KEY GLOCK - Yellow Tape

Un protégé de Young Dolph. C'est en cette qualité que nous est apparu Markeyvius Cathey, alias Key Glock, en particulier quand les deux hommes ont sorti l'an passé un remarqué Dum and Dummer. Il serait d'ailleurs le cousin par alliance de l'autoproclamé roi de Memphis, dont il a rejoint le label Paper Route Empire. Mais celui-ci s'illustre avant tout en solo, comme l'ont prouvé ses premiers projets remarqués, Glock Season, Glock Bond et Glockoma. Plus récemment encore il a proposé sa Yellow Tape, la première de ses deux sorties de 2020, un projet sans invité et dont l'intitulé, une référence aux rubans jaunes de la police américaine tout autant qu'à la couleur de ses voitures et de ses bijoux, se veut un reflet de son existence.

KEY GLOCK - Yellow Tape

Key Glock, en effet, commence et clôt celui-ci sous un angle autobiographique. Sur la guitare psychédélique de l'introductif "1997", un morceau nommé d'après son année de naissance, il ne s'attarde pas sur les malheurs de sa vie (un père absent, une mère emprisonnée pendant toute son enfance), mais rappelle cependant qu'il est né dans la boue, avant de glorifier avec éclat sa réussite matérielle. Et sur le synthé du titre final "1 of 1", il explique comment son éducation en a fait le criminel violent et assoiffé de richesses qu'il est devenu. N'attendez donc de Key Glock aucune excuse, aucune introspection, aucun regret. Même quand il implore Dieu sur "Amen", ce n'est pas pour confesser ses péchés, mais pour remercier le Très-Haut de lui avoir permis d'être ce qui il est, et d'accumuler montres de luxe et bagnoles de collection.

Comme l'annonce la pochette, où il pose auprès d'une Rolls Royce, Key Glock passe tout cet album à s'autocélébrer, à se vanter de faire de l'argent ("Mr. Glock"), à se moquer et se venger des jaloux ("Look At They Face"), et à rappeler que, malgré son succès avec les filles, la monnaie passera toujours avant elles ("Word on the Streets"). C'est une sortie absolument générique, mais d'où se distinguent quelques grands moments, dont le meilleur est probablement "Dough", où le rappeur imite et rend hommage au Snoop Dogg de "Nuthin' but a 'G' Thang".

Key Glock a aussi le bon goût de varier son style, comme quand il module la vitesse de son flow sur "What Goes Around Comes Around", qu'il s'essaye à l'Auto-Tune sur "Crash", sur un son de Southside, ou justement, qu'il invite d'autres producteurs à le seconder. En plus de BandPlay, qui s'occupe du gros de l'album, intervient certes Kenny Beats, sur le médiocre "Loaded". Mais de manière plus décisive, c'est Little Island sur "Biig Boyy!", ou Oh Ross et RamyOnTheBeat sur l'évaporé "Flyest Highest Coolest Smoothest", qui contribuent à faire de Yellow Tape un projet plus équilibré, et de Key Glock, un peu plus, un rappeur important du Memphis d'aujourd'hui.

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