B.G. KNOCC OUT & DRESTA - Real Brothas
Par codotusylv le samedi 11 février 2012, 16:29 - Hip-Hop - Lien permanent
Il y a deux façons de jouer avec un genre bien délimité, musical ou autre. Le défier, le malmener, chercher la transgression, l’innovation, la surprise. Ou, au contraire, tenter avec respect d’en atteindre la quintessence, d’en produire la version achevée et définitive, l’idéaltype. Sans conteste, B.G. Knocc Out et Dresta, ont opté pour la seconde démarche, avec ce Real Brothas qui ressemblait à l’œuvre ultime du g-funk californien.

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Les deux rappeurs avaient le profil gangsta parfait : ils provenaient de Compton, étaient apparus dans le sillage d’Eazy-E, s'en étaient pris avec lui à Dr. Dre sur le single "Real Muthaphukkin G's", et ils étaient affiliés au gang des Crips. Véritable thug, B.G. Knocc Out bousillera d’ailleurs sa carrière en purgeant une longue peine de prison pour tentative de meurtre, excusez du peu. Eazy-E mort, c’est sur Outburst, une dépendance de Def Jam, et non sur Ruthless Records, que sortait en 1995 l'unique album des demi-frères, un Real Brothas où ils rendaient hommage au mentor disparu, avec le titre "50/50 Luv" (B.G. Knocc Out ira jusqu’à sortir un album intitulé Eazy-E's Protege, en 2011), et où ils affichaient un respect sans faille pour les Tables de Loi du hip-hop californien des années 90.
Les paroles, en effet, donnaient dans le gangsta rap le plus pur. Des titres, comme "Who's The G", "Do or Die" et "Down Goes Another Nigga", rien qu’eux, annonçaient la couleur, On allait parler des rudesses de la rue, de la vie dans le "hood" et, plus particulièrement, de Compton, trois morceaux portant le nom du fameux quartier de LA. On nous révélait aussi les problèmes relationnels et les questions existentielles qui travaillent les gangsters sur "Jealousy" et sur "Life's a Puzzle". Les filles étaient des trainées ("Compton Hoe"), bien sûr. Les rivaux de Watts et de Long Beach, et particulièrement Tha Dogg Pound, méritaient le mépris d’après les fielleux "Compton and Watts" et "DPG/K". Et nous étions invités évidemment à une virée dans les quartiers ("Take a Ride").
Pour parachever le tout, les sons étaient tout en basses rondes et en guitares funky, d’une humeur ensoleillée. C’était les beats lymphatiques et les petites mélodies langoureuses attendues, soulignés par des refrains chantés par des femmes lascives et de généreux synthétiseurs vibrionnant. Real Brothas ne renouvelait donc le g-funk en rien, en absolument rien. Très bien rappé, impeccablement produit, il se contentait, ce qui était déjà énorme, d’en faire sous une forme achevée, accomplie, et quasiment parfaite.
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