BANDGANG LONNIE BANDS - KOD

A Detroit, tout tourne autour de collectifs, mais à chaque fois, une personnalité centrale se distingue de ceux-ci. Dès la fin des années 90, à l'origine de la scène gangsta telle qu'on la connaît aujourd'hui, il y a les Street Lord'z, et leur grande figure est Blade Icewood. Dans la première partie de la décisive décennie 2010, ce sont les Doughboyz Cashout qui, grâce à leur lien avec Young Jeezy, permettent alors à tous ces gens de devenir plus visibles, et Payroll Giovanni est leur membre le plus éminent. Enfin, dans sa seconde moitié, au moment où la ville s'affirme au niveau national comme une place forte du rap contemporain, c'est BandGang qui est au centre du jeu. Et la grande star de BandGang, c'est incontestablement Lonnie Bands.

BANDGANG LONNIE BANDS - KOD

Le collectif et sa "star", pourtant, ont mis un peu plus de temps à récolter les éloges que d'autres rappeurs locaux, ceux de la Team Eastside par exemple. Il y a eu un long chemin entre Antisocial en 2016, l'album grâce auquel Lonnie s'est imposé en solo, et son excellent parcours de 2021, avec Street Dream Team et ce plus remarqué Hard 2 Kill coopté par ses pairs d'Atlanta et de Los Angeles, réédité il y a tout juste quelques jours en version deluxe. Mais entretemps, avant que sa carrière ne soit secouée par cette horrible année 2020 qui a vu plusieurs de ses proches disparaître, il y a un premier frémissement autour de lui, avec KOD en 2019, un opus que le précieux critique rap Alphonse Pierre met alors en avant du côté de chez Pitchfork.

Sorti un an après In Too Deep, cet excellent mais mésestimé album collectif de BandGang, KOD est inégal. Cependant, il nous offre du Lonnie Bands pur jus, celui qui sur des pianos sans répit et de sa voix noueuse parsemée de soupirs et de sifflements, nous parle de sexe et de filles, surtout, de proxénétisme, d'armes et de drogue, aussi, et de la grande spécialité locale, le scamming. Pas d'invité extérieurs à Detroit, tout le monde ici vient de la ville (Sada Baby, Drego, Beno, les collègues de BandGang comme Masoe, Javar et Paid Will, et RJ Lamont qui produit une bonne part de l'opus), exceptés quelques Californiens comme la Shoreline Mafia, Ron-Ron the Producer ou Stunna Girl, qui rappellent les liens étroits existant entre les deux scènes.

A ce propos, l'album se termine par un morceau d'anthologie, "Detroit to Inglewood", qui célèbre cette même connexion, en compagnie notamment de l'excellent Ice Burgandy, un homme qui avait presque disparu depuis l'époque, au début de la décennie, où il avait été le protégé californien de Waka Flocka. Ce titre est indéniablement un temps forts de l'album, toutefois il n'est pas le seul. Dans un tout autre style, celui du tube licencieux "10 Freaky Hoes" s'en sort très bien aussi, avec son refrain imparable signé Beno, ainsi que quelques curiosités comme le plus lent "Ghetto Moshpit" et ce minimaliste "Heaven For A Thug" porté tout entier par l'interprétation sidérante de Lonnie Bands. KOD, décidément, c'est une pièce à retenir, dans une discographie qui s'avère chaque année plus conséquente et plus indispensable.

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