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GRUF - Druidry

, 20:29 - Lien permanent

Parmi les indispensables qui se sont enchaînés chez Peanuts & Corn entre The Ethics EP et l’ultime Disenfranchised, le premier album de Gruf figure en bonne place. Après s’être illustré avec le groupe Twisted Spirits, puis son successeur Frek Sho, et surtout Fermented Reptile, le rappeur chauve aux origines amérindiennes proposait un autre de ces albums solo solides et consistants sortis chez P&C, un autre de ces disques jamais outrancièrement originaux mais infiniment personnels, produits de main de maître par un Mcenroe au plus fort de son inspiration.

GRUF - Druidry

Peanuts & Corn :: 2001 :: acheter ce disque

C'est une règle quasi universelle : l’alchimie, l'entente parfaite entre un rappeur et son beatmaker est le secret des meilleurs disques rap. Et rarement, même chez Peanuts & Corn, elle n’a aussi bien fonctionné que sur Druidry. Avec une grande retenue, Mcenroe sortait ses sons les plus calmes, les plus subtils, basses profondes, percussions pertinentes, cordes pénétrantes, saxophone ouaté, piano impressionniste, délicatesses jazzy, pour accompagner les pensées déclamées d'un phrasé clair et serein par Gruf the Druid. Certes, c’était du rap conscient et du quasi spoken word. Certes, le rappeur n’échappait pas au syndrome Lilian Thuram, fréquent dans le rap, celui du type qui pontifie et s’improvise sage sans en avoir ni le bagage ni les moyens. Il jonglait aussi avec des théories à fort potentiel de dérapage, comparant droits humains et droits des animaux, ou opposant à la théorie de l’évolution celle de la génération spontanée ("Age of Ice").

Mais The Gruf ne s'aventurait jamais au-delà d'une simple interrogation. Jamais il n'était définitif ni péremptoire, il ne faisait que penser à voix haute, abordant des thèmes ô combien inhabituels, même dans le petit monde du rap intello. S’inventant druide moderne et rappeur écologiste, il rappelait le tribut que les hommes doivent aux végétaux ("The Plants"), se lançait dans des histoires de transmutations ("Awakening") qui sentaient bon le shamanisme, s’interrogeait sur les OVNI ("Trust your Senses") et abordait la question de la peine de mort du point de vue du condamné ("Payday"). Si Druidry comprenait peu de titres saillants, hormis peut-être le singulier et presque ambiant "Tooth and Nail", "Payday" et sa mandoline ainsi que le somptueux "Awakening", chacun de ses raps denses et limpides dispensait un plaisir suave et durable, faisant de l'album un très grand disque Peanuts & Corn, et donc l’un des must-have du rap indé.

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Commentaires

1. Le vendredi 25 mai 2007, 23:23 par Christian

Amusant que tu chroniques ce disque maintenant, je l'écoutais justement hier soir. Et toujours un plaisir, McEnroe effectivement subtil, et Awakening effectivement somptueux... Cet album a beaucoup de charme.

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