Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

MAYBACH MUSIC GROUP - Self Made Vol. 1

, 16:55 - Lien permanent

Quand on devient un rappeur important, la coutume veut que l'on se bâtisse un empire, que l'on crée un label et que l'on soude toute une équipe autour de soi. Or, important, Rick Ross l'était incontestablement, au début de la décennie 2010. Cinq années après l'historique "Hustlin'", il avait démontré qu'il était davantage que l'homme d'un seul tube. Tout récemment, étaient sortis les albums Deeper than Rap et Teflon Don, ainsi que les mixtapes Albert Anastasia et Ashes to Ashes, et il avait dominé la bande-son de l'été 2010 avec son dévastateur "B.M.F. (Blowin' Money Fast)". En 2011, donc, suite logique, il donnait corps à son nouveau projet, le label Maybach Music, avec l'album collectif Self Made Vol. 1.

MAYBACH MUSIC GROUP - Self Made Vol. 1

Warner / Maybach Music Group ‎:: 2011 :: acheter cet album

C'était un bien étrange attelage qu'il nous offrait. Rick Ross, en effet, avait recruté au-delà de son entourage immédiat. Aucun des principaux acolytes qu'il mettait en avant ne venait de Floride. Pour constituer sa nouvelle écurie, il avait privilégié des rappeurs à mixtapes. Pill, à Atlanta, ainsi que le possédé Meek Mill, à Philadelphie, avaient utilisé ce créneau pour se faire connaître. Et avant eux, cela avait aussi été le cas de Wale, l'ancien espoir du rap de Washington, que le gros rappeur chauve et barbu de Miami récupérait après un début de carrière en major avorté. A tous ces gens s'ajoutaient la chanteuse Teedra Moses, ainsi que Torch et le furieux Gunplay, déjà des protégés de Rick Ross au sein du groupe Triple C's. Et comme si tous ceux-là ne suffisaient pas, de nombreux invités avaient épaulé la fine équipe Maybach Music, comme Jadakiss, J. Cole, Prince Cyhi, Curren$y, French Montana, Jeremih, les producteurs Cardiak, Just Blaze, Lex Luger, et d'autres gens encore.

Avec une telle diversité, Self Made Vol. 1 était l'assemblage bancal de titres inégaux et éclectiques. Entre l'entrée triomphale de "Self Made" et le conclusif "Running Rebels", qui dégainaient tous deux chants féminins et instruments classieux, il y avait "Ima Boss", le titre 100% Meek Mill qui avait révélé son rap d'affamé, un morceau de Pill dédié au strip club, "Ridin’ On Dat Pole", et ce "Rise" où on s'endormait un peu, puisqu'y figurait le léthargique Curren$y. Il y avait aussi deux titres déjà connus : "Pandemonium", avec son style scintillant caractéristique de Rick Ross, et "Play Your Part", un morceau récupéré sur Ashes to Ashes, toujours aussi bon (malgré son mot d'ordre misogyne), mais à contre-emploi avec ses chants mélodieux. Et dans la même filière, il y avait aussi le "Don't Let Me Go" de Pill, avec une intervention bien sûr remarquable de Gunplay.

Cependant, quelque chose rassemblait tous ces intervenants. Ils partageaient une ligne directrice : ils se conformaient tous au Rick Ross de l'année 2010, le plus brutal, celui qui, pour exalter son statut fantasmé de baron de la drogue et pour célébrer sa vie de luxe et de volupté, avait troqué sa musique aux ambiances lounge pour les gros coups de burin de Lex Luger. Paradoxalement, le seul titre produit ici par ce dernier, le lent et soyeux "That Way" accompagné par Jeremih, appartenait au premier registre. Mais ailleurs, les protagonistes de l'album cherchaient à prolonger le plaisir de "B.M.F.". Même s'ils sentaient le réchauffé, même si la nécessité d'y laisser une place à chaque rappeur les prolongeait souvent au-delà du raisonnable, les morceaux "Tupac Back", "600 Benz", "Pacman", "By Any Means" et "Fitted Cap", tous enchainés bout à bout, n'en étaient pas moins jouissifs et efficaces, de même que "Big Bank" un peu plus tard.

Pour cette raison même, parce qu'il tirait trop sur cette corde, les critiques avaient été tièdes à l'égard de Self Made Vol. 1. Mais en vérité, un album qui capitalisait sur le Rick Ross énergisé du début de la décennie, agrémenté d'un Meek Mill ou d'un Gunplay au cœur de leur période la plus inspirée, ne pouvait pas être raté.

Vos 5 albums / mixtapes 2011

Désignez vos 5 albums ou mixtapes rap préférés de l'année 2011. Les résultats seront révélés plus tard, quand un quorum satisfaisant de votes sera atteint.

Album / Mixtape #01

Album / Mixtape #02

Album / Mixtape #03

Album / Mixtape #04

Album / Mixtape #05

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet