Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Mot-clé - St Paul - Minneapolis

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LIZZO - Cuz I Love You

, 22:59

Quand c'est l'heure, c'est l'heure. Et indubitablement, celle-ci vient tout juste de sonner pour Lizzo. La vérité, c'est que la rappeuse était sur la rampe de lancement depuis un certain temps déjà ; depuis, plus exactement, qu'elle avait rejoint Atlantic Records. Mais l'époque actuelle, celle du mouvement #MeToo et d'un agenda féministe revenu au cœur de toutes les préoccupations, lui a offert l'occasion de s'emparer d'un créneau important. Cette femme, obèse et noire, est devenue l'égérie de la body positivity. Avec une bonne humeur communicative, elle s'est mise à incarner la joie de vivre et l'amour de son propre corps chez tous les médias de la planète, au moment où est sorti son premier album en major.

LIZZO - Cuz I Love You

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LIZZO - Lizzobangers

, 23:21

Ces jours-ci, Lizzo est partout. En 2019, avec son premier succès, le single "Juice", puis la sortie de son premier opus chez une major, Cuz I Love You, on la voit dans la presse spécialisée, dans les journaux généralistes, dans les magazines de mode. Elle écume les plateaux de télévision, et elle collabore avec des personnalités du rap comme Missy Elliott et Gucci Mane. Nous sommes parvenus au terme d'un plan marketing esquissé dès 2015, quand, au moment de l'album Big Grrrl Small World, elle a rejoint Atlantic Records. Un plan qui repose sur un positionnement clair : en cette époque propice à la promotion des femmes et des différences dans le rap, Lizzo est l'incarnation de la "body positivity". Elle invite ses consœurs à assumer et à aimer leurs corps, fussent-ils tout comme le sien, noirs et obèses.

LIZZO - Lizzobangers

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DESSA - False Hopes

, 23:13

False Hopes n'est pas le nom d'un seul projet, mais de plusieurs, sortis en solo au milieu des années 2000 par plusieurs membres de Doomtree, avant qu'ils n'en proposent un dernier sous le même titre, tous ensemble cette fois. Ce nom avait été en fait, d'abord, celui du duo formé par P.O.S et Cecil Otter, les fondateurs du collectif de Minneapolis. Mais il allait servir de carte de visite à d'autres, et notamment à leur rappeuse, Dessa Darling, ou tout simplement Dessa. Elle allait proposer, avec les cinq titres de son EP (si réussi qu'elle en recyclerait une bonne partie sur son second album, Castor, The Twin), l'un des meilleurs de la série.

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DESSA - A Badly Broken Code

, 23:07

Poétesse arrivée au rap par la pratique du slam, auteur en 2009 d'un ouvrage littéraire, Spiral Bound, et à ses heures perdues professeur de musique, Dessa Darling est un fantasme pour les amateurs de hip-hop respectable, pour les gens soucieux d'un rap qui se positionne, pour reprendre un vieux poncif, "à mille lieux des clichés du gangsta rap". Cependant, la seule femme du collectif Doomtree ne doit pas fait fuir les autres, ceux qui savent que ce genre ne doit pas s'apprécier en fonction de préjugés esthétiques ou moraux. Car en plus de présenter une face présentable à ta grand-mère, celle dont le vrai nom est Margret Wander n'oublie pas d'enregistrer de bons albums, parmi lesquels le premier, A Badly Broken Code.

DESSA – A Badly Broken Code

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MICRANOTS - Obelisk Movements

, 22:33

Les Micranots avaient beau être basés à Atlanta, leur musique n'avait pas grand chose à voir avec le Dirty South environnant. A cela, rien d'étonnant. Le duo, en l'an 2000, n'était basé au Sud que depuis peu. Il était né en fait en Californie, et le rappeur, I Self Devine avait vécu quelques temps à Minneapolis, où il s'était lié au collectif Headshots, et avait participé avec Slug à l'aventure Dynospectrum. Quant à leur son, il se montrait plus proche de la dureté et de l'expérimentalisme de l'underground new-yorkais que de la musique extravertie de leurs voisins. C'est en tout cas ce que dévoilait Obelisk Movements, un album sorti après bien des péripéties sur Sub Verse, le label de l'ex Co-Flow Bigg Jus, alors qu'il était prévu à l'origine sur 3-2-1 Records, celui désormais clos des Chicagoans de Ruberoom.

MICRANOTS - Obelisk Movements

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NUMBERS NOT NAMES - What's the Price?

, 12:06

Bien plus que des entrepreneurs, certains patrons de label sont des véritables artistes, des créateurs. On l'observe, quand leurs sorties se distinguent par une esthétique originale et cohérente, ou quand ils signent des artistes en fonction de goûts pointus. Stéphane Grégoire, du label Ici d'Ailleurs, appartient à cette catégorie. Il va même plus loin que ses confrères, quand il monte des projets de toute pièce, comme avec cet hommage à la musique de Coil qu'avait été This Immortal Coil, en 2009, ou encore, l'an passé, le projet Numbers Not Names.

