

, 23:05

Et si, plutôt que Chance the Rapper et Vic Mensa, le rappeur à retenir du collectif Save Money était Joey Purp ? On le sait, cette école de rap est à Chicago l'inverse même de la drill music. Ses membres paraissent plus sophistiqués, plus conscients de leur histoire, plus tournés vers une démarche artistique. Ils représentent ce qu'on a appelé sur nos pages l'Obama rap (et pour cause, Chance, qui est le fils d'un de ses collaborateurs, fréquente l'ancien président), dont la fonction politique et sociale implicite est de réconcilier la culture afro-américaine contemporaine avec l'Amérique, ou plus précisément avec son élite libérale. C'est une veine généralement prisée par la presse, mais critiquable pour son approche scolaire, pour sa musique trop pensée, pour son rap pas assez spontané. Ces reproches, cependant, ne sont pas à faire à Joey Purp. En tout cas pas à l'entièreté de ce projet, son troisième, et la suite de iiiDrops, la mixtape de 2016 qui l'avait révélé.

JOEY PURP - Quarterthing

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KATIE GOT BANDZ - Bandz and Hittaz

, 13:15

Aux alentours de 2011, alors même que son style musical commençait à se faire connaître au-delà de Chicago, BlockOnDaTrack, un producteur de drill music, s'est dit qu'il était temps d'offrir une voix féminine à ce genre viril et agressif. Aussi persuada-t-il sa cousine, Kiara Johnson, qui, alors étudiante, arrondissait ses fins de mois chez McDonald's et n'avait jamais songé à lancer une carrière dans le rap, à enregistrer un morceau avec lui. Celui-ci fut baptisé "I Need a Hitta", et il fut un tube auprès de la jeunesse locale. Il fut suivi d'un autre "Ridin' Around and Drillin'", qui attira l'attention du vétéran King Louie. Si bien qu'en 2012, ce dernier signa la jeune femme sur Lawless Inc., sa propre structure, et qu'il participa à son single le plus connu, "Pop Out", ce qui permit à celle qui prit le nom de Katie Got Bandz de sortir des mixtapes remarquées et de devenir très vite la reine de la drill.

KATIE GOT BANDZ - Bandz and Hittaz

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SHAWNNA - Worth tha Weight

, 22:05

Shawnna s'est d'abord fait connaître par la filière sudiste. C'est en effet via Ludacris et son label, Disturbing tha Peace, qu'elle s'est retrouvée chez Def Jam. C'est grâce à un duo avec le même, "What's Your Fantasy", qu'elle a attiré l'attention en 2000, et grâce à un autre single avec lui, "Stand Up", en 2003, qu'elle a été l'une des rares rappeuses (encore aujourd'hui) numéro 1 aux USA. La jeune femme, cependant, provenait de Chicago. En 1999, en tant que membre du duo féminin Infamous Syndicate, elle avait même sorti un album, Changing the Game, avec deux producteurs emblématiques de sa ville : No I.D., et un Kanye West alors méconnu. Par ailleurs, histoire de confirmer son ancrage local, Rashawnna Guy était la fille d'un des plus illustres bluesmen du cru : Buddy Guy.

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SASHA GO HARD - Do U Know Who I Am?

, 22:42

Parce que Yaneisha Franklin, qui a grandi à South Side Chicago et qui commença le rap vers l'âge de 12 ans, était d'un abord fier et pas facile, un oncle la surnomma un jour Sasha Fierce, d'après l'alter ego malcommode qu'avait adopté un temps Beyoncé. Et pour la même raison, parce qu'elle y allait franco au micro sur son premier titre, "What We Do", des amis lui lancèrent : "you go hard" (tu y vas fort). Tout cela est resté, et au moment de débuter une carrière de rappeuse, la jeune femme est devenue Sasha Go Hard. Entretemps, elle était entrée en contact avec un adolescent dont elle avait apprécié les morceaux postés sur Facebook, un certain Chief Keef. Elle avait très vite rejoint son entourage (on lui prêtera même une relation avec lui, démentie âprement), et appris auprès d'eux à enregistrer sa propre musique. En toute logique, donc, c'est aux Glory Boys de son collaborateur que sa première mixtape, Glory Girl, allait ouvertement se référer.

SASHA GO HARD - Do U Know Who I Am?

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JEAN DEAUX - Soular System Vol. I: Dark Matter[s]

, 22:18

Les femmes qui rappent semblent légion, dans le Chicago des années 2010. Elles sont plusieurs à s'être fait un nom dans ce genre local qu'est la drill music. Mais il en existe aussi sur l'autre versant de la scène de la ville, le plus sage, le plus arty, le plus sophistiqué, celui représenté par Chance the Rapper et Vic Mensa. C'est le cas de Jean Deaux. Si la jeune femme s'est fait surtout connaître pour une histoire sordide (elle est la seconde à avoir accusé de viol le styliste Ian Connor), elle est avant tout une rappeuse et chanteuse. Sa jolie voix, en effet, s'est fait entendre sur des morceaux de Mick Jenkins, d'Alex Wiley, et de Saba (ils seraient cousins), tout comme sur ceux d'autres esthètes, établis sous d'autres cieux, comme Isaiah Rashad, Mykki Blanco et Smino, pour qui elle a tourné la vidéo du titre "Anita".

