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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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MOBB DEEP - The Infamous

, 23:32 - Lien permanent

En 1993, Black Moon et le Wu-Tang avaient brutalement replacé la Côte Est au centre du grand jeu du rap. L'année d'après, ce retour en grâce était consacré par les albums de Nas et de Biggie. Mais c'est en 1995, que le renouveau new-yorkais se montrait dans son expression la plus pure, avec le second Mobb Deep. Leur rap avait retenu l'essentiel de son rival californien : des thèmes tournant exclusivement autour du crime, du ghetto et de la sempiternelle confrontation avec la police. Prodigy et Havoc avaient beau s'être connus dans une école d'art, pas dans une bande organisée, ils déclinaient mieux que quiconque le mythe du gangster. Mais alors que là-bas, à l'Ouest, on exaltait un mode de vie gangsta hédoniste, qu'on lui donnait un tour glamour et rutilant, avec décapotables et bitches à l'avant-plan, les New-Yorkais préféraient en dépeindre le côté obscur.

MOBB DEEP - The Infamous

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Ce hip-hop qui, pour la petite histoire, aura une influence majeure sur le rap de rue à la française, était uniformément sombre, glauque, poisseux et pessimiste. Les deux rappeurs du Queens nous dépeignaient des bas-fonds sans espoir et sans issue, des quartiers où régnaient la mort, la violence et la loi du plus fort, une jungle urbaine plongée dans une atmosphère paranoïaque et où chacun était livré à lui-même, tentant de survivre sous les feux croisés des gangs rivaux et des flics.

Noir, c'était décidément noir. Et comme si les paroles ne suffisaient pas, les sons étaient dans les mêmes tons. Produits par Havoc, avec l'appui occasionnel de Q-Tip, ils étaient plus sobres et ténébreux que jamais. Sinistres, parcourus de pianos lugubres, de cuivres impromptus, de boucles courtes, de percussions appuyées et de basses étouffantes, ces beats étaient tout en ambiances. Ils étaient la bande-son imaginaire d'un thriller policier rude et angoissant. Quelques titres, certes, semblaient plus apaisés ("Give Up the Goods"), voire ils flirtaient avec le R&B ("Temperature's Rising"). Pour autant, le duo n'y changeait pas de registre.

Le plus souvent, ces merveilles de minimalisme que sont "Survival of the Fittest" et ce fabuleux "Shook Ones, Pt. 2", deux singles, sont cités comme les temps forts de l'album. Mais peut-être est-ce sur des plages moins fréquemment mentionnées que la formule atteint le summum de l'efficacité et de l'épure, avec le synthétiseur funèbre de "Q.U. - Hectic", ou bien avec la guitare mordante et la basse abyssale de ce "Right Back at You" où Raekwon et Ghostface Killah ont été conviés, deux autres grands moments de ce pinacle du rap de rue que demeure The Infamous.

Vos 5 albums / mixtapes 1995

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