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SLICK RICK - The Art of Storytelling

, 22:32 - Lien permanent

S'il faut citer l'album historique de Slick Rick, c'est bien sûr The Great Adventures of Slick Rick, sorti en 1988, qui vient tout de suite à l'esprit. Sur son premier album, l'Anglo-jamaïcain, New-yorkais d'adoption, avait élargi la palette du rap au-delà de l'égo-trip habituel ou du commentaire social, en s'imposant comme le grand conteur du hip-hop. Cet art du storytelling, le Ruler en était à tel point le maître qu'il en donnait le nom à son quatrième album, celui d'un nouveau comeback, après une série de mésaventures de natures pénales et carcérales.

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A cette époque, Slick Rick avait déjà apporté sa pierre au grand édifice rap, et cet album n'aurait pu être qu'une énième démonstration de son talent, n'apportant rien de plus que ses prédécesseurs. Cependant, profitant du renfort des plus grands noms de l'époque ou d'avant (Snoop Dogg, Nas, Q-Tip, Raekwon, Big Boi, Redman, Reverend Run) et bénéficiant d'une production en phase avec son temps, plus sophistiquée qu'autrefois, ce disque là, également son plus gros succès commercial, fut vraisemblablement son plus accompli et son plus musical.

Produit par une palanquée de DJ et beatmakers, Clark Kent, les Trackmasters, Jazze Pha, Ty Fyffe, Kid Capri et S&S pour les plus connus, le disque était rempli de petites merveilles, dès le charmant "Street Talkin'" avec une moitié d'OutKast, où notre homme s'essayait au chant. Ce n'était généralement pas un boom bap retentissant et rentre-dedans qui était de mise ici, les beats proposés étaient plutôt du genre délicats. Mais c'était précisément ce qui convenait à Slick Rick, à ce débit nonchalant mais assuré qui avait déjà fait la force de son premier album, à ce flegme qui était le seul véritable héritage de sa nationalité britannique, à ce talent de conteur resté intact, comme il le prouvait sur ce "Who Rotten 'Em" où il était question d'un rappeur antique amené à la cour du pharaon, et sur ce "2 Way Street" qui le voyait résister par deux fois à la tentation de l'infidélité.

Aussi, cet homme qui avait fait de la prison pour de bon, et pour tentative de meurtre encore en plus, se moquait avec délice des clichés gangsta sur "Kill Niggaz". Avec un mélange de sarcasmes et d'égo-trip, Slick Rick se positionnait comme un vieux sage amusé des frasques de ses successeurs. Finalement, il n'y avait guère que les titres finaux, des lives avec son compère historique Doug E. Fresh (parmi lesquels leur classique "La Di Da Di"), qui gâchaient un peu le tableau, tenant plus du documentaire que de l'album. Ils faisaient tache sur ce disque chiadé qu'on a le droit de préférer à The Great Adventures of Slick Rick, quitte à froisser ces puristes du rap qui, de toute façon, ont toujours eu tout faux.

Vos 5 albums / mixtapes 1999

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