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A l'instar de son prédécesseur, quoique de façon moins systématique, Every Day réussit globalement son exercice casse-gueule de jazz relooké. Quelques titres brillants se distinguent, vers la fin notamment avec "Evolution", une bonne partie de "Man with a Movie Camera", un "All Things to all Men" qui doit beaucoup à la présence de Roots Manuva et "Every Day". Et l'ensemble prouve que Swinscoe et les siens cultivent toujours une certaine idée de la splendeur et de la magnificence.

Cinématique et orchestral, comme il se doit, Every Day laisse cependant une impression d'auto-complaisance. A de nombreuses reprises l'album, femme mûre restée belle et gracile, trop consciente d'avoir conservé quelques uns de ses atours avantageux de déesse, donne le sentiment de se pâmer trop béatement devant sa propre image. Et au final, même si Every Day reçoit aujourd'hui, comme souvent chez les seconds albums, l'accueil mérité par le premier, la glace peine à se briser. Une distance demeure qui empêche d'adhérer totalement et sans réticence.