NUMBERS NOT NAMES - What's the Price?

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EYEDEA - The Many Faces of Oliver Hart

, 22:27

Pour ceux qui, au début des années 2000, se désintéressaient de Slug, il restait Eyedea. Ayant rejoint adolescent la clique Rhymesayers, et triomphé au Scribble Jam en 1999 (contre P.E.A.C.E. de Freestyle Fellowship, rien de moins), puis à la télévision, à la Blaze Battle en 2000, le rappeur de Saint Paul se distinguait de tous les Slug-like qui peuplaient le Midwest, notamment en 2002, sur son second album, supérieur au First Born qu'il avait sorti l'année d'avant avec DJ Abilities, et qui avait déçu malgré quelques titres d'anthologie comme "Read Wiped in Blue".

EYEDEA - The Many Faces of Oliver Hart

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MICRANOTS - Return of the Travellahs

, 14:25

Les Micranots avaient impressionné en l'an 2000 avec Obelisk Movements, un pur disque d'indie rap halluciné et apocalyptique, caractéristique de l'époque, sorti sur Sub Verse, le label de Bigg Jus. Cela n'avait pas été leur premier album, cependant. C'est en fait dès le milieu des années 90 qu'I Self Devine, le rappeur, et Kool Akiem, le DJ, s'étaient manifestés, avec Return of the Travellahs, une sortie sur cassette qui soutient aisément la comparaison avec l'autre disque.

MICRANOTS - Return of the Travellahs

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ASTRONAUTALIS - This Is Our Science

, 23:24

Astronautalis a beau être un personnage important de la scène underground, tendance folk rap, on peine à lui trouver un album irréprochable. Le tout premier, You and Yer Good Ideas, avait été riche de promesses, il contenait des temps forts comme l'admirable "Ocean Walk", mais il sonnait encore jeune et amateur. Le second, Mighty Ocean and Nine Dark Theaters était tout à l'opposé, il bénéficiait d'une production soignée, mais il en était parfois presque trop propre, trop joli. Et le suivant, Pomegranate, a été une demie déception. Cependant This Is Our Science, sorti en 2011 chez Fake Four, est à deux doigts de l'équilibre parfait.

ASTRONAUTALIS - This Is Our Science

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ROMA DI LUNA - Then the Morning Came

, 23:17

L’univers de Roma di Luna s’étend, il s’étoffe, il s’agrandit, et cela, dans tous les sens du terme. Tout d’abord, sur le plan personnel, les époux Channy Moon et Alexei Casselle ont récemment eu la joie d'avoir un enfant, et c’est après des nuits trop courtes, entre les couches et les biberons, qu’ils ont enregistré ce nouveau disque, leur troisième album officiel. C’est d’ailleurs par les cris d’enfants et les bruits de jouet du très beau "Baby Hotel" que s’ouvre Then the Morning Came.

ROMA DI LUNA - Then the Morning Came

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HUSKER DU - Candy Apple Grey

, 12:16

Si Candy Apple Grey a des raisons d'être le mal aimé des albums de Hüsker Dü, ce ne devrait pas être à cause de leur arrivée chez une major, une première alors, pour un groupe issu de la scène punk hardcore. Leur formule, en effet, en aura peu été affectée... Non, c'est seulement en regard des autres disques, en rapport avec le reste de leur discographie, tant il est ardu pour cette sortie de soutenir la comparaison avec celles, monstrueuses, qui l'auront précédée ou suivie.

HUSKER DU - Candy Apple Grey

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EYEDEA & ABILITIES - By the Throat

, 22:16

Le temps aurait presque donné raison à tous ces gens conservateurs et obtus qui, dix ans plus tôt, accusaient les rappeurs indé, en grande partie des Blancs, d'être des rockeurs déguisés. Car aujourd'hui, les exemples sont nombreux, d'artistes issus de ce mouvement, et ayant finalement viré vers les mélodies et les guitares, des escapades hors-genre de rappeurs post-Project Blowed comme 2Mex et Ceschi Ramos, aux Power Struggle ou Roma di Luna nés des cendres d'Oddjobs, sans oublier, bien sûr, quasiment toute l'écurie Anticon, Why? / Yoni Wolf en tête.

EYEDEA & ABILITIES - By the Throat

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KRISTOFF KRANE - This Will Work For Now

, 09:58

A bien y regarder, Kristoff Krane, un résident de Minneapolis dont le vrai nom est Christopher M. Keller, n’est pas un parfait inconnu pour qui s’intéresse à la scène locale et à la clique Rhymesayers. On l’a entendu côtoyer Eyedea et Carnage au sein de Face Candy, et être la voix du trio Abzorbr. On retrouve d’ailleurs tous ces gens sur ce This Will Work For Now, ainsi qu’une autre figure locale, Crescent Moon d’Oddjobs, de Kill the Vultures et de Roma di Luna, et les membres d’un autre groupe auquel Kristoff Krane appartient, Saturday Morning Soundtrack.

