DENIZEN KANE - Tree City Legends II... My Bootleg Life

En 2002, Denizen Kane avait surpris son monde. Le temps de quelques morceaux, il avait abandonné le rap battle qui l’avait fait connaître au sein des Typical Cats pour se convertir à la chanson folk. Cela avait abouti à Tree City Legend, un premier disque solo attachant. Ce deuxième volume aurait pu reprendre les choses en l’état, vu son titre en forme de suite. Mais ce n’est pas le cas. My Bootleg Life est un disque plein de vrai rap, et malheureusement pas du meilleur calibre. C’est la face sombre du label Galapagos4 qui est à l’œuvre sur cet album, celle avec des boucles sans imagination, du rap "conscient" convenu, des protests songs pour dire que George Bush, ah qu’il est trop méchant, et même de la nu soul gonflante ("Amerika Dub"). OK, Denizen Kane connaît son affaire, il adapte son flow au thème, rappant à toute allure sur "Rising Son", déclamant ses paroles avec un air de chien battu sur "Lost", histoire de jouer l’introverti et le désespéré. Mais tout ça, ce ne sont au fond que des bêtises de rappeur.

DENIZEN KANE - Tree City Legends II... My Bootleg Life

Le rappeur s’est concentré pendant un an et demi sur la conception de ce disque. Il a donc eu tout le temps d’en faire une œuvre chiadée. Mais c’est le contraire qu’il nous propose. Pour avoir une idée juste du contenu, il vaut mieux se fier à son deuxième titre : "My Bootleg Life" ressemble effectivement à un bootleg mal fichu, il a des allures de sortie pirate vite assemblée à coups de bric et de broc. L’album est court et pauvre, il recycle même quelques beats issus du Potholes in our Molecules déjà pas bien terrible de Meaty Ogre. A bien chercher, le petit beat jazzy de Lastchild sur "Lastchild Speaks" est peut-être à sauver au milieu de tout ça. Il faut aussi reconnaître que les sons de "Junie’s Song" et de "Another Life" sont un poil meilleurs que les autres. Mais Maker, qui les produit tous les deux, nous avait quand même habitués à mieux. Non, en fait, à tout considérer, le seul titre sympathique et frais, c’est le dernier, "When I See Him", où Denizen Kane reprend sa guitare et pousse à nouveau la chansonnette. Ce qui confirme l’impression laissée par le premier volume de Tree City Legend : Denizen Kane a beau être présenté comme un MC virtuose, il est plus séduisant en chanteur folk qu’en rappeur.

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Commentaires 2

  • Ouaip d'accord avec toi, j'avais à la sortie de ce volet commandé les 2 en même temps et après l'écoute du dernier opus, je n'avais pas du tout envie de perdre du temps sur le premier. Depuis je l'ai écouté quelques fois et il est en effet bien plus recommandable.

    Par Umbre

  • Le travail instrumental est vraiment plus que fatiguant. Et puis son côté poête/spoken words, aux abonnés absents. Le plus mauvais G4 que j'ai entendu pour ma part; un disque d'une honteuse facilité qui est récompensé à la hauteur de ce qu'il montre.

    Par Newton

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