Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique

Commentaires et critiques d'albums et EPs

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THE LADY OF RAGE - Necessary Roughness

, 12:27

Si l'on cherche une preuve que les femmes ont toujours été les sacrifiées du rap, alors The Lady of Rage est celle qu'il nous faut. Au début des années 90, un avenir radieux lui était promis. Parce qu'elle était la rappeuse de Death Row Records, elle contribua à ses deux albums les plus emblématiques, ceux de Dr. Dre et de Snoop Doggy Dogg, et elle eut droit en 1994 à son propre tube, "Afro Puffs", un single produit par Daz Dillinger et extrait de la BO de Above the Rim, qui faisait référence à sa coiffure (elle arborait en effet des couettes afro). Forte de cette place au premier plan, il fut question qu'elle sorte son solo après The Chronic, puis après Doggystyle. Mais Suge Knight avait d'autres priorités. Il choisit d'investir d'abord sur Tha Dogg Pound, puis sur 2Pac. Son album ne vit donc le jour qu'en 1997.

THE LADY OF RAGE - Necessary Roughness

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LITTLE SIMZ - A Curious Tale of Trials + Persons

, 15:40

Simbiatu Ajikawo a commencé sa carrière dans la comédie. L'Anglaise d'origine nigériane s'est d'abord illustrée en jouant dans des séries télé destinées aux jeunes, Spirit Warriors et Youngers. Mais la musique n'a jamais été bien loin. Le second programme, en effet, nous parlait d'adolescents désireux de réussir dans les musiques urbaines. Et en parallèle, la jeune Simbi rappait, sous le nom de Little Simz. A partir de 2010, elle a sorti plusieurs mixtapes, dont une, Black Canvas, a été relayée par Life+Times, le site Web de Jay-Z. Et plus tard a suivi un album en bonne et due forme, A Curious Tale of Trials + Persons, qui a récolté les éloges de sommités aussi variées que Kendrick Lamar, J. Cole et Gilles Peterson.

LITTLE SIMZ - A Curious Tale of Trials + Persons

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1TAKEJAY - Wait Hol' Up

, 16:50

03 Greedo et Drakeo the Ruler sont actuellement les têtes d'affiche du rap de Los Angeles. Mais à côté, d'autres s'agitent dans une veine plus ou moins proche, comme par exemple 1TakeJay. Cela fait plusieurs années que ce rappeur de Compton est actif au sein des OneTakeBoyz, un collectif dont les autres membres éminents sont 1TakeQuan et 1TakeTeezy. Ces amis de lycée, qui se veulent des disciples des Hot Boys, existent en effet depuis 2014, et leur manifeste, le projet OneTakeMovement, date de 2015. Mais en 2017 et 2018, avec les singles "To Da Neck" et "Arco", puis l'album Wait Hol' Up, 1TakeJay a su capter un peu plus de lumière, au bénéfice des mésaventures carcérales des rappeurs susmentionnés.

1TAKEJAY – Wait Hol' Up

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ASIAN DOLL - Drippin' in Glo

, 23:23

C'est l'une des lois implicite du rap : à un stade ou à un autre de son développement, chaque collectif d'importance se doit d'accueillir une femme. L'une de ces écuries pourtant, et non la moindre, a longtemps fait exception à cette règle : le 1017 Records de Gucci Mane. Il a fallu attendre près de dix ans, en effet, pour qu'une rappeuse rejoigne enfin ses rangs. Et au bout du compte l'heureuse élue est Misharron Allen, une rappeuse de Dallas qui s'est choisi Asian Doll comme nom d'artiste, quoi qu'elle n'ait strictement rien d'asiatique. Son premier projet, Da Rise of Barbie Doll Gang Empire, remonte à 2015, mais c'est l'année d'après, avec la sortie de Drippin' in Glo, que la Texane a commencé à émerger. A la suite de cet album, on allait la voir côtoyer PnB Rock et Famous Dex (des rumeurs l'ont prétendu en couple avec ce dernier) et bénéficier des louanges de Nicki Minaj.