JEAN DEAUX - Soular System

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DREEZY - Schizo

, 23:45

Parce qu'elle est apparue à South Side Chicago au début des années 2010, c'est via le circuit de la drill music, la musique locale, que Dreezy s'est fait connaître. Son intérêt pour le rap la lia tout d'abord à l'une des papesses du genre, Sasha Go Hard, qui l'invita sur son "I Ain't No Hitta" en 2012. Puis elle collabora avec un autre acteur clé de ce mouvement, Lil Durk, le temps du morceau "Ghost". Enfin, en 2014, c'est avec un titre nommé d'après le surnom drill de Chicago, "Chi-Raq", qu'elle atteint la notoriété ; ou plus exactement, avec un remix de ce titre de Lil Herb et Nicki Minaj, où sa prestation éclipsait celle de cette dernière, un exploit.

DREEZY - Schizo

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DA BRAT - Funkdafiend

, 23:19

Le premier carton du rap féminin, dans les années 90, n'est pas venu des pôles habituels, la Côte Est et la Californie. Le premier disque de platine obtenu par une rappeuse, en effet (en tout cas en solo, le trio Salt-N-Pepa l'ayant précédée), fut le fait d'un drôle d'attelage composé (bien avant que ces deux villes ne destituent New-York et Los Angeles en leur qualité de places fortes du rap), d'une résidente de Chicago et d'un producteur d'Atlanta. Ce Funkdafiend qui s'écoula au-delà du million d'exemplaires, fut en effet conçu par la jeune Shawntae Harris, alias Da Brat, avec l'appui de Jermaine Dupri, qui l'avait signée sur son label So So Def.

DA BRAT - Funkdafiend

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KANYE WEST - 808s & Heartbreak

, 23:11

Donda West, professeur d'anglais, a élevé seule son fils, dès ses trois ans. Ils ont vécu ensemble à Chicago, et même en Chine. Mais en 2007, alors qu'elle n'était âgée que de 58 ans, elle est décédée. Et son garçon, désormais adulte, a violemment accusé le coup. Il a culpabilisé, se reprochant de n'avoir pas assez été près d'elle. Il a pensé aussi, sans doute, que c'est à cause de son statut de superstar que sa mère avait voulu subir les opérations de chirurgie esthétique qui ont provoqué sa mort. Et comme si cela ne suffisait pas pour cet homme, en cette même année, sa relation avec Alexis Phifer, sa compagne depuis cinq ans, a cessé, et il se débattait, pathétiquement, avec les affres de la célébrité. Ces déboires sentimentaux et personnels étaient d'ailleurs les thèmes les plus visibles de 808s & Heartbreak. Mais c'est bel et bien la perte de sa mère, la principale source d'inspiration de ce disque, comme le montrait à l'intérieur de la pochette cette grande photo où Kanye West, fils aimant, embrassait affectueusement Donda.

KANYE WEST - 808s & Heartbreak

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CUPCAKKE - Queen Elizabitch

, 13:07

Je vais sucer 2017 bites en 2017. Voici ce qu'Elizabeth Harris, depuis cette année, prétend sur son profil Twitter. Nulle surprise, donc, si ce qui se présente comme son premier album (ou le second, selon les versions) est fait du même bois que les trois projets (Cum Cake, S.T.D., Audacious) qui l'ont révélée en 2016. Sur Queen Elizabitch, une fois encore, la rappeuse de Chicago joue d'une pornographie à faire passer Lil' Kim, l'un de ses modèles avoués, pour une Sainte Nitouche : "CPR", par exemple, est un titre plein d'humour dédié à sa passion du sexe ("j'ai trois trous pour lui, comme un bretzel", "je suis si souvent en levrette que je dois aller chez le véto"...), avec bruits de succion et cris de jouissance en prime ; et sur "Cumshot", elle attend de son partenaire, avec avidité, qu'il éjacule dans tous ses orifices.

CUPCAKKE - Queen Elizabitch

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NONAME - Telefone

, 22:32

Telefone, le premier projet de Fatimah Warner, alias Noname (autrefois Noname Gypsy), s'est fait attendre. Sorti en 2016, il nous avait été annoncé trois ans plus tôt, au moment où la jeune femme avait commencé à se faire connaître via une contribution distinguée à Acid Rap, la mixtape non moins remarquée de Chance the Rapper. Un peu plus tard, elle avait participé aussi au conceptuel mais très bon The Water(s), de Mick Jenkins. Plus récemment, on l'avait entendue sur Late Knight Special, le premier album du rappeur et producteur new-yorkais Kirk Knight, et puis tout dernièrement, en 2016, sur celui de Saba, Bucket List Project.

NONAME - Telefone

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