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YUNG GLEESH - Cleansides Finest 3

, 22:50 - Lien permanent

Le parcours de Yung Gleesh épouse, peu ou prou, celui du rap de sa bonne ville de Washington. A l'origine, en effet, ce n'est pas à ce genre musical qu'il s'adonnait, mais au style du coin, la go-go, jouant des percussions au sein du groupe TOB. Et puis vers 2010, à l'époque même où la capitale des Etats-Unis développait enfin une scène rap digne de ce nom sous l'influence du trap d'Atlanta, il passa au micro, inspiré par Gucci Mane. Après plusieurs mixtapes, il se fit un nom, en 2012, sur la foi d'un titre, "Skrong", qui le propulsa un peu plus haut, lui permettant l'année d'après de sortir un projet plus remarqué, Your Favorite Rapper's Favorite Rapper, et d'être approché un temps par le 1017 Bricksquad de son idole.

YUNG GLEESH - Cleansides Finest 3

Autoproduit :: 2014 :: télécharger cette mixtape

Entretemps, on aura vu la trogne de Yung Gleesh un peu partout : auprès des Slutty Boyz de la figure locale, Fat Trel ; avec Chief Keef, dans la vidéo du titre "Citgo", et plus récemment, avec le même et son cousin Fredo Santana sur une nouvelle mouture de son "Sorry" ; en ouverture d'un concert du Fool's Gold d'A-Trak, point d'entrée ultime vers la branchitude ; et même sur un morceau commun avec Yung Lean, la déclinaison suédoise de Lil B. Omniprésent, très productif depuis qu'il s'est mis au rap, ça n'est cependant que dans la seconde moitié de l'année 2014 que Yung Gleesh a sorti ce qui pourrait bien être son projet de référence, une troisième édition de la série de mixtapes Cleansides Finest.

Il ne faut pas chercher trop loin les influences de cette dernière. De manière assez systématique, elles viennent d'Atlanta. C'est patent avec les sons, avec ces synthés faits pour dodeliner de la tête, produits entre autres par des gens de là-bas, comme Zaytoven, et puis avec ces invités, PeeWee Longway et MPA Shitro. Enfin, surtout, il y a le style pour lequel le rappeur a opté, en phase avec les évolutions récentes de la scène d'Atlanta : sombre, dur, mais absurde, déglingué, farfelu, excentrique, avec des raps éplorés à la Young Thug dès le titre d'entrée, "Who Ridin'", avec aussi des répétitions incessantes de mots-slogans, à la Migos, sur "Water" et "Wasabi", ou du rap sur auto-tune à la Future et Rich Homie Quan, sur "Turned Down". Quant à "I Heard", il pourrait être signé Guwop lui-même.

Et ça fonctionne. Cleansides Finest 3 est tellement riche que Yung Gleesh a traduit en vidéo un nombre conséquent de ses titres : l'hommage à son "chien" (en fait un flingue, en argot de Washington) de "My Dog", les entêtants "Water" et "Since When" ; le nonchalant "Trappin Benny" ; l'orientalisant "Wasabi" ; ce "Deuce Mane" plein de synthés scintillants ; "Sorry", dans sa version augmentée de Chief Keef et Fredo Santana, donc ; et "Gleechie", énième déclinaison de ce terme slang, "gleesh", particulièrement prisé par les rappeurs de Washington.

Notre homme a voulu mettre ces morceaux en valeur, et à raison, la plupart étant des tubes. Quant aux autres, ils ne sont pas mal non plus, comme l'allumé "Who Ridin'", "Smokin' Boof" avec son petit motif de piano naïf, "I Get It" et l'excellente conclusion de "Don't Know How". Grâce à tout ça, Yung Gleesh a sans doute pondu en 2014 la meilleure mixtape d'Atlanta, qui ne vient pas vraiment d'Atlanta.

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