ALLEY BOY - Definition of F#ck Sh*t 2

A Atlanta, le rap va toujours aussi bien de nos jours, à en juger par le rendement d'artistes établis comme Gucci Mane, l'émergence de stars comme Waka Flocka Flame et Future, et l'irruption de nouvelles pousses comme Trinidad James. La bonne santé rapologique de la ville du Sud se confirme aussi par la productivité des principaux membres du collectif Duct Tape Entertainment, Trouble, Pesci, Eldorado Red, et par celle du fondateur même de ce sémillant collectif, Alley Boy. Depuis plusieurs années déjà, ce dernier aligne des mixtapes remarquables, dont Purgatory, avec DJ Drama, en 2011, ou Nigganati et The Gift of Discernment en 2012, avec The Empire. Tout récemment, en 2013, il s'est encore distingué au sein du trio Louie V Mob sur le tonitruant New World Order, aux côtés de Fat Trel et du vétéran Master P. Toutes ces sorties contiennent de bonnes choses. Mais si l'on recherche celle qui, potentiellement, comporte le plus de tubes, il faut mieux s'orienter vers Definition of Fuck Shit 2, deuxième volet de la sortie avec laquelle, en 2010, il avait commencé à faire parler de lui au-delà de son cercle habituel.

ALLEY BOY - Definition of F#ck Sh*t 2

Sur cette mixtape, Alley Boy revenait en force. Il faisait son entrée dans la cour des grands avec, outre Veli Sosa et Eldorado Red de Duct Tape, une cohorte de rappeurs plus ou moins notoires et confirmés : Young Jeezy, Freddie Gibbs, Gangsta Boo, Project Pat, Big K.R.I.T., Yo Gotti et l'excellent Trae, qui venait pimenter de sa voix profonde la guitare dégoulinante du très bon "Candy", sans oublier Lex Luger et DJ Toomp, entre autres, à la production de quelques titres.

Avec Definition of Fuck Shit 2, pas plus qu'avec ses autres sorties, Alley Boy ne révolutionne le genre. La mixtape est remplie d'une trap music brutale et sans complexe, déclamée par un homme qui déclare ne pas être facile ("I Ain't Cool") sur des synthés à l'avenant, tumultueux, fiers et rutilants, et parsemé de ces "ooouuh" qui sont sa signature. Elle n'est même faite que de cela ou presque, si l'on excepte le penchant introspectif que le rappeur partage avec Trouble, le plus talentueux de ses collègues de Duct Tape Entertainment, et qui se manifeste en fin de disque sur un "Ease the Pain" plutôt infâme, puis sur un plus convaincant "When I Die".

Rien de bien nouveau sous le soleil d'Atlanta, donc, mais que du méchamment bon : du rap agressif, fanfaron et triomphant, particulièrement relevé sur "Four", avec Jeezy et Yo Gotti, des hymnes pour mauvais garçons (et mauvaises filles) comme "Rappin' & Robbin' Pt. 2", avec Gangsta Boo et Lil Cap, mais aussi des passages plus mélodiques et plus apaisées, comme ce "Rob Me a Nigga" tout en cordes produit par Big K.R.I.T., ce "Runnin'" aux nimbes étranges, avec le complice Trouble et quelques autres, et le refrain de Rock City sur "Every Time".

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