ANTIMC - Its Free but Its not Cheap

Un disque solo d’Antimc, ça faisait très envie. Par ses différents travaux, et en premier lieu par ce qu'il a apporté au meilleur album de Radioinactive, Free Kamal, il a prouvé qu’il était l’un de ces beatmakers rap précieux capables de parcourir sans peine des espaces larges, de puiser avec le même bonheur dans le reggae, la pop ou dans l’électronique, sans jamais cesser d’être sexy, sans jamais perdre de vue la nécessité d’être accrocheur. Its Free but Its not Cheap faisait donc partie des albums très attendus en 2006, plus encore que les autres sorties annuelles du toujours passionnant label Mush. Finalement, et c’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, cet album surprend peu : c’est le disque qui ne se prend pas au sérieux, le bordel sonore parfois inconséquent mais presque toujours plaisant et parcouru de quelques tubes qu’il fallait raisonnablement espérer d’AntiMC.

ANTIMC - Its Free but Its not Cheap

Mush Records :: 2006 :: acheter cet album

Its Free but Its not Cheap, en effet, est très, très éclectique. Un long chemin est parcouru de l’electro rétro de "Ten Days Out" à la dream pop de "Or I May just Dream", en passant par l’easy listening pépère de "Single Life" et le rock électronique putassier d’Anthony Anzalone sur "Cesspool City". Antimc nous met de tout dans les oreilles, mais il a également la qualité principale du producteur hip-hop : il sait se conformer aux styles des rappeurs (ou chanteurs) qu’il accompagne. A Cadence Weapon, il offre une instru électronique dans la lignée de Breaking Kayfabe ("Canadian Dream"), poussant le vice jusqu’à sampler un des propres morceaux du rappeur canadien. A Fog, sur le très bon "The Nogoodnick", il apporte la guitare acoustique et les petites clochettes qui vont bien avec le folk bancal d’Andrew Broder. A Busdriver, il permet de livrer un titre rap grand public annonciateur de RoadKillOvercoat ("Bellies Full of Rain"). Il s’attaque même avec succès à un gros morceau en la personne du légendaire rappeur d'Oakland Saafir.

C’est le disque pas génial mais jamais saoulant, l’exercice de slacker, l’album pas vraiment sérieux mais pas si je-m’en-foutiste que cela qu'on attendait d’Antimc. Ca part dans tous les sens, c’est free, mais en effet, ce n’est pas si cheap que cela.

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Commentaires 3

  • Hum... je ne sais pas trop quoi penser de ta chronique. Perso, j'aime beaucoup cet album et je me le réécoute souvent. Je ne connais pas assez ces projets antérieur pour jugez son évolution mais c'était plutôt une bonne surprise pour ma part.

    Par Mo

  • Justement, elle est quand même plutôt favorable la chronique, non ?

    Par Fake For Real

  • Ba, oui, favorable mais avec réserve, non? Enfin c'est le sentiment que j'ai en la lisant. Par exemple: "cet album surprend peu" ou "C’est le disque pas génial mais jamais saoulant". Une fois encore, je connais peu de ce qu'il a fait auparavant (je vais m'y mettre d'ailleurs), ce qui altère sûrement mon jugement par rapport au tiens. Je ne m'attendais à rien de spécial et je suis agréablement surpris.

    Par Mo

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