KRISTOFF KRANE - This Will Work For Now

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ASTRONAUTALIS - Pomegranate

, 22:17

Par ici, on l'aime plutôt bien, Astronautalis. Avec Why?, Buck 65 et Ceschi Ramos, il est l'un de ceux qui réussissent le mieux le mélange entre indie rock, folk et rap. Parce qu’il reste quelque chose de son passé de battle MC dans son chanté / rappé, et qu'il sait faire preuve d’une virtuosité maîtrisée, il parvient à naviguer sans douleur et sans couture d'un style à l'autre, sans que cela ne jure jamais.

ASTRONAUTALIS - Pomegranate

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ROMA DI LUNA - Casting the Bones

, 19:42

Pour son dernier numéro, le magazine musical Volume a eu la bonne idée de concocter un dossier sur le revival folk des années 2000, et de classer ses représentants en 8 familles. Il en a cependant oublié une qui, de la nébuleuse Anticon aux titres les plus dépouillés de Ceschi Ramos, en passant par les disques chiadés d'Astronautalis, mérite autant de considération. Cette famille, qu'on a pu nommer folk hop (why not?), c'est celle des anciens rappeurs qui ont laissé tomber l'ego-trip et les platines pour le plaisir rustique d'une guitare sèche.

ROMA DI LUNA - Casting the Bones

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ATMOSPHERE - Overcast!

, 22:12

Soyons honnête. Le premier album d'Atmosphere a beau avoir été la base de la riche scène rap de Minneapolis, et l'un des disques fondateurs du hip-hop indépendant, peut-être aussi capital que Funcrusher Plus, il n'était pas parfait. D'abord, l'édition CD de ce disque n'évitait pas l'écueil du remplissage. Plusieurs des premiers titres se montraient même plutôt poussifs et laborieux. Aussi, à quelques audaces près, les beats très fonctionnels d'Ant étaient souvent d'une platitude à toute épreuve. Quant aux raps de Spawn, s'ils étaient honnêtes, leur principal intérêt résidait dans le contraste qu'ils apportaient à ceux de l'autre rappeur, notamment par ce timbre rugueux qui lui était radicalement opposé.

ATMOSPHERE - Overcast!

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ROMA DI LUNA - Find Your Way Home

, 21:46

Roma di Luna a tenu ses promesses. Find Your Way Home est tout à fait dans la lignée de ce qu’Alexei et Channy Moon Casselle avaient proposé un an plus tôt sur l’excellent Face of My Friends. A l’extrême opposé de ses aventures passées avec Oddjobs ou plus récentes avec Kill the Vultures, celui dont le nom de rappeur est Crescent Moon a troqué son hip-hop contre un folk nu et sans âge joué en compagnie de sa femme, et c’est tout bonnement magnifique. Voix superbe de la chanteuse, dépouillement des compositions, absence presque totale de percussions, omniprésence d’une guitare sèche secondée par un violon et par quelques autres instruments discrets (banjo, accordéon), récits de peines et de désespoir : les ingrédients sont les mêmes que sur le EP annonciateur, et la réussite presque égale. Tout juste ce disque plus long se montre-t-il légèrement moins intense que le précédent, tout juste sa puissance s’est-elle un peu diluée.

ROMA DI LUNA - Find Your Way Home

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ABZORBR - Capable of Teetering

, 21:39

Dans la lignée de groupes comme Oddjobs, Abzorbr passe le rap du Midwest à la moulinette des vrais instruments, basse et batterie en premier lieu, mais sans les passages contemplatifs, en moins jazzy, en plus hargneux, en plus cathartique, avec une énergie rock / rap qui lorgnerait plutôt du côté de Rage Against The Machine, le côté adolescent attardé en moins. Basé dans le Minnesota, composé de Chris Keller (alias Kristoff Krane) aux raps et des frères Casey et Graham O’Brien aux instruments et à la production, le trio est apparu il y a peu dans le sillage d’Eyedea, avec lequel ils ont monté le projet Face Candy, et ce Capable of Teetering sorti en 300 exemplaires seulement est un premier album prometteur.

ABZORBR - Capable of Teetering

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ODDJOBS - Drums

, 21:32

Sorti en 2002, Drums est le meilleur témoignage de ce qu’a été Oddjobs. Il n'est pas un chef d’œuvre, ni un album exempt de tout reproche. Trop long, trop riche, gargantuesque même, l’album avait ses longueurs, il manquait nettement de consistance. Mais, sorti entre les premiers EPs du groupe et un Expose Negative annonciateur de nouvelles aventures, enregistré juste après qu’un troisième MC, Nomi, ait rejoint le quartet du Minnesota, il est le disque le plus représentatif du style de rap proposé en son temps par ce groupe emblématique du Midwest.

ODDJOBS - Drums

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ROMA DI LUNA - Face of my Friends

, 22:19

Il n’y a pas plus dissemblables que les deux derniers disques sortis par Alexei Casselle, le dernier Kill The Vultures et celui de Roma Di Luna. Mais écoutés l’un à la suite de l’autre, il n’y a pas meilleur cet hiver.

ROMA DI LUNA - Face of my Friends

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