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LAB WASTE - Zwarte Achtegrond

, 14:45 - Lien permanent

L’album commun d’Adlib et Subtitle, valeurs montantes du West Coast Underground et tenants de sa face la plus noire, s'est révélé conforme aux attentes : audacieux, sombre, froid et tarabiscoté.

LAB WASTE - Zwarte Achtegrond

Temporary Whatever :: 2005 :: acheter ce disque

Forcément, avec les beats dérangés d’Adlib et de Subtitle et le phrasé de robot endormi du dernier, ça ne risquait pas d’être lumineux et de respirer la joie de vivre. Le titre, bien froid et bien barbare, présageait d’ailleurs assez bien du contenu. Zwarte Achtegrond (Black background, si l’on traduit ce mauvais néerlandais en bon franglais) est bien noir sur fond noir, et pas seulement à cause de la couleur de peau des deux rappeurs / producteurs. L’album West Coast Underground le plus attendu de l’année 2005 vise le futur et l’espace, mais en même temps il nous ramène vers 98/99, quand un rap froid et sombre serti d’électronique était de saison aux marges du genre. Avec, et cela fait une grosse différence, un résultat plus accrocheur, plus accompli et moins lo-fi que, par exemple, la moyenne des disques sortis par Subtitle.

Ce ne sont pas les résidus de leurs expériences de labo que les Labwaste nous proposent, mais le meilleur, les pièces les plus accomplies. Avec même des bouts de hit dedans, comme "Dope Beat" et sa grosse nappe ou comme le titre d’avant ("Get The Signal") avec sa ritournelle ("You can get the signal, the unformatted disk") aussi sibylline et casse-tête qu’une bonne partie des paroles présentes ici (cf. celles de "Internal Psi / Sci / Ence"). Le tout est un savant assemblage de voix trafiquées, d’interférences, de blips, de synthé et de rythmiques en tous sens, des titres originaux jusqu’aux remixes finaux assurés par Sixtoo, Daedelus, Dntel et Adlib / Thavius Beck lui-même. Alors parfois, bien sûr, tout cela est tellement froid que l’on a bien du mal à briser la glace et à adhérer pleinement. Malgré sa saleté et sa noirceur, le labo garde quelque chose de clinique. En sort une œuvre sous glace, difficile à approcher et à s’approprier. Mais avec elle, les fans de la face sombre du rap ont largement trouvé de quoi se réjouir.

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