Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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Critiques Musique

Commentaires et critiques d'albums et EPs

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ROXANNE SHANTE - Bad Sister

, 22:27

Les temps ont changé, indubitablement. A présent que le rap est un genre ancien et établi, maintenant qu'il touche plusieurs générations et que certains cherchent à se remémorer son passé, voire à le mythifier, des films entiers lui sont consacrés. Une autre évolution tient à la place des femmes. A l'époque de #MeToo, leur impact sur cette musique est défendu, il est revalorisé. Sorti l'an dernier, le film Roxanne Roxanne témoigne de ces deux tendances de fond. Coproduit par Forest Whitaker et par Pharell Williams, et joué par Chanté Adams, il retrace de manière romancée le parcours de Roxanne Shanté, une femme qui compta dans l'histoire du rap, mais dont seuls les fans se souvenaient encore, il y a quelques années.

ROXANNE SHANTE - Bad Sister

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CRIMEAPPLE - Aguardiente

, 23:15

New-York, 1995, souvenez-vous. Nous ne nous rappelons pas nécessairement du climat qu'il faisait dans la grande métropole de la Côte Est, cette année-là, mais sur ses disques de rap, c'est une certitude, il faisait froid. Ça ne rigolait pas, tant musicalement, les rappeurs de l'époque optant pour des beats décharnés et austères, que du point de vue des textes. De jeunes gens qui avaient été autrefois de petits dealers (voire pas), prenaient la dureté et la sauvagerie de la rue comme sujet principal. Ou bien, comme Raekwon et quelques autres, ils enjolivaient leurs expériences ingrates, ces longues heures à servir le client dans les courants d'air glacés de la ville, en se dépeignant en mafieux magnifiques. Pour bien des gens, le rap new-yorkais, voire le rap tout court, fut alors à son apogée. Pour une foule de nostalgiques, il atteint là un sommet, que personne n'a su dépasser depuis.

CRIMEAPPLE - Aguardiente

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REMY MA - There's Something About Remy: Based On a True Story

, 22:35

Le "Ante Up" de M.O.P. est un titre emblématique. Il est de l'un de ceux qui, dans l'histoire du rap, a frappé le plus fort. Il cognait, avec conviction, il est l'illustration même du mot banger. Et naturellement, comme tout tube de cet acabit, il fut suivi de réinterprétations et de remixes, dont un, officiel, avec Busta Rhymes, Teflon, et Remy Martin, alias Remy Ma. L'intervention de cette dernière était brève, mais elle s'y montrait dans son élément, étant elle-même l'adepte d'un rap qui tabasse. A cette époque-là, en 2001, elle n'avait pas encore sorti d'album, et le succès ne commencerait vraiment qu'avec "Lean Back", un morceau du Terror Squad de Fat Joe, dont Remy Ma avait été la protégée (après que son premier parrain, Big Pun, qui l'avait repérée pendant une session de freestyle, ait passé l'arme à gauche). Mais déjà, Remy Ma avait un parcours qui justifiait son statut de fille pas facile.

REMY MA - Theres Something About Remy: Based On A True Story

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THE SEQUENCE - Sugarhill Presents The Sequence

, 22:19

On pense souvent que le hip-hop a d'abord été un truc de garçons new-yorkais. On imagine, la plupart du temps, que l'irruption de rappeurs sudistes est un phénomène tardif, et que la présence de femmes dans cette musique a toujours été marginale. Mais l'histoire de The Sequence prouve le contraire. Le second single sorti par Sugar Hill Records, après "Rapper's Delight", était en effet l'œuvre de ces trois filles, trois amies issues de Caroline du Sud. Et "Funk You Up", leur premier titre, fut tout sauf anodin. Il fut, à l'inverse, un nouveau succès pour le label pionnier du rap, dont les "ding ding dong" furent samplés à plusieurs reprises (par Dr. Dre notamment, sur "Keep Their Heads Ringin'"), et qui fut pompé aussi par Bruno Mars sur son "Uptown Funk" d'après les intéressées, peu enchantées de n'avoir pas toujours reçu les dividendes et la reconnaissance qui leur étaient dus.

