THAVIUS BECK - Thru

Contrairement à ce que pourrait laisser croire sa posture d’expérimentateur hip-hop, il y a souvent eu de la facilité chez Thavius Beck. Le producteur historique de Global Phlowtations, l'un de ses rares membres à avoir émergé dans les années 2000, grâce à ses sorties sur les labels Mush, Plug Research et Big Dada, a parfois gâté sa musique par trop d’effets, trop de pyrotechnie et de gros sons électroniques faits tout spécialement pour faire peur, dans un grand numéro de hip-hop gothique. Mais il y a eu aussi beaucoup de talent chez le bonhomme.

THAVIUS BECK - Thru

Bien plus que sur Decomposition, son premier album chez Mush Records, davantage aussi qu’avec le Zwarte Achtergrond de Lab Waste, son duo avec Subtitle, qui nous a apporté une sorte de version hip-hop de la musique de Trent Reznor (avec lequel Thavius Beck a d'ailleurs collaboré), c’est sur un très bon International Beats délivré alors en format CD-R et sous le nom d’Adlib, son pseudonyme historique, que le producteur californien a su montrer sur la longueur le meilleur de ce dont il était capable, puis ensuite sur son deuxième album solo officiel, Thru.

La froideur excessive de Decomposition est toujours présente, sur cet album. Elle domine dès l’introductif "Sonic Sound" avec son électronique criarde et ses paroles graves en arrière-plan, puis sur d’autres morceaux faits à peu de frais pour impressionner, comme "Reaching", le grandiloquent "The Storm Before The Calm" ou cet infâme "Perpetual Pursuit" digne de figurer sur la bande originale de Scoubidou. La plupart des autres titres, toutefois, s'avèrent plus délicats et moins lourdauds, comme "Under Pressure", et surtout "Down", le plus sophistiqué de tous, un quasi-instrumental où n’apparaissent que par touches, accompagnée du son dérangeant d'un bris de glace, et de la douce voix fantomatique de la chanteuse Mia Doi Todd.

Quand il ne se limite pas à des instrumentaux, ou qu'il ne saisit pas lui-même le micro, Thavius Beck est secondé par des rappeurs sur des titres qui, dans l'ensemble, sont réussis. Ceux-ci rappellent qu’il est avant tout un producteur de rap, un musicien dont les compositions ne prennent de l'ampleur qu’une fois habillées de paroles. "Dedicated To Difficulty", par exemple, est non seulement un bon son d'Adlib, il est aussi le meilleur du gros 2Mex depuis longtemps, malgré un refrain qui s’éternise au-delà du raisonnable. Même jugement favorable pour le piano approprié du "98" de Nocando, où le rappeur se livre sur le décès prématuré de son père, et pour le "Lyrical Gunplay" du poète slam Saul Williams. Tous ces titres concourent à faire de Thru, en dépit de faiblesses, le meilleur des disques facilement trouvables d’Adlib.

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