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L'ATELIER - Buffet des Anciens Eleves

, 22:43 - Lien permanent

Ce que nous propose L'Atelier, c'est bien sûr un rap français incomparablement plus intelligent que la moyenne, mais desservi par des intervenants et des titres de qualités très inégales.

Institubes / Pias :: 2003 :: acheter ce disque

Qui connaît la scène "hip hop exigeante" à la française d'où sont issus les membres de L'Atelier se doute sans inquiétude que ce Buffet des Anciens Elèves, leur premier album, honorera scrupuleusement son quota de raps singuliers et de petits hits addictifs. Il comprendra aussi, en dépit des deux instrumentaux radicaux qui encadrent l'album ("Inexact Order", "Acapellas & Cathedrals"), que le hip hop décalé de la joyeuse bande (six artistes issus de TTC, du Klub des Loosers, d'ATK et d'autres horizons) n'est pas simplement le rap "bizarre pour faire bizarre" parodié sur l'interlude "Collier de Nouille". Qu'il se veut plus substantiel. Et qu'il y arrive parfois. Pourtant, un inconvénient dessert cet album : la trop grande disparité des intervenants.

Côté paroles et emceeing, Tekilatex et Fuzati (Klub des Loosers) y maîtrisent mieux que jamais leurs registres habituels, celui du rappeur surréaliste pour le premier, celui du chien battu pour le second. Des titres comme "Le Hip Hop c'est mon Pote" (petite bombe réjouissante qui tourne en dérision les gens portés à idéaliser et à personnifier le hip hop) et "La fête de la Musique" (une charge contre l'horreur musicale du 21 juin) leur doivent tout ou beaucoup. Mais Cyanure, en revanche, s'avère plutôt transparent. Et on se demande vraiment ce que le rap premier degré de James Delleck vient faire ici.

MÍme punition côté production. Rien d'étonnant si Delleck confirme son goût pour les instrus en forme de shows pyrotechniques ("Ne Sois pas Triste", "Yaourt-Placenta"). Mais malheureusement il n'en a pas le monopole et d'autres titres ("La Fête de la Musique" et "Sans Fin", par exemple) dévoilent le même genre d'électronique en toc. Tout cela est d'autant plus dommage que les instrumentaux "Bean Bogs" et "All about Yves" tout comme les beats de "La Ville en Juin" révèlent quelques instants de grâce.

Ainsi vont trop souvent les albums conçus par des personnalités nombreuses et disparates. Ils peinent à trouver leur structure, leur cohérence, leur homogénéité. L'album de L'Atelier est rempli de bonnes idées, mais il peine à les assembler et à retrouver l'alchimie apparue entre les gens de La Caution et de TTC sur le récent album de L'Armée des 12 (Cadavre Exquis), de loin le meilleur à être issu de cette scène. Ce Buffet des Anciens Elèves n'en est pas moins une preuve supplémentaire de la vitalité de cette portion inventive du rap français ainsi qu'une entrée en matière prometteuse pour Institubes, le tout nouveau label managé par Tekilatex, par Tacteel et par deux autres personnes aux goûts larges et sûrs.

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