DUKE DEUCE - Duke Nukem

Il aurait pu disparaitre, Duke Deuce. Son revival crunk ayant fait long feu, se limitant peu ou prou à sa seule personne, il aurait pu s'effacer avec lui. Mais Quality Control n'allait pas le lâcher si facilement. Début 2021, donc, le rappeur de Memphis est revenu avec un autre album qui, ma foi, vaut amplement celui de l'an passé. Avec Duke Nukem, c'est reparti pour une série de morceaux rentre-dedans, agrémentés de ses habituels "what the fuuuuck!". Et comme l'indique cette introduction appelée "Coming Out Hard", d'après le premier classique d'8Ball & MJG, comme le montrent aussi ces premiers mots qui convoquent les légendes rap de sa ville Kingpin Skinny Pimp, Three 6 Mafia, Project Pat et Playa Fly, comme le prouvent ses emprunts à des tubes locaux tels que le "Paper Chaser" d'EP & Dow Jones, sur "Fell up in the Club", Duke Deuce exploite à nouveau le très riche patrimoine de Memphis, bien au-delà du seul crunk.

DUKE DEUCE - Duke Nukem

Sur Duke Nukem, tout comme le vieux héros de jeu vidéo auquel l'album emprunte son nom, Duke Deuce tire sur tout ce qui bouge. Il y va, sans ménagement, et il fait carton plein. Il se lance d'emblée sur le tonitruant "Soldiers Steppin", une marche militaire crunk terriblement efficace sur laquelle il s'époumone. Plus tard, il délivre d'autres hymnes destinés à dévaster le club de fond en comble, tels que le susnommé "Fell up in the Club", avec A$AP Ferg. Il fait hurler et reprendre en chœur des refrains simples et entêtants, comme sur "Move". Il grogne même sur "Grrr". Et sur "Kirk", avec Mulatto, il exalte ce bel endroit qu'est le club de striptease.

Mais comme il faut bien respirer un peu, Duke Deuce ralentit parfois son allure martiale. Il fait quelques pauses dans sa guerre nucléaire, comme avec le mélancolique "Army" et le très beau finale chanté à la guitare de "Go 2 Hell". Et il offre du temps à des compagnons venus d'autres horizons, d'Atlanta principalement, tels qu'Offset sur "Gangsta Party", Lil Keed sur "Busy", et Foogiano sur "Spin", délivrant avec ou sans eux des morceaux plus orientés trap music.

Ça ne fait pas toujours mouche. "Toot Toot" par exemple, une collaboration avec Young Dolph, s'avère plutôt tiède. Mais souvent, ça secoue, ça dépote, ça assure. C'est rempli d'humour potache et de fanfaronnades tels qu'on les aime, à propos de ces plaisirs de la vie que sont le sexe, la drogue et la discothèque. "One hit wonder, huh? Pfft, fuck what you think", s'énerve Duke Deuce quelques instants sur "Coming Out Hard". "Le type d'un seul tube, hein ? Pff, va te faire foutre avec ce que tu penses". Le rappeur de Memphis, en effet, est loin de se résumer au seul titre "Crunk Ain't Dead", celui du buzz de l'an dernier. Ce nouvel album en est la preuve.

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