2MEX - Sweat Lodge Infinite

Dense, touffu, boursouflé, ce nouveau 2Mex a de quoi laisser circonspect. Avons-nous affaire à un chef d'oeuvre en devenir et difficile d'accès ou à un énorme faux pas ?

Temporary Whatever :: 2003 :: acheter ce disque

Je sais. C'est moche, c'est lourd de s'exprimer à la première personne. Mais je ne vois pas de meilleure solution qu'une approche biographique pour commenter ce disque.

Car autant être franc : au commencement, Sweat Lodge Infinite m'horrifiait. Trop lourd, trop dense, trop plein des scratches envahissants pondus par Mixmaster Wolf (de Breakestra), de sirènes ("Pavillions of Sound") ou d'autres couches de sons gras préparés par Longevity (producteur de Darkleaf). J'avais pourtant énormément apprécié B-Boys in Occupied Mexico, son style très éclaté, son florilège de titres excessivement distincts, certains rappés en Espagnol, d'autres pas franchement hip hop. Beaucoup étaient parvenus à séduire le faux rappeur que je serai toujours. Mais là non, cette fois ça ne passait pas. Il m'énervait ce nouveau disque, avec ses allures de monument imprenable, de forteresse dont on aurait perdu la clé. Il se défendait bien, je n'en venais pas à bout, malgré les encouragements d'un compère 100 fois plus fan que moi, un compère dont les bases sont quelque part par là.

Et puis j'ai fait ce qui est conseillé en pareil cas. J'ai tout laissé tomber. J'ai laissé reposer. Et puis plusieurs semaines après, j'ai enfilé mon armure (mes headphones, plutôt) et je suis reparti à l'assaut de Sweat Lodge Infinite.

A ce jour, je ne l'ai toujours pas conquis. Ce n'est pas encore la béatitude, ni l'extase. Ce côté boursouflé, verbeux, pâteux et filandreux, d'ailleurs plus que fréquent chez les Shapeshifters, me pose encore problème. A mon âge, il est bon de surveiller sa ligne, de préférer le light, d'éviter les excès. Mais tout de même, malgré tout, peu à peu, ça commence sérieusement à le faire. Sur "Obey", sur "No Category", sur "3 or 13" (un duo avec Aceyalone), sur "Copy That" (avec Busdriver et Kermit de Darkleaf) ou sur l'excellent "Before the Format", le brouet laisse échapper quelques saveurs, fussent-elles fugaces et gâchées aussitôt par la chianterie d'après. Tout cela est loin d'être suffisant, mais c'est encourageant. J'ai bon espoir. Je me souviens que sur mes 20 ou 30 disques préférés, une bonne moitié m'ont rebuté à la première approche. Alors, pourquoi pas ce 2Mex ?

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