Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique

Commentaires et critiques d'albums et EPs

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BOSS - Born Gangstaz

, 22:33

De nos jours, Detroit est l'une des villes les plus actives et les plus excitantes sur le front du rap. Depuis vingt ans et un certain Eminem, elle peut également se targuer d'avoir livré à cette musique l'une de ses plus grandes stars. Mais avant, c'était une autre histoire. Active depuis les années 80, la scène locale a d'abord été totalement ignorée. Et c'est précisément pour cette raison, qu'à cette époque, deux jeunes filles issues de cette scène avaient décidé d'aller tenter leur chance ailleurs. Lichelle "Boss" Laws, la rappeuse, et Irene "Dee" Moore, son DJ, s'étaient alors relocalisées à Los Angeles. Le succès n'était pas venu tout de suite. Les deux partenaires avaient d'abord dû endurer des conditions de vie délicates dans le contexte hostile de South Central. Mais avec le temps, leur persévérance paya.

BOSS - Born Gangstaz

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AD & SORRY JAYNARI - Last of the 80's

, 22:42

Souvent, parce qu'il est garni de sons funky et rempli de basses souples, le rap West Coast est perçu comme doux, fluide, chaleureux. Il est si confortable que, parfois, en dépit de paroles qui le sont rarement, il paraît inoffensif. Il lui arrive même de devenir une sorte d'easy listening hip-hop. Cette approche, cependant, n'est pas celle d'Armand Douglas. Rappeur de Compton signé sur la nouvelle mouture du label Priority Records, affilié aux Crips, et plus connu sous le nom d'AD, celui-ci crie ses raps, plutôt qu'il ne les chantonne. Il s'époumone, et il préfère les sons qui cognent, qu'ils s'inspirent du récent style ratchet ou, au contraire, qu'ils cherchent à renouer avec l'époque d'avant le g-funk, à ce rap californien urgent de la fin des années 80, auquel semble se référer ce projet.

AD & SORRY JAYNARI - Last of the 80's

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SHORTEE - The Dreamer

, 22:50

Parce qu'il a présenté le milieu des turntablists, ces scratcheurs virtuoses, ces as de la platine qui, au tournant des décennies 1990 et 2000, ont été à deux doigts de sortir de la confidentialité, Scratch, de Doug Pray, a été un film important. Ce documentaire, toutefois, laissait peu de place aux femmes. Pas par choix, ni par intention, mais simplement parce que cette scène en comptait peu. Car si certains ont pu se lamenter du statut minoritaire des rappeuses dans le hip-hop, alors que dire de ses DJettes ? S'il s'est souvent distingué par son caractère multiracial, le turntablism n'a pas toujours montré la même diversité sur le plan des sexes.

SHORTEE - The Dreamer

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RICK ROSS - Port of Miami

, 22:37

Avant l'an 2000, il n'y avait qu'un Rick Ross : Ricky Donnell "Freeway Rick" Ross, un trafiquant notoire qui avait construit un empire de la drogue à Los Angeles. Mais après, il y en eut un autre, plus célèbre encore. William Leonard Roberts II, lui, était établi à Miami, et il était rappeur. Bien entendu, cette homonymie n'avait rien d'un hasard. Le second avait emprunté son surnom au premier, qui lui intentera un procès. Il l'avait fait pour appuyer son propos, pour mettre l'accent sur un thème qui ne se résumerait qu'à une chose : le commerce de la drogue et ses à-côtés supposés, le luxe et la volupté. Ce sujet serait celui de son premier single, l'énorme "Hustlin'". Il serait aussi celui de l'album à suivre, Port of Miami, un début tonitruant qui, avec l'appui de Def Jam, serait numéro un aux Etats-Unis.

RICK ROSS - Port of Miami

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DJ BAKU - Dharma Dance

, 23:16

Rumi, l'excentrique rappeuse japonaise que l'on avait vantée autrefois sur ces pages, s'inscrivait naturellement dans une scène, elle n'était pas un cas isolé. Dès ses débuts, alors qu'ils n'étaient encore qu'adolescents, elle avait fait brièvement partie d'un trio appelé Hannya, un nom sous lequel, par la suite, se ferait connaître en solo l'un de ses membres, Yoshi. Le troisième larron était alors un DJ, qui cofonderait plus tard le label Pop Group Recordings, sur lequel sortiraient les albums de son amie. DJ Baku ferait aussi bien plus : à la fin des années 90, il sortirait plusieurs mixtapes, où s'illustreraient ses talents de turntablist. Un peu plus tard, il éditerait aussi un DVD, Kaikoo destiné à présenter l'underground hip-hop japonais. Et surtout, à partir de 2006, il proposerait plusieurs albums à lui.

DJ  BAKU - Dharma Dance

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LIL BABY - Counted Up in the Dark

, 22:45

Pour ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué, le temps des critiques et du contenu éditorial est révolu. Même si des gens issus de la vieille génération persistent dans cette voie (ici même, par exemple), il est devenu superflu de donner son opinion sur la musique, en tout cas par un texte écrit, vu qu'il suffit de faire circuler des liens qui permettront à quiconque de juger sur pièce. La jauge de la musique, autrefois, c'étaient des amateurs éclairés ou des professionnels du journalisme musical. Aujourd'hui, ces gens ne servent plus à grand-chose. L'unité de mesure, c'est la vitesse et la fréquence avec lesquelles une vidéo ou un lien Soundcloud circulent sur les réseaux sociaux. Voilà donc pourquoi il est si difficile de se documenter sur Lil Baby. Même si, à droite, à gauche, on a vu des gens vanter son projet, Counted Up in the Dark, presque rien n'a été écrit à son sujet.

LIL BABY - Counted Up in the Dark

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ARM - Dernier Empereur

, 23:09

Avec son dernier album, Arm avance pour la première fois sous son seul nom. Il ne s'agit plus, comme pour son projet précédent, d'une collaboration avec Tepr, le vieil ami d'Abstrackt Keal Agram. Et pourtant, ces deux sorties se ressemblent. Dernier Empereur est comme une suite à Psaumes, il est son second volume. Comme lui, il actualise la formule employée par Arm, usant de rythmes trap, de l'Auto-Tune et des ambiances éthérées du cloud rap. On y entend aussi, une fois encore, des tonalités plus proches des musiques électroniques que du rap, comme les nappes somptueuses de "Dernier Empereur" et de "Premiers Rayons", ou les sons virevoltants de "De Passage", ainsi qu'un goût certain pour les crescendos.

ARM - Dernier Empereur

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3D NA'TEE - The Coronation

, 22:59

Les dozens est une vieille tradition afro-américaine qui remonte au temps des esclaves. Comme le travail de ces pauvres gens, condamnés à besogner dur dans les champs de coton, n'était pas des plus distrayants, ils tuaient le temps en se livrant à des concours d'insultes. Et cette pratique, c'est entendu, a survécu dans le rap. C'est à la lumière de ces racines qu'il faut saisir à quel point les outrances et les insanités de cette musique relèvent d'une logique ludique et compétitive. L'ignorer, c'est ne pas comprendre le rap, l'aborder à l'envers, et souvent, en être horrifié. C'est aussi là où elle est née, dans le Sud des Etats-Unis, que cette pratique demeure la plus vivace et la plus extrême, par exemple à La Nouvelle-Orléans, où elle a pris la forme du "rib", ou "ribbin'", une discipline grâce à laquelle Samantha James a forgé son talent, alors qu'elle n'était encore qu'une écolière.

3D NATEE - The Coronation

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LIL BOOSIE - Da Beginning

, 23:48

Le nom de cette mixtape est trompeur. Da Beginning, en effet, ne marquait en rien les débuts de Lil Boosie. En 2008, année de sa sortie, Torrence Hatch avait déjà une discographie conséquente, faite d'albums solo, de collaborations avec Webbie et avec tous les artistes de la Trill Fam, et bien sûr d'une bonne poignée de mixtapes. Il était en fait, déjà, un artiste accompli, et une star à Baton Rouge, voire ailleurs dans le Sud, grâce à sa présence (aux deux sens du terme) sur toutes les scènes de la région. Da Beginning, cependant, est sortie au cœur de cette période, de 2007 à son incarcération, en 2009, où le futur Boosie Badazz était le plus étincelant, où il semblait sur le point d'exploser plus fort et plus loin.

LIL BOOSIE - Da Beginning

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03 GREEDO - Purple Summer 03: Purple Hearted Soldier

, 22:22

Un jour, Greedy Giddy décida de se renommer 03 Greedo. S'il choisit de placer cet étrange chiffre devant son nouveau pseudonyme, c'est en raison de l'âge auquel son père avait disparu, emporté par un accident de moto. Il n'avait que 30 ans, et le rappeur de Watts, alors bébé, allait donc entamer orphelin une vie qui ne lui ferait aucun cadeau : plus tard viendraient l'addiction à la drogue, des agressions à l'arme à feu (à cause de ces attaques, sa jambe manquera d'être amputée), des amis emportés par la violence, et la prison. C'est au cours de l'une de ces périodes de détention, cependant, qu'il allait décider de se sauver par le rap, avec une foi telle qu'il n'hésiterait pas à tatouer les mots "Living Legend" sur son visage. Son objectif serait d'avoir réussi sa vie, avant l'âge où s'était brisée celle de son père.

03 GREEDO - Purple Summer 03: Purple Hearted Soldier

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