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CYPRESS HILL - Cypress Hill

, 23:00 - Lien permanent

Les gens de Cypress Hill ont marqué l'histoire du rap pour trois raisons au moins : rappant à l'occasion en Espagnol, ils ont été ses premières superstars latinos et démontré que cette musique pouvait représenter tout aussi légitimement d'autres minorités que la communauté afro-américaine ; ils ont multiplié les ponts avec la scène rock, devenant les héros rap de la scène alternative qui explosait aux alentours de la même époque ; enfin, ils ont fièrement défendu la cause de la dépénalisation de la marijuana. Cette dernière caractéristique pourrait sembler la plus anecdotique des trois ; c'est au contraire la plus notable et la plus décisive.

CYPRESS HILL - Cypress Hill

Ruffhouse Records / Columbia :: 1991 :: acheter cet album

B Real, Sen Dog et DJ Muggs, en effet, ne se sont pas contentés de se faire les avocats de l'herbe magique, ils ont proposé un hip-hop décisivement marqué par son influence. Vu de loin, comme ça, le premier album de Cypress Hill ne jurait pas dans le paysage gangsta rap californien, en étalant sa haine des flics ("Pigs"), en exposant ses envies de meurtre ("How I Could Just Kill a Man") et ses pulsions sexuelles ("Tres Equis"). Pourtant, il y avait de l'inédit, à commencer par le timbre caractéristique de B Real, nasal à souhait, en contraste parfait avec celui de Sen Dog : dorénavant, n'importe quel rappeur parlant un tant soit peu du nez lui sera comparé. Et puis, donc, il y avait l'influence de la marijuana, dont le groupe s'employait à restituer les effets sur disque, avec ces paroles tantôt loufoques, tantôt psychotiques, avec ces tons à mi-chemin entre le clown et le gangster, avec surtout les beats hallucinés, bizarres et embrumés de leur producteur DJ Muggs.

Avec Cypress Hill, portés par des basses profondes, les sons semblaient sortir de la fumée d'un joint, ils devenaient plus fiévreux, plus délirants. Plus tard, au risque de l'auto-parodie, le groupe pousserait plus loin la formule, notamment avec le stoner rap du très lourd Temples of Boom, leur troisième album. Mais les sons du premier n'en étaient pas encore là. Déglingués et distordus, ils demeuraient quand même aussi sautillants, funky en endiablés que ceux du rap d'avant. Cependant, dès après ce premier album, qui est resté le meilleur de Cypress Hill, le hip-hop ne serait plus tout à fait le même. L'ode au cannabis deviendrait un exercice obligé pour les rappeurs. Dr. Dre s'inspirerait de ce son lorsqu'il enregistrerait son monumental The Chronic, autre album enregistré sous l'influence des narcotiques. Et le meilleur rap des années 90 jouerait à son tour et à l'envi des ambiances brumeuses, allumées et imprégnées de THC qu'allait populariser DJ Muggs.

Vos 5 albums / mixtapes 1991

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