Big Dada :: 2009 :: acheter ce disque

On retrouve cette musique électronique et inconfortable, pleine de nappes, de bruits bizarres ("Fluorescent Black", "Capricorn One"), de samples impromptus, de rythmes peu communs dans le rap ("Born Electric"), de dépouillement extrême ("End Game"), d’accélérations et de décélérations, mais qui n’oublie jamais d’être au service de ses rappeurs, qui ne leur vole jamais la vedette. Ces exercices extrêmement abrupts comme ce "Timpani" tout en percussions. Ces vocoders ("The Solution"), ces voix robotiques ("Apparently"), ces bruits de jeu vidéo ("End Game"), ces références à la technologie, ces récits de science-fiction ("The Solution", encore) et ce son électronique 80’s ("NY to Tokyo") pour cultiver la veine afro- ou retro-futuriste. Et en prime, il y a l’invité qu’il faut, Roots Manuva.

Tout est sur le nouvel Antipop Consortium, tout ce que l’on a aimé il y a 10 ans.

Tout, sauf le choc, la surprise, l’inédit, la fraicheur. Bref, tout sauf l’essentiel, tout sauf la flamme. Hormis sur quelques titres puissants comme le grandiose finale "Fluorescent Black", ou comme "Shine", il manque quelque chose. Car en fait, Fluorescent Black, l’album, est le produit typique d’une reformation : la même chose qu’autrefois, en plus pro et en mieux ficelé, en peut-être même en plus accessible. Mais en réchauffé, mais en moins bien, sans qu’on sache expliquer pourquoi cela fait moins d’effet, pourquoi ce qui semble objectivement un disque sans faille peine à transporter. C’est peut-être juste qu’on a déjà vécu cela, mais en plus fort. C’est aussi que parfois, quand il est trop tard, et bien il est trop tard.