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Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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MYSTIKAL - Let's Get Ready

, 22:41 - Lien permanent

Ainsi en a-t-il été de No Limit. En dépit de son succès commercial, le label de Master P n’a jamais bénéficié de la moindre bienveillance critique, en tout cas pas à l'époque de sa gloire. Il a tellement peu compté, artistiquement parlant, que le meilleur album de son meilleur artiste, ironie du sort, est en fait sorti chez un autre. Après avoir évolué avec les deux labels, c’est en effet exclusivement sous l’étiquette Jive Records que Mystikal allait proposer le disque de la consécration.

MYSTIKAL - Let's Get Ready

Jive :: 2000 :: acheter cet album

Malgré une pochette façon "ce thug est très méchant et il va foutre le feu" d’un kitsch typiquement sudiste, en dépit aussi de titres ghetto comme un brutal "Murderer III" (nouveau retour sur l'assassinat de sa sœur) et un "Ain't Gonna See Tomorrow" pessimiste et imprégné de religiosité, et de la présence à la production des Medicine Men, les anciens Beats By The Pound, l’équipe de production de No Limit, Mystikal s’affranchissait de plus en plus de son ancien label. Il affirmait plus que jamais son identité à part : celle d'un James Brown pour le XXIème siècle.

La parenté avec le "godfather of soul" était absolument criante sur l’un des singles les plus retentissants de l’année 2000, un "Shake Ya Ass" absolument irrésistible produit par les Neptunes (et réintitulé "Shake It Fast" pour le grand public). Le rappeur de la Nouvelle-Orléans partageait avec son vénérable prédécesseur une voix rugueuse portée sur les cris et les exclamations, une énergie sans limite, un caractère remuant et, comme l’indiquait le titre susnommé, des envies de remuer sérieusement du popotin, d’inviter les gangsters à venir terroriser les dancefloors.

Tout l’album était ainsi, survolté, ou fiévreux, pour paraphraser le titre de cet excellent "Mystikal Fever" tout en synthétiseur, en clavecin et en "oh oh" entrainants. Mais il avait aussi ce qu’il fallait de diversité pour demeurer digeste. "Danger", l’autre single, aussi craquant que le premier, était agrémenté par un chant délicieusement pop entonné par Nivea, de même que "Family". Sur "I Rock, I Roll", Mystikal démontrait qu’il avait la hargne d’un rockeur. Et sur "Come See About Me", la rappeuse Da Brat venait se mesurer à notre thug, éclipsant quelques temps la voix abrasive, énervée et en rut qui dominait l’album. D’autres invités encore venaient épicer l’album, Petey Pablo, sur le même morceau et sur un bonus track qui révélait des extraits de son futur album, et surtout OutKast, sur un "Neck uv da Woods" qui ressemblait davantage à un de leurs titres qu’à du Mystikal.

Au total, par cette diversité, par cette forme électrique, et à d’indigents "Big Truck Boys", "The Braids" et "Smoked Out" près, Let’s Get Ready maintenait le rythme sur la longueur. Et cela, jamais une sortie chez le seul No Limit ne l’aurait permis.

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