Le premier à s'y coller est donc un de nos compatriotes dénommé Dreyf, engagé pour cette première partie par l'intermédiaire de nos amis du site True Duke. Notre rappeur français, ma foi fort logiquement, va donner dans le rap français, avec toutefois, par moment, des paroles plus récréatives que nombre de ses congénères, notamment quand il entonne un titre à la gloire des comics et des super-héros. Malheureusement, le jeune garçon est desservi par une voix peu tonique et par des conditions techniques difficiles. Malgré la présence d'un chauve surexcité qui s'emploie à chauffer le public, celui-ci se refuse à réagir, il n'obéit que mollement quand on l'exhorte à se manifester avec force gestes et cris.

Car manifestement, ce public fourni n'était pas venu pour le Français. Akin, de Cyne, aura donc plus de succès. Pourtant, rien d'exceptionnel dans son rap de base engagé, propre et conventionnel. Rien de bien charismatique chez ce rappeur qui, comme les deux autres présents ce soir, sera desservi par sa petite taille en ces lieux combles et exigus. En revanche, comme toujours chez Cyne, et chez la plupart de ses camarades de la scène de Miami, son classic rap est transcendé par des beats fins et ciselés. Ce qui ne donne pas grand chose en live dans un bar, mais donne envie de se tourner vers Starship Utopia, le dernier album du groupe.

Sans surprise, le meilleur était donc pour la fin. Personne, en effet, ne soutient la comparaison quand un rappeur issu du Project Blowed déploie son phrasé hyper-rapide et malléable devant un public conquis d'avance. Et même si Riddlore?, de CVE, dégage moins de charisme qu'un Ellay Khule, à titre de comparaison, même si sa prestation est gâchée un instant par le chant doucereux d'une inconnue (sa compagne, me dit-on), voire pire, par le rap sans voix d'un hurluberlu en dreadlocks, lunettes et bonnet péruvien, même si ça vire parfois au grand n'importe quoi, c'est mieux, tellement mieux que tout ce qu'on a pu voir avant.