Vertical Form :: 2004 :: acheter cet album

Comme son nom l'indiquait, biographie sur la pochette à l'appui, The Psyche Years se voulait une rétrospective de la carrière de Sixtoo de 1996 à 2002. Mais c'était avant tout ses deux albums sortis chez Anticon, The Psyche Continuum (1999) et Songs I Hate (and Other People Moments) (2000), qui étaient représentés ici. 13 titres sur 21 en provenaient, le fondateur Progress (1997), The Psyche Intangible (1998) et quelques inédits se partageant le reste. Le meilleur de l'artiste n'était donc pas intégralement représenté, mais l'échantillon était assez représentatif.

Tout Sixtoo, en effet, est sur cette compilation. Celui des tueries qui entamaient Songs I Hate ("One World Lost" et "Grimey Inks the Moment"). Celui des titres sophistiqués en plusieurs mouvements, haletants, épuisants même, qui sont devenus sa marque de fabrique ("Work in Progress", l'excellent "Damage Control"). Celui des instrus lumineuses ("Alligator"). Celui des posse cuts avec les compères d'Halifax (Recyclone sur "Hanging from a Tree", Checklove, Nathan C, Papa Grand et Little T, le futur Tachichi, sur "No Gimmicks, No Chorus"). Et celui des morceaux beaux à pleurer, comme "Sultry" et son superbe violoncelle.

The Psyche Years montre Sixtoo tel qu'il fut durant ces 6 années, avant Ninja Tune, avant l'abandon du rap et les collaborations avec Godspeed You Black Emperor, Hadji Bakara de Wolf Parade et, carrément, Damo Suzuki de Can. Bien avant qu'il ne fasse table rase du passé en adoptant un nouveau pseudo, Speakerbruiser. Bien avant, aussi, ses productions occasionnelles pour le rappeur Isaiah Toothtaker, dans les années 2010. Cette compilation dévoilait un Sebutone qui, à l'opposé d'un Buck 65 attiré de plus en plus par le format "chanson", avait voulu explorer plus avant les chemins difficiles de l'abstraction. Plus sombre, il avait été le plus fidèle continuateur du rap opaque proposé autrefois par le duo.