THE SEQUENCE - Sugarhill Presents The Sequence

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DRAKEO THE RULER - Cold Devil

, 22:46

Le rap de Los Angeles a toujours été, plus ou moins, sous les projecteurs. Du fait de la taille de la ville, en raison aussi de son statut de capitale du divertissement, les rappeurs de la grande cité californienne, à travers plusieurs vagues, n'ont jamais cessé de faire l'actualité. La dernière génération, cependant, mérite plus que d'autres toute l'attention qu'elle retient, du fait de son originalité et de son influence croissante. C'est évidemment le cas pour 03 Greedo, dont il a déjà été question ici. Mais ça l'est aussi pour son collaborateur Drakeo The Ruler, dont le Cold Devil, sorti à la toute fin de l'année passée et enregistré en quelques jours, entre deux périodes de captivité, aura été le dernier projet rap marquant de 2017.

DRAKEO THE RULER - Cold Devil

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BROCKHAMPTON - Saturation

, 22:29

La place du Web dans la production musicale est, on le sait, de plus en plus centrale. Et Brockhampton (ou BROCKHAMPTON, si l'on se conforme à leur nom officiel), un large collectif qui a fait l'événement en 2017 avec la sortie remarquée de trois albums intitulés Saturation, en est une démonstration claire. Il ne s'est pas contenté, comme tout le monde, de se faire connaître sur Internet : il s'y est formé. C'est en effet par une petite annonce publiée sur le forum d'un site de fans de Kanye West, Kanye To The, que le fondateur et leader du groupe, un jeune homme originaire du Texas appelé Kevin Abstract, a rassemblé tout un tas d'autres personnes pour monter ce projet, initialement intitulé AliveSinceForever.

BROCKHAMPTON - Saturation

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GANGSTA BOO - Enquiring Minds

, 22:49

Three 6 Mafia a été le groupe de tous les excès. Et s'il en est un pour lequel, plus que tout, il a été vilipendé, il s'agit bien de la misogynie. Glorification des proxénètes, objectivation de la femme, fascination sordide pour les strip-clubs… Juicy J, DJ Paul et les autres nous ont tout fait en la matière, et jamais avec le dos de la cuillère. Et pourtant, parmi eux, figurait une femme ; une adolescente même, puisque Lola Mitchell, alias Gangsta Boo, les avait rejoints alors qu'elle avait à peine 16 ans. Et forcément, pour survivre dans un tel entourage, elle n'avait eu qu'une option : les imiter, se montrer à la hauteur, donner plus de coffre encore à leur rap gangsta paroxysmique, devenir outrancièrement agressive.

GANGSTA BOO - Enquiring Minds

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QUEEN LATIFAH - All Hail the Queen

, 22:57

Le terme n'existait pas encore quand elle est apparue, mais Queen Latifah fut la première rappeuse "consciente". Plus précisément, c'est à la cause des femmes qu'elle fut souvent associée, en raison notamment du titre "U.N.I.T.Y.", sorti en 1993, et qui est devenu le grand hymne féministe du rap. Un tel engagement fait sens, au regard du parcours de Dana Owens. Celle-ci, une native du New Jersey qui prit pour nom de scène un mot arabe signifiant "sensible", ou "délicat", a été d'abord inspirée par le chantre de la Zulu Nation, Afrika Bambaataa. Elle a débuté sa carrière dans le hip-hop par un groupe de filles, Ladies Fresh (sa discipline était alors le beatboxing !), puis a rejoint plus tard le collectif Native Tongues, les grands représentants de la face la plus arty, afro-centrique et progressiste du rap.

QUEEN LATIFAH - All Hail the Queen

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5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

, 13:03

Il y a fort longtemps, en 1991, à Truro, dans ce nulle part hip-hop qu'était la province canadienne de Nouvelle-Ecosse, fut fondé un groupe appelé Hip Club Groove. Celui-ci, alors confidentiel, fut en quelque sorte la matrice d'une scène qui, quelques années plus tard, à la grande époque des labels de rap indépendants, aurait son quart d'heure de gloire : celle d'Halifax. Ce groupe, en effet, avait été cofondé par DJ Moves et Checklove, Sixtoo avait fait un temps partie de l'aventure, tout comme Gordski, le futur producteur des Goods, et il collaborait souvent avec un certain Stinkin' Rich, futur Buck 65. Tous ces gens, le temps venu, referont parler d'eux, avec plus ou moins d'écho, Checklove en tant qu'acteur, sous son vrai nom de Cory Bowles, et tous les autres dans la musique.

