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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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THE GOODS - The Goods

, 23:04 - Lien permanent

Vu la publicité faite autrefois, dans la petite sphère underground, sur le hip-hop audacieux et visionnaire d'Halifax, il est parfois étonnant de réaliser que certains de ses albums pionniers n'étaient en fait pas si révolutionnaires. Comme l'ensemble du rap indé, celle-ci est restée un temps très fidèle au boom bap new-yorkais du cœur des années 90. Ce n'est qu'après, avec les expérimentations des Sebutones, de Knowself, de Recyclone, qu'elle est vraiment passée à autre chose.

THE GOODS - The Goods

Goodnight Musics :: 1997 :: disque indisponible

Considéré comme l'un des petits classiques de cette ère, le premier album des Goods, le démontre encore aujourd'hui. Le duo fondé en 1996 par le producteur Gordon "Gordski" Campbell, un ancien du Hip Club Groove (un groupe fondateur de la scène d'Halifax, qui comprenait aussi DJ Moves et Sixtoo), et par le rappeur Noah "Kunga219" Haspry, offraient un disque en plein dans son époque.

Quelques uns de ses beats, atypiques et bizarres, annonçaient la suite, comme celui, tribal, de "Annotative Annunciations", ce "Negative Prediction" qui imitait le vent, ou ce "Juxtaposition" qui lorgnait vers la drum'n'bass. Mais pour l'essentiel, c'étaient des boucles, formées à l'aide de samples aux sonorités afro-américaines (jazz, soul, etc.), avec parfois des petits airs de Native Tongues ("Lonely Cowboy"). Calme et chaleureuse, soulignée de percussions qui sonnaient très live, et accompagnées de scratches et de virées en territoire turntablist, comme avec l'instrumental "No Envy", la musique, au bout du compte, dépaysait peu.

Malgré cette spécificité qu'est l'intérêt de Kunga219 pour le bouddhisme ("kunga" signifie "joyeux" en Tibétain), ce dernier n'était pas encore aussi aventureux que sur son album solo de 2000, Tharpa's Transcript.... Ses envies d'expérimentations ne filtraient qu'à travers "Escoteric Sorrow", où il récitait deux fois le même texte, en stéréo, avec un décalage entre les écouteurs droit et gauche. Partout ailleurs, de sa voix grave, posée et indolente, il optait pour les registres privilégiés par les rappeurs de ces années là, jouant sur les mots et sur leurs sonorités, donnant dans le storytelling, ou s'en prenant aux MCs d'opérette. Même Maxwell, présent à deux reprises (l'autre invité est Little T, futur Tachichi), était ici beaucoup plus retenu que le trublion qu'il deviendrait plus tard, sous le nom de Josh Martinez.

Carré, maîtrisé, et dépourvu des quelques tubes que compterait leur troisième album, un Dream Sequence (1999) très recommandable, le premier opus des Goods s'écoulait sans choc ni réelle surprise. Mais il était aussi sans défaut. Il apportait une preuve de la parfaite maîtrise des codes du rap par la scène d'Halifax, avant que certains de ses rappeurs ne s'amusent à les faire exploser.

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