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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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DARC MIND - Symptomatic of a Greater Ill

, 23:01 - Lien permanent

Mais pourquoi continuait-t-on à qualifier Anticon de label rap, dans la seconde moitié des années 2000 ? A cette époque, en effet, le label proposait pour l'essentiel de l’indie rock, ou bien du folk assaisonné d'électronique, à peine parsemé de quelques souvenirs issus du hip-hop. Pour ceux qui n'avaient pas connu les débuts du label, il n'était pas évident de savoir qu'ils s'étaient d'abord inscrits dans la lignée du rap indé East Coast des années précédentes, celui de Co-Flow, des Juggaknots et des Jedi Mind Tricks. En 2006, pourtant, le label revenait vers ses racines en sortant des limbes le très bon album du duo Darc Mind.

DARC MIND - Symptomatic of a Greater Ill

Anticon :: 1997 / 2006 :: acheter ce disque

Darc Mind, dix ans plus tôt, cela avait été pile ce hip-hop en transition, cette musique dense et ténébreuse qui venait du boom bap new-yorkais des années 90 mais qui le dépassait. C'était un son dont les prémices se trouvaient chez le Wu-Tang Clan et l’aboutissement sur le premier Company Flow. D’ailleurs, ce disque enregistré entre 95 et 97 devait sortir à l’origine sur Loud, un label où le Wu était très présent. Mais manque de chance, cela avait tergiversé, le label avait mis la clé sous la porte, et ce premier album des New-Yorkais Kevroc et DJ GM Webb D n'était jamais sorti. Il était allé rejoindre pendant dix ans la longue cohorte des classiques perdus, avant de connaître le sort des plus chanceux d’entre eux : une réédition orchestrée par des fans ayant acquis depuis pignon sur rue.

C’est qu’il en valait la peine, ce disque. Il n’y avait pas grand-chose à jeter avec la voix souple, basse et grave du MC, lequel cheminait avec virtuosité entre le rap, la conversation et le chantonnement, et se montrait aussi à l’aise sur un rythme lent que sur un autre plus soutenu. On ne pouvait rien reprocher non plus aux beats du DJ. Cette musique, qui samplait certains anciens comme Nas, Rakim et Public Enemy, et fricotait parfois avec la old school ("Bmoc", "Fever Pitch"), avait la densité et la sobriété évocatrice du meilleur Gangstarr, Pete Rock ou Black Moon.

Mais en germe, elle contenait aussi les accents industriels et la froideur du rap d’après. "Visions of a Blur", "U Da One" et "Seize the Phenom", entre autres, étaient des modèles dans les deux genres. Ils faisaient partie des meilleurs titres de rap à se mettre entre les oreilles, en 2006 comme en 1997. Et si certains, convaincus par ces morceaux, peinaient encore à faire le lien avec Anticon, ils n'avaient qu'à écouter le non moins excellent "I’m Ill", et comprendre alors ce qu'avaient en commun Darc Mind et le label qui avait sorti leur album sur le tard.

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