Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

BANDGANG - In Too Deep

, 23:39 - Lien permanent

A Detroit, depuis plusieurs années, au sein de cette scène dont on ne cesse de mesurer la richesse, Masoe, Lonnie Bands, Paid Will, Al, Javar et Biggs, alias BandGang, occupent une place centrale. Fondé en 2008, ce sextet qui s'est fait connaître d'une audience plus large en côtoyant Tee Grizzley sur le morceau "Straight to It", a influencé la génération qui émerge aujourd'hui autour de Sada Baby, FMB DZ et quelques autres. Ces derniers temps, cependant, après leur salve de mixtapes de l'année 2014, les trois premiers rappeurs cités (les têtes d'affiche du groupe) s'étaient surtout illustrés en solo : en 2017, ils avaient proposé 3 à 4 sorties chacun, pas moins. Aussi leur projet commun, disponible depuis l'été, était-il attendu de ceux qui savent. Et cette attente a été indubitablement récompensée si on se base sur des critères purement quantitatifs, nos hommes s'étant fendus d'un opus gargantuesque de 98 minutes et 30 titres, débordant de collaborations.

BANDGANG - In Too Deep

TF Entertainment :: 2018 :: acheter cet album

Parce qu'il a contribué à en définir la formule de Detroit, le rap de BandGang peut maintenant sembler générique. Ce sont les mêmes pianos nerveux accompagnés de décharges synthétiques. C'est le même rap de rue avec ses certificats d'authenticité ("Come From That", "Realest Ever Get"), son esprit de clan ("Act Like Us", "Walls Closing In"), ses histoires de drogue ('Narcotics Pt. 2'), son ton intimidant ("Foreign"), son atmosphère suffocante ("No Rules"), auxquels s'ajoute une bonne dose de pornographie pour faire bonne mesure ("Sirens", "Rainman", "My Type", "Nobody"). C'est toujours cet axe entre la Motor City et la Californie qui se manifeste, quand sont invités des cousins de la Côte Ouest comme SOB x RBE, Mozzy et un Philthy Rich convié sur presque toutes les sorties récentes de Detroit.

C'est toujours cette musique menaçante, énergique et tendue, celle que les Doughboyz Cashout avaient été les premiers à sortir de la ville il y a quelques années, et dont on n'a cessé depuis d'entendre les déclinaisons. Mais à mesure que s'écoule ce long projet standard et épuisant, se découvrent des passages plus mémorables que d'autres, comme l'hommage aux complices et aux compères de "My Niggaz", le morceau avec Mozzy, comme ces titres implacables et menés à toute allure que sont "Right After We Run It Up" et "Facts", tout comme les plus lents "Realest Ever Get" et "Walls Closing In", somptueux finale. Fort logiquement, BandGang parvient ainsi à placer sa pierre, dans le grand édifice du rap de Detroit.

Évaluer ce billet

0/5

  • Note : 0
  • Votes : 0
  • Plus haute : 0
  • Plus basse : 0

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet