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TALK TALK - The Colour of Spring

, 22:15 - Lien permanent

Quand il est sorti, The Colour of Spring a cartonné. C’est d’ailleurs l’album de Talk Talk qui s’est le mieux vendu, aidant le groupe à négocier le budget déraisonnable qui lui permettra d’enregistrer plus tard le chef d’œuvre Spirit of Eden. Oui mais voilà, plus de vingt années ont passé, et depuis, le troisième album du groupe paraît pris en tenaille. Il est le disque charnière, celui pile à mi-chemin entre le Talk Talk populaire et néoromantique de The Party’s Over et de It’s my Life, et le Talk Talk expérimental et évanescent de Spirit of Eden et de Laughing Stock.

TALK TALK - The Colour of Spring

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Le temps d’un album, se mélangeaient les deux facettes du groupe, les deux grands moments de la carrière de Mark Hollis et des siens. The Colour of Spring proposait encore les singles attendus par le grand public, des "Life’s What You Make It", "Give It Up" et "Living In Another World" attirants. Mais sur une bonne partie du disque, le tempo se ralentissait, les plages s’allongeaient, les formes se brouillaient, l’orchestration se faisait plus complexe, les instruments devenaient plus divers (orgue, piano, mélotron, harmonica, harpe, flûte, etc.), des curiosités faisaient leur apparition, comme les chœurs d’enfant de "Happiness Is Easy", et ceux, vaporeux et accompagnés de flûte, du somptueux "Time It’s Time". Surtout, avec la beauté fragile d’un "April 5th" quasi ambient et du jazzy "Chameleon Day", Mark Hollis et le producteur Tim Friese-Green, l’autre membre capital du groupe, faisaient bien plus qu’annoncer les aventures futures : ils y étaient déjà.

Les paroles aussi, devenaient abstraites. "Happiness Is Easy" et les singles étaient autant de mots d’ordre, d'impératifs, de leçons de vie. Mais les titres les plus éthérés et étirés abritaient des textes plus allusifs, personnels et sentimentaux, dont on ne faisait que deviner le sens : la fin d’un orage amoureux ("Chameleon Day"), la joie d’un amour fugace ("April 5th"), l’être aimé que l'on ne comprend plus ("Living in Another World"), une liaison qui s’éteint ("I don’t Believe in You").

Certes, la beauté évaporée des deux albums suivants, puis du solo de Mark Hollis, ne dominait pas encore celui-ci. Mais avant d’être l’album charnière de Talk Talk, et celui qui aura rendu possible la réalisation matérielle du suivant, The Colour of Spring était un autre des excellents disques du groupe, l’une de ces œuvres rares et précieuses où la pop est encore de la pop, mais où elle commence à prendre une tournure suffisamment étrange pour parvenir à captiver des oreilles blasées.

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