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ORGANIZED KONFUSION - Stress: The Extinction Agenda

, 23:21 - Lien permanent

Certains, les puristes peut-être, préfèrent le premier Organized Konfusion. Avec Stress: The Extinction Agenda, ils constatent que le duo sacrifiait à l'air du temps, en conviant Buckwild et Rockwilder à produire quelques plages, en jouant le rap alors de mise à New-York, toujours imbibé de jazz, mais hardcore et martial. Mais c'est précisément grâce à cette alliance entre la dureté guerrière d'un hip-hop à la Boot Camp Click et les singularités cultivées dès leurs débuts par Pharoahe Monch et par Prince Po, que ce deuxième album doit son statut de classique du rap.

ORGANIZED KONFUSION - Stress: The Extinction Agenda

Hollywood Records :: 1994 :: acheter ce disque

Plus direct, plus agressif, rempli des voix graves d'hommes en colère et de refrains belliqueux, cet album n'était pas loin de révéler des tubes, même s'il était encore trop décalé pour connaître le succès. Ca partait fort, avec un vibrant "Stress", dont on retiendra ce passage culte, cité plus tard par d'autres, Jedi Mind Tricks en tête :

Why do you choose to mimic these wack MC's?
Why do you choose to listen to R&B?
Why must you believe something is fat
Just because it's played on the radio 20 times per day?
My perception of poetical injection is ejaculation
The Immaculate Conception

Et la suite n'était pas en reste, à commencer par "The Extinction Agenda" et ce passage où Pharoahe Monch simulait une partie d'échec dont il ne pouvait que sortir gagnant. A un fade "Keep it Koming" près, ça prenait aux tripes, ça remuait l'estomac. L'orgue chaleureux de "Why" était l'une des meilleurs sons de Buckwild, rien de moins. "Stray Bullet", qui nous relatait de l'intérieur le parcours d'une balle de flingue, était haletant. Il y avait aussi des titres festifs, comme "Let's Organize", avec Q-Tip et O.C., même si le duo n'avait rien renié des audaces du premier album, à l'instar de cette introduction bizarre déclamée sur un ton éploré.

Ce disque, c'était aussi le festival Pharoahe Monch. Sa voix dominait tout, son flow impressionnait, n'étant in on-beat, ni off-beat, mais jouant à cache-cache avec le rythme. Il rappait avant, après, au-dessus, au-dessous. Il le dominait, il l'apprivoisait, il en faisait sa chose. Même quand Monch donnait dans les lieux communs, s'en prenant aux wack MCs jusqu'à plus soif, ça sonnait toujours neuf.

Par son côté sombre, angoissant, par les prouesses de rappeurs en état de grâce, par cette posture d'incorruptibles du hip-hop, Stress: The Extinction Agenda préfigurait plus que quiconque la branche new-yorkaise du rap indé qui s'apprêtait à naître. Plus tard, d'ailleurs, on retrouverait Monch en solo chez Rawkus (où il sortirait, le comble, un disque démagogique et grand public), et Matt Doo, l'auteur de la pochette, signerait celle du Funcrusher Plus de Company Flow, rendant plus visible encore la parenté entre ces deux grands disques d'un rap sans concession.

Vos 5 albums / mixtapes 1994

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Commentaires

1. Le dimanche 11 décembre 2011, 18:21 par 6

Pour moi un des meilleurs albums de tous les temps et Stress est toujours mon morceau préféré. Par contre avec le recul, je me rend compte que Prince Po était vraiment excellent... Je l'apprécie plus en vieillissant :)

2. Le vendredi 30 décembre 2011, 14:14 par kam

tres bonne chro pour un très très grand disque, tout à été dit sur ce classique, pharoahe et prince po sur une autre planète à tous les niveaux, encore aujourd'hui l'album recelle une fraîcheur surprenante. Par contre je vois pas du tout en quoi Internal Affairs est un disque démagogique ou grand public (à part Simon Says où est le mainstream ??)

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