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AWOL ONE & FACTOR - Only Death can Kill You

, 21:44 - Lien permanent

Sans conteste, Awolrus est un acteur clé de l'underground californien. A son échelle, il est une star. Pourtant, il est ardu de lui trouver un chef d'œuvre. Serait-ce Souldoubt, l'album des tubes ? Slanguage, sa virée free jazz avec Daddy Kev ? Number 3 on the Phone, pour le fabuleux "Carnage Asada" ? Difficile à dire, chaque disque mêlant le brillant au frustrant. Alors peut-être faut-il, à tous, leur préférer ce calme, court et discret Only Death Can Kill You, sorti avec Factor.

AWOL ONE & FACTOR - Only Death can Kill You

Side Road Records / Cornerstone RAS :: 2007 :: acheter ce disque

A première vue, ce projet commun d’une demi-légende rap et d’un beatmaker aussi prolifique que méconnu tient de l'alliance des contraires. Sur le papier, ça pouvait tout donner, le meilleur comme le pire. Après tout, les collaborations du producteur de Saskatoon avec d’autres MCs californiens (Akuma, Existereo, Kirby Dominant) n'ont pas toutes été des plus mémorables. Nous étions en droit de redouter un Awol One geignard s’exprimant en pilotage automatique sur ces samples de guitare pas toujours inspirés dont Factor a toujours été friand.

Mais non, finalement, ce disque sans prétention est une réussite. Awol One trouve ici des boucles simples qui conviennent à son éternel numéro de rappeur dépressif, en train de deviser à moitié ivre devant une chope de bière. Quand notre rappeur philosophe sur la fuite du temps ("Old Babies"), Factor sort la guitare mélancolique idoine. Quand il entame avec quelques amis un titre bonhomme ("Digital Angel"), le Canadien lui offre la mélodie bondissante qui va bien, avec une science des variations dont il n'a pas toujours été capable. Et quand le train-train s’installe, quand l’album s’éternise sur un rythme pépère, Factor relance la machine avec un beat plus sec et dérangeant serti de quelques scratches ("Smokin’ Coffee").

Les deux compères se dépassent même sur l’excellent "Sunday Mourning", où le producteur a le génie de placer en refrain un passage ralenti du "Mourning Sunday Morning" de Free, pendant que le rappeur chantonne et souligne le propos à coups de "that’s right". Il y a de fortes chances que Only Death Can Kill You passe inaperçu, qu'il s'égare dans les méandres de la discographie abondante de nos deux hommes. Pourtant, même s'il n'est pas le plus tonitruant, il est fort possible qu'il soit en fait le meilleur et le plus abouti de ses deux instigateurs.

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Commentaires

1. Le samedi 22 septembre 2007, 02:31 par Damien

Tu en parles bien.
Ce disque discret et sans prétention a pour l'instant sa place dans mon top 10 de l'année.

2. Le lundi 24 septembre 2007, 16:03 par Newton

Je ne comprends pas. Je l'ai réécouté la semaine passée, ça ne m'évoque qu'un vague sentiment de mollesse.

3. Le dimanche 21 octobre 2007, 15:00 par Damien

comme ta meuf

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