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BLEUBIRD - L'Ete 36 - 12 octobre 2007

, 22:05 - Lien permanent

Ah, Bleubird… Ses albums ont beau être globalement inégaux, c’est toujours un plaisir de revoir sur scène notre truculent rappeur globe-trotter (après avoir quitté sa Floride d’origine pour Montréal, il vit aujourd’hui à Berlin), que ce soit dans une salle digne de ce nom et avec d’autres rappeurs de choix, sur une péniche ou, comme ce soir, dans l’arrière-salle d’un bar normand sur l'une des plages du Débarquement. Malgré sa silhouette malingre et ses 50 kilos tout mouillé, l’ami Jacques est né entertainer, il est là pour se dépenser sans compter sur une scène.

BLEUBIRD - L'Ete 36 - 12 octobre 2007

Bleubird ne fait tellement pas les choses à moitié que c’est par un long freestyle débridé qu'il entame son show ce soir, au cours duquel défile toute une partie de sa vie récente, de son déménagement en Europe, au cheval qu’il a vu passer avec ravissement en bord de mer quelques heures plus tôt. Même si tous ne saisissent pas ces paroles déclamées en anglais et à toute allure, une partie du public semble apprécier. En tout cas, au premier rang, celle qui ressemble à une petite portion du public rap caennais (spéciale dédicace à l’ami K-Real), tandis qu’en arrière, des gens au look sensiblement différent, peut-être les habitués des lieux, apprécient le spectacle avec un peu plus de distance, d’indifférence ou de circonspection.

Comme pour prouver mieux encore qu’il n’a pas la langue dans sa poche, le Floridien embraye aussitôt après avec un a cappella impressionnant. Suivent l’essentiel des titres les plus tonitruants de son dernier album, l’à-demi réussi RIP U$A, déclamés avec conviction et émaillés d’échanges avec le public. Derrière, seule l'accompagne la musique originale, préenregistrée. Mais les paroles, elles, s’affranchissent des textes d’origine. Le rappeur part dans des digressions, osant même une incursion dans la politique locale quand il compare les tailles des deux derniers présidents français ou quand il reprend le déjà légendaire "this is not a method, this is provocation" lancé en Palestine par notre ancien chef d'Etat.

Tout était donc parfaitement engagé, en dépit d’un public timoré et malgré un olibrius à bob et à dreadlocks blondes décidé à voler la vedette au rappeur en dansant hors-propos devant la scène. Mais à ce moment précis, les obligations personnelles ont pris le dessus, et il a fallu s’engager dehors, dans la douceur de la nuit automnale et normande, et dans l’expectative d’une soirée complète organisée six jours plus tard à Paris, à laquelle une grève massive m’aura toutefois interdit de participer. Mais qu’importe, même écourté, même devant un public réduit, même en un lieu inattendu, un spectacle de Bleubird, c’est toujours bien.

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