RALO - Diary of the Streets 2

Si Terrell Davis a récemment fait parler de lui, ce n’est pas uniquement en raison de sa production musicale. En début d’année, l’homme connu sous le nom de Ralo a réchappé miraculeusement à deux accidents de voiture. Et l’automne dernier, il a créé la polémique en lançant des poignées de billets (pour une somme estimée à pas moins de 30 000 dollars) dans un refuge pour SDF. Le geste, généralement réservé aux danseuses des strip-clubs, a été jugé par beaucoup comme dégradant pour ces pauvres gens, qui en étaient réduits à ramper pour se saisir de cet argent. Mais il semble que cela ait échappé au rappeur d’Atlanta, convaincu d’être maintenant sur le bon chemin après avoir rencontré Allah en prison et décidé de tourner le dos à une vie de dealer entamée dès l’adolescence, au profit d’une carrière dans la musique.

RALO - Diary of the Streets 2

Cette carrière, et c’est là l’essentiel, a débuté sous les meilleurs auspices, avec l'appui de bonnes fées du rap. C’est en effet grâce à "Can't Lie", un morceau avec Future en 2015, que Ralo s’est fait connaître. Plus récemment, Gucci Mane a déclaré qu’il serait le premier sur son nouveau label, 1017 Eskimo Records. Et entretemps, c’est sous le parrainage de Birdman qu’il a sorti sa mixtape Diary of the Streets 2, avec la contribution, en plus de Shy Glizzy et Lil Uzi Vert, de figures d’Atlanta comme Trouble, Young Scooter, YFN Lucci, 21 Savage, les producteurs London on da Track, Southside et Nard & B, ainsi, à deux reprises, que Young Thug.

C’est surtout à ce dernier que le style du rappeur fait penser. Comme Thugger, Ralo rappe d'une voix haut-perchée, de manière survoltée et hallucinée. Ce ton lui sert à proclamer ses envies de réussite et sa victoire sur l’adversité, deux thèmes qui dominent ses textes. Parfois, ça en est exaspérant, comme avec le refrain de "Baby Momma", ou du très irritant single "Flexing on Purpose". Notre homme est de ces rappeurs au style caractéristique, qu’on aime voir débouler ici ou là, au hasard d’une collaboration, mais qu’il est éreintant d’écouter sur tout un projet. D’ailleurs, c’est avec grand plaisir, voire soulagement, qu’on entend intervenir Young Scooter en fin de parcours sur "Survivor", dont le style tout en nonchalance est le contraire de celui de Ralo, ou encore Shy Glizzy, sur cette supplique au juge qu’est "Dear Your Honor".

Toutefois, comme Young Thug toujours, Ralo est capable seul de morceaux possédés. Reposant souvent sur des touches de piano, en plus de sa voix, sa musique vous saisit aux tripes, qu’elle soit en phase avec l’exaltation de ses raps, sur "This One For", "Showers in the Dark" et "I Ain’t Done" ou, en contraste avec les paroles, qu’elle se fasse lente et contemplative, comme sur "Elevated", "I Got the Juice", "Everyday" et le formidable "It’s Never Too Late", quelques-unes des perles de ce Diary of the Streets 2 dont la longueur est le seul défaut.

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