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LIGHTSHOW - Life Sentence 2

, 22:41 - Lien permanent

L'éveil de la scène de Washington (ou plus généralement de celle de DMV, si l'on emploie le terme consacré pour désigner, côté rap, les environs de la capitale américaine), remonte à il y a à peine plus d'une décennie. Ses acteurs de poids sont alors devenus Wale, Fat Trel, puis Shy Glizzy un peu plus tard. Mais il ne faut pas en oublier quelques autres qui, comme Larinzo Lambright-Williams, ont pris leur part dans cet essor. C'est avec une mixtape estampillée DJ Khaled, The Way I See It, que certains ont découvert fin 2014 celui qui se fait appeler Lightshow, ou plus tard sur If These Walls Could Talk avec son aéropage d'invités allant de Kap G à Icewear Vezzo. Mais c'est avant cela, peu de temps après ses débuts en 2011, que le rappeur des quartiers Sud-Est de DC s'est fait connaître des plus avertis.

LIGHTSHOW - Life Sentence 2

86 America ‎:: 2013 :: télécharger cette mixtape

En 2012, une collaboration avec Wale sur le morceau "Georgetown Press" attirait l'attention sur lui, suivie en 2013 par son insertion dans une liste de rappeurs à suivre de près proposée par le magazine Complex. Tout cela coïncidait avec la mise en circulation de la mixtape Get Well Soon (autrefois chroniquée ici) et des deux premières éditions de la série Life Sentence. Sortie en toute fin d'année 2013, Life Sentence 2 a sans doute été la mixtape qui a le mieux mis en valeur la principale qualité de l'intéressé : la faim, la fougue, la véhémence, exprimées via des raps proprement expectorés ; en cette époque fraichement traumatisée par les coups de massue de Waka Flocka, une brutalité de la musique et une intensité des paroles qui, toutes deux, réclament et obtiennent une attention immédiate.

Mais c'est dans les pas d'un autre que Lightshow marche : ceux de Boosie, qu'il aimerait voir collaborer avec lui sur "Feature From Boosie". On retrouve chez lui la même façon viscérale de traiter du ghetto. Dès le titre introductif, il nous invite en effet dans le vrai Washington, celui caché derrière ses monuments. Dès le brûlot "Let's Talk About", il nous emmène au cœur de sa vie dissolue. Il égrène la ribambelle de ses difficultés sur "Problems", il dénonce une trahison sur "Burning Bridges", il réprimande les siens pour leur sottise sur "Stupid". Il est prompt aux accès de violence sur "Where We At" et "Ever". Sur "No Favors", il montre cependant qu'il a su survivre à l'adversité, qu'il s'est fait tout seul. Et il expose fièrement ses envies d'échapper à sa condition sur le très bon "Revolving Door", un titre en décalage avec ses cuivres, guitare, violons et percussions très soul.

Lightshow s'attaque à tous ces thèmes avec la même hargne, la même vigueur. Pourtant, il n'impressionne pas toujours. Sa mixtape a ses creux, ses ratés. Elle s'essouffle parfois, il lui arrive de viser à côté. Mais quand, sur "Came a Long Way", "Let's Talk About", "No Favors", ou les bonus que sont ce "Lite Ice" sous Auto-Tune et "Double Standards", le rappeur de Washington tape fort, il tape fort.

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