ASIAN DOLL - Drippin In Glo

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QUEEN KEY - Your Highness

, 23:05

Queen Key est l'incarnation du féminisme à la manière du rap américain. Celui qui, plutôt que de désexualiser la femme, proclame à hauts cris son droit aux plaisirs de la chair. Son approche, toutefois, est distincte de celle de CupcaKke, sa collègue de Chicago. Plutôt que pour la pornographie et la manière frontale, Ke'Asha McClure opte pour un humour et une gouaille qui conviennent à sa voix éraillée qui fait plus que son âge, la petite vingtaine. En réponse à l'habituel "Suck My Dick" des garçons, elle n'en a pas moins nommé Eat my Pussy (mange ma chatte) son EP sorti cette année, celui-là même qui marque son lancement médiatique, consécutif à sa signature chez Machine Entertainment Group en 2017.

QUEEN KEY - Your Highness

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BANDGANG - In Too Deep

, 23:39

A Detroit, depuis plusieurs années, au sein de cette scène dont on ne cesse de mesurer la richesse, Masoe, Lonnie Bands, Paid Will, Al, Javar et Biggs, alias BandGang, occupent une place centrale. Fondé en 2008, ce sextet qui s'est fait connaître d'une audience plus large en côtoyant Tee Grizzley sur le morceau "Straight to It", a influencé la génération qui émerge aujourd'hui autour de Sada Baby, FMB DZ et quelques autres. Ces derniers temps, cependant, après leur salve de mixtapes de l'année 2014, les trois premiers rappeurs cités (les têtes d'affiche du groupe) s'étaient surtout illustrés en solo : en 2017, ils avaient proposé 3 à 4 sorties chacun, pas moins. Aussi leur projet commun, disponible depuis l'été, était-il attendu de ceux qui savent. Et cette attente a été indubitablement récompensée si on se base sur des critères purement quantitatifs, nos hommes s'étant fendus d'un opus gargantuesque de 98 minutes et 30 titres, débordant de collaborations.

BANDGANG - In Too Deep

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ANA TIJOUX - 1977

, 23:16

La rappeuse française probablement la plus connue à l'étranger n'est pas tout à fait une rappeuse française : elle est aussi chilienne, et elle s'exprime en espagnol. Anamaria Tijoux Merino, en effet, est née à Lille de parents chassés de leur pays par le régime de Pinochet, et elle n'a connu sa terre d'origine qu'après le retour de la démocratie, dans les années 90. C'est pourtant bel et bien en France, en région parisienne plus exactement, qu'elle a découvert le hip-hop, à travers les gens que sa mère, une sociologue devenue assistante sociale en France, était amenée à fréquenter. Elle y trouva alors, de son propre aveu, un refuge commun pour tous les déracinés comme elles, d'où qu'ils viennent, du Chili, d'Afrique ou d'ailleurs.

ANA TIJOUX - 1977

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PUSHA T - Daytona

, 22:34

Ce fut la surprise du chef, celle que nous concocta Kanye West en 2018 ; et donc, forcément quand il est question du génie ou de la bête de foire (selon) de la scène américaine, ce fut aussi l'un des événements rap de l'année. Au début de l'été, ce n'est pas un album qu'il sortit, mais cinq. Le sien, et quatre autres, produits respectivement pour Pusha T, Nas, Kid Cudi et Teyana Taylor. Tous compacts, tous condensés sur vingt à trente minutes, ils ont été réunis sous le nom de Wyoming Sessions, d'après l'Etat où ils ont été conçus. De tous, cependant, c'est avant tout le premier sorti, le troisième solo de l'ancien Clipse, qui a été célébré. Et pour une raison claire : à l'opposé de Kanye West, tout à ses concepts et à ses caprices d'artiste, Terrence Thornton, lui, est fidèle à lui-même, il ne change pas d'un iota.

PUSHA T - Daytona

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INVINCIBLE - ShapeShifters

, 23:44

Ilana Weaver est blanche, et elle est une rappeuse technique apparue sur la scène battle de Detroit à la fin des années 90. Cela fait donc deux bonnes raisons pour que les critiques les moins inspirés dégaine à son égard la plus paresseuse de toutes les comparaisons : celle avec Eminem. Et de fait, la silhouette du Slim Shady apparait bel et bien sur le premier album d'Invincible, mais c'est pour mieux s'en démarquer. Sur "Locust", la rappeuse le cite nommément quand elle critique ceux qui voudraient refaire l'histoire, et effacer Proof pour ne retenir qu'Eminem du rap de Detroit. Et sur le morceau éponyme "ShapeShifters", paraphrasant Bertolt Brecht, elle affirme que la musique n'est pas là pour refléter la réalité, mais pour la transformer. A l'inverse de l'autre, qui a traduit en raps l'existence perturbée du quart-monde américain, elle, s'emploie à y remédier.

