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DAVID RASSENT - Rock Psychédélique

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Et une de plus. Les anthologies musicales se suivent encore et encore chez Le Mot et le Reste, toujours selon le même format : une introduction fouillée, suivi de la présentation d'albums représentatifs du genre abordé, la plupart emblématiques, certains plus personnels. Et le plus beau, c'est qu'on ne s'en lasse pas. C'est encore le cas avec celle-ci. Elle est l'œuvre de David Rassent, qui a déjà sorti un autre ouvrage dans la même collection, dédié au riche mais mésestimé patrimoine musical brésilien. Son objet d'étude est cette fois différent (mais pas si éloigné que cela) : il s'agit de la tradition du rock psychédélique, qui ne s'est jamais tarie depuis son paroxysme, vers la fin des années 60. Une tradition si longue que l'auteur a dû lui consacrer cette fois une sélection de 150 albums, pas moins.

DAVID RASSENT - Rock Psychédélique

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Le plus notable, avec ce livre, c'est que Rassent ne s'appesantit pas plus que cela sur cette période, les sixties, où le style rock psyché battait son plein. Il en parle, naturellement. La genèse de cette approche, son apparition dans le milieu folk, son appropriation par le rock, son association substantielle à la drogue, en premier lieu le LSD, constituent l'essentiel du propos de la première partie. La sélection d'albums, cependant, va au-delà, bien au-delà, de cette période. Certes, l'auteur nous cite et nous commente les disques les plus évidents, ceux où Jimi Hendrix, Pink Floyd, les 13th Floor Elevators, le Grateful Dead, les Byrds, les Beatles et les Stones s'employaient à brouiller les sens, à confondre nos repères sonores, et à multiplier couleurs et bruits chatoyants. Mais il ne s'arrête pas là, loin s'en faut.

Une cinquantaine d'œuvres citées datent de la décennie 60 ; ce qui veut dire que cent autres sont plus récentes. L'auteur, en fait, représente presque équitablement chaque époque. Il s'étend jusqu'à des disques très récents, apparus l'année d'avant la publication du livre. Après 1970, le style psychédélique tombe en désuétude. Mais qu'importe, David Rassent se met en quête de ses manifestations tardives apparues en Allemagne, en Italie, en France, en Turquie, au Brésil, en Zambie, au Japon, en Corée ou en Indonésie, voire en milieu sectaire, en marge donc du centre de la musique populaire internationale, le monde anglo-saxon. Et puis après les années 80, il en cite d'autres encores, les visées revivalistes d'un rock devenu conscient et respectueux de son histoire, ayant alors entrainé nombre d'artistes, par exemple un Rain Parade, à renouer avec le psychédélisme d'antan.

L'objectif de David Rassent, c'est de dénicher le rock psychédélique partout. Ainsi, de la même façon qu'il cite des incontournables du genre, il met en avant les phases psyché d'artistes connus pour bien d'autres choses : XTC, The Cure, Prince, etc…. Les albums qu'il cite ne sont pas toujours leurs œuvres les plus célébrées, elles sont juste les plus psychédéliques. L'auteur rappelle ainsi que le psyché est d'abord une approche, une démarche, ou juste la conséquence d'une absorption de pilules magiques. Il n'est pas un genre en soi. Au contraire, il les irrigue tous.

Le titre du livre est trompeur, car il ne parle pas que de rock. Il aborde aussi le blues (The Butterfield Blues Band), le jazz (Sun Ra), la musique contemporaine (Terry Riley), le funk (Funkadelic, Prince), et d'autres choses encore. Et même s'il dit dans son introduction qu'il n'en parlera pas, l'auteur précise, à juste titre, qu'il existe aussi un hip-hop psychédélique. Né d'une époque particulière, les riantes années 60, apparu à l'occasion d'un événement singulier, l'utilisation à des fins récréatives de nouvelles pharmacopées nées avec les progrès de la chimie, le psyché est devenu l'élément bien identifié d'une vaste boîte à outils musicale employée indifféremment ou presque à travers les époques, les pays et les genres.

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Commentaires

1. Le dimanche 15 mai 2016, 18:51 par zacharie

C'est marrant qu'il y ait Fun House des Stooges sur la couverture. C'est tout à fait pertinent de considérer que c'est un album de rock psyché, mais j'ai l'impression que c'est rare qu'il soit considéré de cette manière, les gens mettent plutôt en avant la filiation avec le punk ou le hard-rock, et le terme "psychédélique" est parfois utilisé comme un repoussoir par ceux qui ont ce bagage musical (dans une moindre mesure que "progressif" toutefois).

2. Le lundi 16 mai 2016, 18:21 par codotusylv

En effet, ce n'est pas forcément l'album auquel on va penser en parlant de rock psychédélique. Je pense qu'il est sur la pochette justement en tant que produit d'appel. Et aussi parce que l'auteur a livré parfois des choix surprenants.

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