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KOSTARS - Klassics with a "K"

, 23:09 - Lien permanent

Il est des parrainages aussi encombrants qu’utiles. Parce qu’une de leurs membres, Kate Schellenbach, fut la batteuse du trio quand il faisait du punk hardcore, parce qu’elles ont été l’une des premières références du label Grand Royal, et parce que leur hip-hop malin qui plaisait aux adeptes de rock alternatif n’était pas sans évoquer leurs protecteurs, les Luscious Jackson ont toujours vécu dans l’ombre des Beastie Boys. Et même si elles eurent leur heure de gloire au milieu des années 90 avec le single "Naked Eye" et l’album Fever In Fever Out, un disque produit par Daniel Lanois, elles n’auront connu ni la longévité ni la postérité de leurs alter ego masculins, elles n’auront pas marqué autant les esprits.

KOSTARS - Klassics with a "K"

Grand Royal :: 1996 :: acheter ce disque

Pourtant, à l’occasion, nos filles auront su prouver qu'elles n'étaient pas que de simples Beastie Girls. Elles l’auront démontré sur cet unique album des Kostars, le side project de Jill Cunniff et Vivian Trimble, concocté en marge d’une tournée, produit par Josephine Wiggs des Breeders, et enregistré avec la participation ponctuelle de Dean et Gene de Ween, et des deux autres Luscious Jackson.

Sur Klassics with a "K", les deux filles délaissaient le hip-hop au profit d'une fibre plus pop, la même que celle qui avait réussi à Fever In Fever Out, mais plus épurée, moins brouillonne, avec des chants calmes et apaisés, avec des mélodies et de belles harmonies vocales (celles, parfaites, du mélancolique "One Sunny Day"), avec des chansons aigres-douces et nostalgiques au feeling très organique, voire rétro (guitare acoustique, piano, un accordéon sur "Never So Lonely", un saxophone lointain sur "One Sunny Day", un orgue désuet sur "Hey Cowboy", etc.), trois pour chaque membre du duo, et quatre autres écrites ensemble.

Même s’il manque un single à ce disque, même s’il n’a pas de "Naked Eye", tout cela n'est autre que charmant, des airs de valse de "Never So Lonely" à ceux, latins, de "French Kiss", puis à la petite touche funky de "Jolene on the Freeway", ou encore "Mama Never Said", seul titre à faire usage de l’électricité. Sans oublier "Don’t Know Why", le plus synthétique mais le plus beau moment de l’album.

Alors, classique ? Non, peut-être pas, avec ou sans "K". Comme avec toute recette un peu sucrée, tout ici n’est pas long en bouche. Mais pas loin tout de même, au point qu’on puisse prétendre très raisonnablement que ce disque fut le meilleur jamais proposé par les filles de Luscious Jackson, fussent-elles réduites à un duo.

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