INVINCIBLE - Shapeshifters

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JOEY PURP - Quarterthing

, 23:05

Et si, plutôt que Chance the Rapper et Vic Mensa, le rappeur à retenir du collectif Save Money était Joey Purp ? On le sait, cette école de rap est à Chicago l'inverse même de la drill music. Ses membres paraissent plus sophistiqués, plus conscients de leur histoire, plus tournés vers une démarche artistique. Ils représentent ce qu'on a appelé sur nos pages l'Obama rap (et pour cause, Chance, qui est le fils d'un de ses collaborateurs, fréquente l'ancien président), dont la fonction politique et sociale implicite est de réconcilier la culture afro-américaine contemporaine avec l'Amérique, ou plus précisément avec son élite libérale. C'est une veine généralement prisée par la presse, mais critiquable pour son approche scolaire, pour sa musique trop pensée, pour son rap pas assez spontané. Ces reproches, cependant, ne sont pas à faire à Joey Purp. En tout cas pas à l'entièreté de ce projet, son troisième, et la suite de iiiDrops, la mixtape de 2016 qui l'avait révélé.

JOEY PURP - Quarterthing

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TRINA - Diamond Princess

, 22:54

A la fin des années 90, après le triomphe du dirty rap des New-yorkaises Lil' Kim et Foxy Brown, il était temps que ce hip-hop à forte teneur pornographique revienne chez lui, en Floride. C'est donc en toute logique sur les terres du 2 Live Crew qu'une autre rappeuse pousserait à son comble cette formule désormais éprouvée : un joli minois, une grande gueule, des propos salaces, un goût prononcé pour le lucre, une attitude insolente de femme dominatrice et une indéniable aisance verbale. A tout cela, depuis son apparition avec Trick Daddy sur le single "Nann Nigga", Katrina Taylor ajoutait un humour plus tranché encore, une voix de vilaine fille et les rythmes sautillants qui ont toujours convenu au rap de Miami. En l'an 2000, parée de ces atouts irrésistible, celle qui se présentait comme la salope la plus bonne (Da Baddest Bitch, s'intitulait en effet son premier album et futur disque de platine), lançait une des carrières les plus durables du rap féminin.

TRINA - Diamond Princess

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TRAPPERMAN DALE - '91

, 23:21

Starlito n'est pas seulement l'un des plus grands rappeurs en activité, il a aussi le nez creux. Il l'a prouvé il y a quelques mois déjà, en nous faisant connaître l'excellent Floridien Mobsquad Nard. Et il le fait à nouveau avec un voisin de West Nashville qu'il aurait découvert via les médias locaux. Comme le Floridien susnommé, TrapperMan Dale a été intégré au label de l'ancien All Star, Grind Hard, il a participé à son album de 2017, Hot Chicken, et ils ont l'un comme l'autre sorti un projet en commun avec leur mentor, Open Cases pour le premier, et Trap Star pour l'homme du Tennessee. Ce n'est pourtant pas ce dernier qu'il faut retenir, mais plutôt un solo sorti quelques mois plus tôt, et sobrement intitulé '91.

TRAPPERMAN DALE - 91

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TIERRA WHACK - Whack World

, 20:25

Au cours d'une interview, Tierra Whack a déclaré un jour vouloir cesser d'être rappeuse, pour devenir artiste. Et de fait, quelques temps après un single annonciateur, "Mumbo Jumbo", nous en sommes là avec Whack World. La jeune femme de Philadelphie, qui s'était d'abord illustrée pour ses freestyles sous le pseudonyme de Dizzle Dizz, avant de passer quelques temps à Atlanta, fait maintenant preuve sous son propre nom d'une approche résolument artistique. Ce projet (il n'y a pas de meilleur mot pour le qualifier) a pour particularité d'empiler quinze ébauches de chansons, d'une minute chacune, pas plus, pas moins, ce qui leur permet, à l'heure des réseaux sociaux, de respecter la limite de durée imposée aux vidéos sur Instagram. Chacun de ces morceaux, en effet, a fait l'objet d'une quinzaine de petites vignettes filmées, par ailleurs compilées sur Youtube.

TIERRA WHAK - Whack World

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