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JESSE DANGEROUSLY - How to Express your Dissenting Political Viewpoint through Origami

, 14:59 - Lien permanent

Difficile de prétendre s’intéresser au hip hop d’Halifax sans se pencher un jour sur le cas de Jesse Dangerously. Au cœur de cette scène depuis des années, collaborateur occasionnel de Josh Martinez, de Bending Mouth, de Bleubird, de Johnny Hardcore, des Restiform Bodies, des Sequestrians (ex Toolshed) et d’autres, le bonhomme est un condensé de tout ce que la capitale de la Nouvelle Ecosse a produit de meilleur et de pire en matière de rap.

JESSE DANGEROUSLY - How to Express your Dissenting Political Viewpoint through Origami

Backburner Records :: 2004 :: dangerously.ca :: acheter ce disque

Chez Jesse D., gros Blanc à barbe et à lunettes, beatmaker ingénieux et rappeur marmonnant, parangon ultime d’un nerd rap assumé et revendiqué, vous trouverez en concentré l’humour potache de Josh Martinez, les divagations sur voix rauque de Buck 65 et les instrumentaux savants de Sixtoo, sans le talent des trois ressortissants les plus connus de cette scène-là, mais en plus fantasque encore, et avec une moyenne impressionnante d’idées au mètre.

How to Express your Dissenting Political Viewpoint through Origami, disque au titre improbable sorti en 2004, est à ce jour le meilleur point d'entrée dans l'univers du rappeur / producteur. L'homme dont le vrai nom est Jesse McDonald le présente comme "the album I was trying to make from 1997 until 2002". Et cette somme est un immense foutoir. Il y a sur ce quatrième album de Jesse Dangerously tout ce que l'on peut imaginer, et même plus encore.

On trouve ici l’ego-trip ironique ("I’m the best since DJ Jazzy Jeff and The Fresh Prince", sur un "Abominated Pig-Men" qui vaut surtout pour son finale), le blues d’un gay et celui d’un raté rappés / chantés à la Josh Martinez ("A Single Gay Man on his Thirtieth Birthday", le très bon "For Lack of Trying"), des flûtes médiévales du meilleur goût ("Damaged Senses"), des interludes (le beau "In Heav’n", "Jesse Ventura" et un message de DJ Moves), des titres funky ("Trouble Brewing"), des sons outrancièrement légers ou exagérément sombres, des instrumentaux printaniers ("Wicca Puffer"), mélancoliques (un "Spring Garden" joli comme tout) ou inquiétants ("Radioactivated"), et une poignée de scratches assurés par Bad DJ Budget Cuts et par DJ Uncle Fester. Dangerously reprend aussi un morceau de Tom Lehrer ("The Elements"), son lointain précurseur en matière de chansons satiriques et parodiques.

De ce disque touffu, de ce capharnaüm de plus d’une heure, difficile de ne pas ressortir groggy ou de distinguer les bonnes idées des concepts chelou. Le ménage fait, toutefois, il est évident que Jesse D. mérite d’être surveillé de près.

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Commentaires

1. Le mardi 7 février 2006, 22:14 par pseudzero

J'en ai un autre de lui qui est sympa : Eastern Canadian World Tour 2002... c'est Thesis qui me l'avait gravé, je l'ai jamais vu dans le commerce... il est plein de second degré et de posse-cuts délirants.. à conseiller aussi la compile Backburner 'Big Talk' et les trucs de Dert Roads, le groupe d'Uncle Fester... Ash Boltagone où es-tu?

2. Le jeudi 9 février 2006, 08:30 par Fake For Real

Contrairement à moi, Ash Boltagone déteste absolument Jesse Dangerously. Sinon, il n'est pas bien loin mais il préfère apparemment rester muet.

3. Le jeudi 9 février 2006, 21:32 par Ash Bolts

Détester est un bien grand mot. Disons que je ne suis pas vraiment amateur de ce qu'il fait. Après ça ne me dérange d'y jeter une oreille.

4. Le jeudi 9 février 2006, 22:28 par pseudzero

euh... et maintenant : ags, où es-tu?

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