BIG MOOCHIE GRAPE - East Haiti Baby

L'aventure continue, vaille que vaille. Young Dolph a cessé d'être à l'épreuve des balles, il est mort, mais son petit empire, Paper Route, est toujours debout. Le dauphin du dauphin, Key Glock, a pris le relais, et ses autres protégés sont toujours très actifs, à l'image de Kenny Muney et de Big Moochie Grape. "Longue vie à toi Dolph, yeah, j'ai subi une grande perte (…), grand frère, mais sache qu'on va tenir la boutique", a dit ce dernier sur "In Dolph in Trust", morceau hommage issu de Long Live Young Dolph. Et sur son dernier album, il tient à le démontrer.

BIG MOOCHIE GRAPE - East Haiti Baby

C'est donc toujours la même école. Cet ancien délinquant juvénile doué pour le rap que Young Dolph a pris sous son aile délivre une formule dans sa lignée, avec l'appui fidèle et fréquent du producteur maison BandPlay, et même quelques vers posthumes du patron sur le morceau "Fun". C'est un nouveau produit de série sorti des ateliers Paper Route Empire, de ce label qui croit aux vertus de l'artisanat et de l'indépendance. C'est encore une fois ce rap qui, avec ses thèmes gangsta excessifs, avec sa posture de garçon rude plus préoccupé de bien-être matériel que de sentiments ("Money Money Money"), avec aussi son flow saccadé, démontre une fois encore l'influence considérable d'une grande figure tutélaire de l'endroit, Project Pat.

Tout comme ses camarades de label, Big Moochie Grape nous raconte toujours la même histoire, celle, éternelle, de la revanche de ceux qui ne sont rien ("Never Had Shit") mais qui veulent tout tout de suite ("Right Now"). C'est aussi une musique qui ne s'embarrasse ni de morale, ni des précautions d'usage, le rappeur nous envoyant sans retenue du "faggot" et du "bitch", comme sur le sépulcral et l'irrespectueux (et donc le très Memphis) "Big Flair".

L'album est bien sûr aussi inégal qu'il est générique, mais il a quelques perles. Une fois passé l'introductif et l'éponyme "East Haiti Baby" (avec le même sample de Bill Whiters que sur le "No Diggity" de Blackstreet), on entendra le remarquable "Never Had Shit" déjà cité, cet indolent "Christopher Wallace" où Big Moochie Grape se mesure à Notorious B.I.G., un "Breakdance" featuring Key Glock menaçant à souhait avec son piano minimaliste servi par BandPlay, ce "Joe Biden" gothique et brutal, l'égo-trip en bonne et due forme et au piano haletant qu'est "I"m the One", un agressif et implacable "Acting Up", puis un définitif "Takeover" qui aurait mérité d'être la vraie conclusion. L'aventure va se poursuivre, donc. Comme avec le Biggie susmentionné, il y aura une vie après la mort pour Young Dolph. Big Moochie Grape et les autres veillent au grain.

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