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WHY? - Oaklandazulasylum

, 23:47 - Lien permanent

Bien dommage que les nombreux détracteurs que comptait Anticon à ses débuts soient devenus si discrets. Car l’album de Why? sorti cette année les aurait confortés dans leurs préjugés selon lesquels "de toutes façons, tout ça, c’est pas du rap".

Anticon :: 2003 :: acheter ce disque

C’est bien dommage que les nombreux détracteurs que comptait Anticon à ses débuts soient devenus si discrets. Car l’album de Why? (l'un des trois Clouddead) sorti cette année les aurait agréablement confortés dans leurs préjugés selon lesquels "de toutes façons, tout ça, c’est pas du rap". Le label à la fourmi nous a certes habitués de longue date, et c’est tant mieux, à ne pas respecter à la lettre les codes du hip hop. C’en est même devenu sa marque de fabrique. Mais cette fois, c’est clairement un disque d’indie pop qu’il nous propose. Un disque d’indie pop folk lo-fi déjanté, cela va sans dire.

Voici donc un emcee qui ne rappe presque pas. Juste une fois, histoire de, sur un "Bad Entropy" plutôt réussi. Et encore, pas sur toute la longueur du morceau. Pour le reste, ça n’est que chantonnements et guitare acoustique agrémentés de nécessaires colorants électroniques et autres. Le tout agencé avec un irrespect absolu pour la formule couplet/refrain. Ce qui donne des titres qui ressemblent davantage à des ébauches de morceau qu’à de rondelettes chansons, par exemple ce "Early Whitney" où se télescopent un début de rock slacker à la Pavement et des choeurs beachboysiens, ou encore ce "Weak Moon" où se croisent une sorte de chant de messe et un a capella de hippy.

Naturellement, Why? a mis de la matière sur cet album pondu depuis son asile d’Oakland. On y trouve quelques moments fort sympathiques comme le "Afterschool America" déjà présent sur la compilation Lexoleum, un "Women Eye. No" dont vous retiendrez longtemps le refrain ("I’ve just found out for sure, the girl I had a crush on is a lesbian") et mon préféré, le vaporeux "A Little Titanic" et son rythme dance. Mais domine toutefois l’impression, coutumière chez Anticon (quand ses artistes ne partent pas dans un rap mégalomane et ampoulé à la Alias ou à la Sole), que l’auteur nous propose davantage une boîte à outils fourre-tout et mal rangée qu’un véritable album constant et réjouissant de bout en bout. Tant mieux. Tant pis.

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