5.1.NINE.0.2. - When a Name is Just a Number

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CARDI B - Gangsta Bitch Music Vol. 2

, 23:05

Depuis quelques années déjà, son nom bruissait à nos oreilles. Peu à peu, en effet, il semble que le terrain ait été préparé au next big thing du rap féminin, et que ce titre ait été dévolu à Belcalis Almanzar. La confirmation est venue ces tout derniers mois, et elle a été spectaculaire : en 2017, avec "Bodak Yellow", Cardi B a été la première rappeuse à décrocher en solo un single numéro 1 aux Etats-Unis, depuis… Lauryn Hill en 1998 ! D'autres tubes ont suivi, "No Limit", "MotorSport", "Bartier Cardi". Et puis enfin, en 2018, son album Invasion of Privacy connaît un triomphe total, tant du point de vue critique que commercial. Bref, la rappeuse du Bronx a désormais rejoint Nicki Minaj au firmament du rap féminin américain.

CARDI B - Gangsta Bitch Music Vol. 2

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SHAWNNA - Worth tha Weight

, 22:05

Shawnna s'est d'abord fait connaître par la filière sudiste. C'est en effet via Ludacris et son label, Disturbing tha Peace, qu'elle s'est retrouvée chez Def Jam. C'est grâce à un duo avec le même, "What's Your Fantasy", qu'elle a attiré l'attention en 2000, et grâce à un autre single avec lui, "Stand Up", en 2003, qu'elle a été l'une des rares rappeuses (encore aujourd'hui) numéro 1 aux USA. La jeune femme, cependant, provenait de Chicago. En 1999, en tant que membre du duo féminin Infamous Syndicate, elle avait même sorti un album, Changing the Game, avec deux producteurs emblématiques de sa ville : No I.D., et un Kanye West alors méconnu. Par ailleurs, histoire de confirmer son ancrage local, Rashawnna Guy était la fille d'un des plus illustres bluesmen du cru : Buddy Guy.

SHAWNNA - Worth tha Weight

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FMB DZ - Washington DZ

, 15:44

Que le titre de cette mixtape, un jeu de mot avec l'acteur Denzel Washington, n'induise personne en erreur. FMB DZ ne vient pas de la capitale des Etats-Unis, mais de la ville devenue celle du rap, en 2017 : Detroit. Il est une nouvelle preuve qu'en cette année, tout ce qui a compté est sorti de là-bas, à tel point qu'il nous faudra encore toute une partie de 2018 pour rendre compte de ce qu'il s'y est passé. Et quand bien même on se limiterait à raconter l'année du jeune Denzel, il y aurait déjà beaucoup à dire, vu que ce rappeur y a sorti pas moins de trois mixtapes, et qu'il a aussi défrayé la chronique en août, en se faisant tirer dessus à trois reprises. Cet incident ne l'a toutefois pas empêché de sortir quelques jours après son deuxième projet (les autres ont été I Ain't Gone Lie, en juillet, et The Gift, en décembre), et de l'entamer par un titre fortuitement nommé "Hard 2 Kill".

FMB DZ - Washington DZ

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AMBER LONDON - 1994 EP

, 22:50

Il y a toujours, pour tout genre musical, un moment où l'on devient trop conscient de son héritage, où rien ne peut se définir autrement qu'en référence au passé. En ce qui concerne le rap, ce phénomène n'a rien de neuf, mais il s'est amplifié quand, au début des années 2010, une seconde génération a pris les commandes ; quand, pour la première fois, le rap a vaincu toute concurrence, et qu'il a été produit par des jeunes dont les parents eux-mêmes en avaient écouté. L'une des manifestations les plus éclatantes de cette nouvelle ère fut le revivalisme tous azimuts du Raider Klan, qu'Amber Linwood, alias Amber London (ou Vmber London, si on se conforme à la calligraphie très spéciale du collectif), son seul représentant féminin, a illustré sur le projet qui l'a révélée, le 1994 EP.

AMBER LONDON - 1994 EP

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