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BLUE SKY BLACK DEATH - Third Party

, 22:41 - Lien permanent

Ca devait arriver. A force de marier les bidouillages hérités du hip-hop aux chansons mélodieuses et fragiles de l'indie rock, le rap indépendant a fini par réinventer la pop synthétique des années 80. C'est en tout cas l'impression qui domine à l'écoute de ce Third Party, un nouveau disque du duo de beatmakers Blue Sky Black Death qui, après avoir côtoyé des gens aussi disparates que Guru (R.I.P.), Jus Allah, Jean Grae, Mike Ladd, Rob Sonic, Myka 9, Awol One et Holocaust du Wu-Tang, s'acoquine pour son premier disque chez Fake Four, le label des frères Ramos, avec un artiste maison, Alexander Chen de Boy In Static.

BLUE SKY BLACK DEATH - Third Party

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Ian Taggart (alias Young God) et Kingston Maguire (alias Kingston) nous avaient habitués à des collaborations extrêmement diverses, allant d'artistes reconnus à d'autres dénichés au fond du gouffre, en passant par l'intelligentsia hip-hop underground. Mais jusqu'ici, ils n'avaient côtoyé que des rappeurs. Cette fois, pourtant, ça change. Ce sont de jolis chants peu assurés que nos deux producteurs se sont décidés à accompagner, avec Chen en guise de third party.

A propos de ce disque, on a entendu parler de shoegaze, et il est vrai que les chants évanescents rappellent ce genre par instants. Mais c'est plutôt à un style plus ancien, à la synth pop propre sur elle des années 80, que ce Third Party semble appartenir. Même les instrumentaux comme "Set Fire" ont ce côté gentiment rétro, désuet même, qui nous ramène au début de la décennie 80, ou aux heures de l'avant techno (cf. les notes introductives de "Threads of Gold").

Comme ils nous l'ont prouvé depuis A Heap of Broken Images (2006), nos beaux amis de BSBD sont de fins musiciens, et ils ne semblent pas perturbés par leur changement de registre. Comme avec Boy in Static, la voix ténue et délicate d'Alexander Chen nous emmène parfois aux limites extrêmes de ce genre affadi que l'indie pop est devenue dans les années 2000. Mais avec les nappes de "Carl Sagan", avec un "Institution" tout à la fois mélancolique et enjoué, dans la tonalité douce amère générale de l'album, et avec cet atmosphérique et répétitif "Rerun" où les paroles de Chen ne sont plus que mantras, la belle ouvrage des deux producteurs maintient fermement ce Third Party du bon côté de la barrière.

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Commentaires

1. Le lundi 8 novembre 2010, 16:08 par Lebowski

"nos beaux amis de BSBD sont de fins beatmakers"

yes. une qualité et un défaut, à trop vouloir en faire parfois (je pense à late night cinema). mais ça peut être absolument génial (et là je pense à leur album avec warcloud, leur meilleur travail pour moi)

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